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[EXCLU] Afida Turner : “Je vis dans un monde fanstasmagorique !”

Ses interviews sont rares. « En direct de Los Angeles », avec Hubert Guérin, la chanteuse Afida Turner se confie sur son parcours hors des sentiers battus. La « Queen » au caractère volcanique nous fait partager sa vie américaine, ses projets et pose son regard décoiffant sur l’actualité.

Il est 23h en France et 14h à Los Angeles. Afida Turner a décidé de se confier, 20 ans après le début de sa carrière en 1998. Même si la « Queen » est une personnalité dont on a l’impression de tout connaitre, Afida Turner s’est battue pour vivre son rêve de chanteuse. Partie de rien et contrainte à une émission de téléréalité pour se faire connaître, Afida Turner s’exile aux Etats-Unis, travaille son anglais et sa musique pour devenir, quelques années plus tard, Madame Turner et belle-fille de la star internationale Tina Turner. Devenue chanteuse, productrice, actrice, et même styliste d’une ligne de maillot de bain, la « tigresse » multiplie les projets : deux prochains albums, une émission de télé, du cinéma et même un second livre. Fidèle à elle-même, c’est avec une coupe de champagne à la main et un mélange unique d’anglais et de français qu’Afida Turner nous livre sa vision du monde : entre Cauchemar à Hollywood [son prochain livre] et rêve de princesse des quartiers.

En 2002, dans ton autobiographie Mon père a tué ma mère, tu racontes ta jeunesse, marquée par un univers familial violent. 18 ans plus tard, tu es une personnalité incontournable. Comment définirais-tu ton parcours ?

Afida Turner : J’explique mon parcours par la passion, la persévérance, le travail, la sincérité et surtout Dieu ! Sans les rencontres magiques, sans l’inspiration, sans la bonne étoile, on ne peut rien achever ! J’ai commencé en 1998 à écrire mes premières chansons et à courir tout Paris pour des auditions mais je n’arrivais pas à démarrer car ni le métissage ni les jeunes filles sexy, belle gueule, rock n’roll n’étaient à la mode !  Le premier à me faire confiance, c’était le directeur des programmes de Canal +, Alain de Greffe, grâce à ma lettre de motivation ! Il ne m’a pas pris pour faire Miss Météo car j’avais trop de personnalité et d’énergie donc il m’a mis dans la série « H » pour des apparitions ! J’ai commencé comme ça !

Quand tu n’as ni maman ni papa : tu n’es pas comme les autres !  

Ces épreuves ont-elles forgées ton caractère en béton et ta joie de vivre inoxydable ?

Afida Turner : Quand tu n’as ni de maman ni de papa, que tu es livré à toi-même, tu n’es pas comme les autres ! Petite, je n’avais pas d’ami(e)s car j’avais un physique très ingrat, le nez cassé 3 fois, pas de cheveux en raison de la maltraitance dans les familles d’accueils [pendant 15 ans] que j’avais peur de dénoncer ! Je faisais des tâches ménagères du matin au soir sous les coups et les brimades ! Dans cette jungle, tu ne peux compter que sur toi ! Ca m’a donné ce caractère d’acier et ce côté très humain : j’adore les animaux, j’adore aider les autres et puis je suis quelqu’un de parole.

Il n’y a plus de téléréalité sauf le “Afida Turner Show” qui arrive

Le public te découvre dans « Loft Story » en 2002 sur M6 sous le nom de Lesly Mess. Cette émission a-t-elle été la chance de ta vie ?  

Je dirais qu’elle a été la malchance de ma vie et paradoxalement la chance ! A l’origine, je n’avais pas envie de faire cette émission ! A l’époque, j’avais déjà sortie un album mais je n’étais pas connue ! Je voulais signer avec Sony Music et animer une émission sur M6 mais comme ça n’a pas fonctionné, j’ai dû passer par une émission populaire où le public décide et il n’a jamais tort ! La preuve !

Que penses-tu de la télé-réalité actuelle ?

Il n’y a plus télé-réalité ! La magie n’est plus au rendez-vous car ils se ressemblent tous avec la même coiffure, le même chirurgien avec les fausses fesses et les faux seins, les mêmes tatouages ! Il n’y a plus rien à part ma prochaine télé qui va arriver : le « Afida Turner Show ». Je trouve que ça a beaucoup tardé et il y a déjà longtemps que ça aurait dû être sur les écrans car le public le réclame et je suis la vraie Hollywood girl ! J’habite et je travaille aux Etats-Unis depuis 18 ans ! Le public ne peut pas adhérer à des faux scénarios car il aime la vérité !

Mes concerts sont très successful et je casse la baraque

Dans ce « Afida Turner Show », on va te voir évoluer dans ta vie quotidienne ?

C’est exactement ça : les interviews, la zumba, le studio, les rencontres ! Toujours avec la musique, les concerts dans les clubs où c’est toujours très sucessfull ! Tout cela, on ne le montre pas trop à la télé mais j’écris, je compose et je monte sur scène et en général casse la baraque ! On a pas eu l’occasion de faire le Zénith car il n’y a plus de producteur derrière Afida Turner ! C’est un choix car j’ai envie que ça se passe correctement sans me faire avoir !

Afida Turner en concert

En 2002, à la suite de Loft Story, tu pars aux Etats-Unis pour ne pas devenir has-been. C’est là-bas que tu rencontres Ronnie Turner, le fils de la star internationale Tina Turner…

J’ai pris one we ticket sans revenir (rires) ! Je pars surtout pour être libre et apprendre le métier sans devenir has-been  ! En 2002, je vis d’abord seule à l’hôtel Georges V de Beverly Hills et ensuite au Sofitel en pendant 6 mois pensant décrocher un contrat en millions de dollars et malheureusement ce n’est pas arrivé (rires). Je ne parlais pas anglais donc il fallait commencer à apprendre la langue car comment tu veux enregistrer un album en anglais sans parler anglais ? Donc il a fallu sortir, rencontrer des gens… ! Ronnie n’est pas arrive tout de suite mais en 2005 ! Aujourd’hui, j’ai 3 albums et je cherche juste le bon producteur et le bon manager !

Afida Turner en concert avec son mari Ronnie et Tina Turner

Raconte-nous une journée type avec toi aux Etats-Unis ?

Ici aux Etats-Unis, je me lève très tôt, vers 7h et ensuite je vais faire 2h de zumba puis je vais sur internet et enfin au studio chez moi car j’ai un nouveau home studio qu’on n’a pas encore vu ! Puis je m’amuse avec mon chien et je continue de travailler sur mes chansons et ma musique. Quand j’en ai marre, je vais dîner ou prendre un verre au Beverly Hills Hôtel qui est mon endroit préféré !

J’ai la double nationalité ! Je suis Afida Cléopatra Turner

Te sens-tu plus française ou américaine ?  

Je viens de prendre la double nationalité ! J’ai un passeport français et un passeport américain parce que j’habite aux Etats-Unis depuis 17 ans ! Et sur mon nouveau passeport américain, je suis désormais « Afida Cléopatra Turner ».

Tu vis aux Etats-Unis depuis 17 ans. Avec le #Metoo, des femmes dénoncent le harcèlement dont elles sont victimes. Quel regard portes-tu sur ce mouvement ?

Je trouve trop simple de dénoncer ! C’est un métier de séduction : on s’est toujours fait draguer depuis la nuit des temps ! Balancer à chaque fois qu’un réalisateur nous drague, je trouve ça complètement nul, tu dois fermer ta gueule, ça fait partie du métier ! Mais bien sûr, je suis contre l’abus physique et sexuel ! Mais t’imagines si j’avais dit « il m’a invité à dîner », « il m’a mis la main au cul », il m’a dit que j’avais des beaux seins, des belles jambes… ! Certaines actrices exploitent ce filon car elles n’ont pas eu le rôle et qu’elles ont la haine ! Je ne mange pas de ce pain là !

La séduction fait partie du métier ! Je trouve complètement nul de dénoncer.

Regrettes-tu des scènes comme sur NRJ12 où tu étais apparue sans sous-vêtement ?

Après 17 ans de télé, jamais un cadreur n’avait fait un zoom pareil même quand je n’avais pas de culotte ! Normalement, quand il se passe quelque chose comme ça, on évite de prendre en plan en longueur mais on prend en plan américain ! C’est fait, c’est fait mais dorénavant, je mets une gaine !

Simone Veil est entrée au Panthéon. Te considères-tu comme féministe ?

Je ne me considère pas comme féministe car je suis très masculine ! Mais, pour moi, le féminisme c’est l’indépendance ! Il ne faut pas dépendre d’un mec sinon tu es foutue !

Le nom Turner n’a pas facilité les choses

Les actrices noires dénoncent le racisme qu’elles subissent. Est-ce un combat qui te touche ?

C’est un combat qui me touche car on est beaucoup moins sollicitée ! Je suis diplômée du Cours Florent, assez naturelle, ça se voit sur les plateaux et pourtant je n’ai fait que 4 films black-américain aux Etats-Unis et « Lumière noire » en France ! Ils préfèrent des filles comme Lorie (rires) pour jouer avec mon ex Mike Tyson alors que les gens préfèrent voir une Afida Turner avec la spontanéité, un vrai passé et quelque chose à l’écran !

Tu vas sortir un second livre : Cauchemar à Hollywood. Qu’avais-tu envie de raconter sur ta vie américaine ?

Parler, raconter les coulisses de ce qui se passe quand tu es à la télé et que tu signes avec des maisons de disques et que les gens imaginent que tout est rose alors que ce n’est pas le cas ! Je vais expliquer que mon nom Turner n’a pas facilité les choses : je suis productrice de mes chansons et j’ai toujours été seule au bataillon ! Après le décès de Ike Turner, qui était un producteur booké dans le monde entier, ça été beaucoup plus difficile pour moi ! J’ai toujours tout fait toute seule, c’est une fierté mais j’aurais préféré que ça soit un peu plus simple ! Ce livre va être fantastique, très attendu par ma fan base. 

Born an angel et Come with me sont 2 de tes singles. Quels sont tes projets musicaux ?

J’ai plus de 60 titres qui attendent un producteur mais j’ai envie de signer avec quelqu’un qui me mérite, qui aime la musique et qui veut comprendre l’artiste ! Il faut un vrai développement et non pas quelques disques en tête de gondole à la FNAC ou à Carrefour !

L’été arrive ! Quels sont tes conseils pour être au top de la mode ?

Ne jamais suivre la mode, utiliser les vêtements adaptés à sa plastique et toujours mettre sa touche personnelle ! Personnellement, si ce n’est pas un gala, j’opte pour une robe où les seins et les fesses sont mis en évidence tout comme les jambes ! Toujours quelque chose un peu court, très prêt du corps et des talons de 9 centimètres minimum car j’adore être en hauteur. Mais toujours avec excentricité, sexy et classe !

La tornade Afida Turner est-elle, aujourd’hui, une femme apaisée et épanouie ?

Je suis apaisée grâce au public qui a changé ma vie ! Je suis beaucoup heureuse qu’avant mais j’ai aussi mes peines quotidiennes : le bonheur, ce sont des petits moments où c’est magique mais ça peut pas être 24h/24 !

Afida Turner et Pamela Anderson à Saint-Tropez

J’ai la chance de vivre dans un monde fantastique, fantasmagorique où il se passe des trucs de fou !

 

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Journaliste VL. Directeur du bureau de Lyon.
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