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«Ginger & Rosa», «Heavy Girls», «48h Chrono» #1Mercredi3Films

Cette semaine, les sorties cinéma gravitent autour de la maternité. Voulue, frustrée, début des problèmes ou fin des embrouilles, vouloir un enfant, ce n’est pas de tout repos.

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GINGER & ROSA : PRINTEMPS ADOLESCENT

ginger1Regarder un film de Sally Potter, c’est comme ouvrir une boîte de chocolat. Les bouchées sont délicieuses, elles nous rappellent de bons souvenirs, mais une fois la boîte engloutie en quelques minutes, les arômes finissent par écœurer. Pour une réalisatrice qui avait osé adapter l’Orlando de Virginia Woolf et faire jouer Jude Law en styliste androgyne, il ne manquait que la chronique des années 1960 à ajouter au tableau de chasse des situations domestico-tragiques.

Le destin de Ginger (Elle Fanning) et Rosa (Alice Englert) ressemble à une histoire d’amitié parfaite : leurs deux mères ont accouché le même jour de 1945. Les deux Londoniennes sont inséparables, au point de choisir les mêmes habits et le même engagement. L’heure n’est pas vraiment à l’étude en 1962, mais au danger d’une possible guerre nucléaire entre les blocs occidental et soviétique, et surtout, à des émois avec conséquence.

La reconstitution est belle, attendrissante. Mais, quelque chose sonne faux. Quasiment tous ces visages parfaits ne sont pas Britanniques. Certains accents cachent difficilement des sonorités Américaines. Et le goût de Potter pour les méli-mélo sentimentaux plombe la trame. Le film, digne, se tenait très bien tout seul, jusqu’à ce que des torrents de larmes et de cris répétés transforment l’histoire en mélodrame télévisé. On en attendait pas tant.

HEAVY GIRLS : HOMMES À NU

heavygirlsUn étrange objet cinématographique attire le regard autant qu’il révulse : filmé avec une caméra de piètre qualité, court (75 minutes), il pose quantité de questions sur l’identité sexuelle, la place de la famille dans l’évolution des êtres. Surtout, il ose montrer des corps et des visages usés, tordus, bien loin des canons de beauté de chez Potter. Une expérimentation étrange.

Sven (Heiko Pinkowski) vit encore chez sa mère Edeltraut (Ruth Bickelhaupt). Atteinte de la maladie d’Alzheimer, la vieille femme a constamment besoin d’attention, d’où la présence du garde-malade Daniel (Peter Trabner), qui ne laisse pas Sven indifférent.

L’histoire aurait pu se transformer en une horrible fiction-documentaire sur les effets néfastes de la maladie et de l’homosexualité. Au contraire, elle propose une alternative aussi poétique qu’inconfortable : Robinsons de fortune ici, artistes d’un cirque éphémères, les personnages se créent une bulle et s’y enferment, malgré l’exigence de la société actuelle. Les corps peu graciles s’exposent entièrement, et composent une ode à la véritable liberté, une liberté qui ose piétiner sur celle des autres.

48 HEURES CHRONO : UN FINAL À RETARDEMENT

48hPas de panique, John Cusack est là. Le monde peut s’effondrer, Nicole Kidman peut être souillée, le spectateur pourra toujours s’accrocher à sa bouille ronde et ses mimiques exagérées pour savoir que non, tout va bien, ce n’est qu’une illusion. De fait, quand John se la joue Taken et veut sauver sa fille en un temps record, ça manque cruellement d’implication.

L’inspecteur Mike Fletcher (notre cher Cusack) et sa partenaire Kelsey Walker (Jennifer Carpenter), à la recherche d’un kidnappeur de prostituées depuis des années dans les rues de Buffalo, voient l’affaire prendre un tout autre tournant lorsque la dernière vicitme n’est autre qu’Abby (Mae Whitman), la fille de l’inspecteur, âgée de 17 ans.

Où veut donc aller cet ersatz de course-poursuite sans Liam Neeson ? Certainement pas dans l’enquête policière pure, la réponse est donnée assez rapidement. Ni dans l’explication du syndrome de Stockholm, les prisonnières sont bien trop rapidement présentées. Tout dans cette version explicite de Barbe bleue ne fait qu’endormir. Le final, cependant, est l’élément intéressant de la trame. Il aurait gagné à être plus développé, mais à ce moment-là, plus de gros plans sur le jeu approximatif de John Cusack. Il faut choisir.

EDIT : Preuve des doutes que nous avions sur ce film : sa sortie en salles prévue cette semaine n’a été réduite qu’à une seule salle : Publicis Cinémas… La bande-annonce, disparue du site de Warner Bros, s’est retrouvée sur le compte VOD du distributeur, mais en Anglais.

Crédits photos : Warner Bros, Eurozoom, Commune Image

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