Il a disparu des radars des médias depuis les dernières élections présidentielles. François Fillon, l’ancien Premier ministre de Sarkozy, a accepté une entrevue avec France 2 pour un documentaire sur la Ve République.

Le scandale qui éclabousse la famille Fillon depuis plus d’un est en passe d’obtenir un verdict. Le couple est accusé de « détournement de fonds publics » et « complicité et recel d’abus de bien sociaux ».

F.Fillon avait disparu après sa défaite au premier tour de la présidentielle de 2017. Il reviendra le 15 janvier sur France 2 à 21h pour un documentaire à l’occasion des 60 ans de la constitution. Le film reviendra sur les plus grandes crises que la République a connues et où plusieurs anciens présidents et ministres ont accepté de témoigner, de Hollande à Giscard d’Estaing en passant par Ségolène Royal. Heureusement pour lui, il ne sera absolument pas question du Penelope gate. Les attentats djihadistes ou encore Mai 68 seront traités, et très peu sur la dernière campagne.

Une cohabitation droite-droite ;

C’est donc l’opportunité pour l’ancien maitre de Matignon de revenir sur les tensions avec Nicolas Sarkozy. Il exprime en effet les difficultés de travailler avec cet homme qui aime devenir le pouvoir et qui ne laisse qu’une très faible marche de manoeuvre, la pression d’un président qui veut être partout et tout faire et être la seule tête d’affiche. Il explicite le chemin qu’ensemble, ils ont dû parcourir pour pouvoir trouver un équilibre particulièrement précaire dans le seul but de la Nation. Il évoque une véritable cohabitation entre Matignon et l’Élysée, toujours blessé dans son estime après avoir été qualifié de « collaborateur ». 

« Ça fait partie des moments difficiles dans la relation entre Nicolas Sarkozy et moi. Ça fait partie des moments où, à deux ou trois reprises, je lui ai proposé ma démission. »

Nicolas Sarkozy, lui-même interrogé pour ce documentaire réalisé par Gabriel Le Bomin, s’en sert comme une tribune pour se défendre. Il nie la notion de cohabitation qui pour lui elle n’a pas lieu d’être. Le Président est élu, le Premier ministre est nommé. De là, il tire une supériorité qui lui permet de prendre le dessus. Une vision personnelle de la hiérarchie au sommet de l’État donc, celle d’un homme qui refuse de rogner sur son image, comme sur son pouvoir.

En attendant la diffusion du documentaire, ils peuvent donc attendre les verdicts de leurs affaires respectives qui doivent être jugés au cours de l’année 2019. Nous leur souhaitons donc une belle année 🙃.

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