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James Bond : l’espion qui nous aimait

Dr. No (1962), From Russia with Love (1963), Goldfinger (1964), Thunderball (1965), You Only Live Twice (1967), On Her Majesty’s Secret Service (1969), Diamonds Are Forever (1971), Live and Let Die (1973), The Man with the Golden Gun (1974), The Spy Who Loved Me (1977), Moonraker (1979), For Your Eyes Only (1981), Octopussy (1983), A View to a Kill (1985), The Living Daylights (1987), Licence to Kill (1989), GoldenEye (1995), Tomorrow Never Dies (1997), The World Is Not Enough (1999), Die Another Day (2002), Casino Royale (2006), Quantum of Solace (2008), Skyfall (2012) … En octobre prochain sortira Spectre, 24e opus de l’une des plus longues franchises de l’histoire du cinéma : James Bond. L’acteur Daniel Craig endossera pour la quatrième fois le rôle de l’espion britannique. En 2012, avec la sortie de Skyfall, la saga cinématographique fêtait ses 50 ans. Six acteurs se sont succédés pour interpréter l’agent 007 et 11 réalisateurs ont contribué à insuffler la vie à ces films mondialement connus – acteurs et réalisateurs doivent à ce titre, être obligatoirement originaires d’un pays du Commonwealth. Cet article s’efforcera d’expliquer comment James Bond a réussi à devenir l’un des plus grands mythes du Cinéma, et ce, à travers une brève étude des caractéristiques principales de la saga.

Originairement, James Bond est issu de l’imagination de Ian Fleming, écrivain, journaliste et officier du renseignement naval britannique, né en 1908 à Londres et mort en 1964 à Canterbury dans l’extrémité sud-est de l’Angleterre. Fleming est issu d’une riche famille d’origine écossaise reliée à la banque d’affaires Robert Fleming & Co.. Son père était le député de Henley – ville de l’Oxfordshire – de 1910 à sa mort sur le front occidental en 1917. Ian fit ses études à Eton College et à l’Académie royale militaire de Sandhurst ; il étudia également l’allemand en Autriche et fréquenta les universités de Munich et de Genève. En 1939, il est recruté au sein de la division Naval Intelligence de la Grande-Bretagne où il travailla pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut impliqué dans la préparation de l’opération Goldeneye, qui consistait à surveiller une éventuelle alliance entre l’Espagne de Franco et les forces de l’Axe. Son expérience dans le milieu des renseignements ainsi que son métier de journaliste lui apportent le bagage nécessaire à la création du personnage de James Bond et de son environnement si particulier. Ian Fleming se consacre donc à l’écriture de ses romans et publie Casino Royale en 1953 qui rencontra un large succès. Jusqu’en 1966, il écrit quatorze tomes des aventures du célèbre agent secret, qui seront toutes adaptées au cinéma. Se classant parmi les best-sellers des œuvres de fiction de l’histoire, les romans James Bond se sont vendues à plus de 100 millions d’exemplaires.

« My name is Bond, James Bond. »

James Bond est un espion des services secrets britanniques, travaillant pour le MI6. Son numéro de matricule est 007 : le double zéro signifiant qu’il est autorisé à tuer. James Bond est issu de la noblesse écossaise ; c’est un homme d’une élégance froide et traditionnelle, accoutumé aux usages et aux plaisirs de la haute société. Il est richement vêtu et porte fréquemment un smoking noir et un nœud papillon. Dès qu’il en a l’occasion, il se présente par la phrase : « My name is Bond, James Bond. » ; une réplique devenue culte et classée 22e meilleure du Cinéma selon l’American Film Institute. Bien qu’il ne soit pas un fin gourmet, il apprécie les mets raffinés comme le caviar, le foie gras… et les alcools de marque : champagnes Bollinger, Dom Pérignon, etc. Ses goûts et ses préférences sont très pointus : sa boisson préférée est la vodka-martini, mélangée au shaker, pas à la cuillère « Shaken, not stired. ». James Bond est connu pour son intelligence et son savoir, qui ont fait l’objet d’un gag récurrent lors de la période Roger Moore – lorsque M lui demande un quelconque renseignement, il a réponse à tout. Il parle plusieurs langues couramment, sait se battre et pratique les arts martiaux. C’est un espion particulièrement débrouillard et astucieux, qui à chaque obstacle trouve une solution et parvient à se tirer des pires situations. Il est quotidiennement confronté à la mort, mais il ne s’en soucie pas et ne semble pas connaître la peur – on ne l’entend que rarement appeler à l’aide. Il vit au jour le jour, sans se préoccuper de son avenir ; il n’a aucune famille ni aucune attache qui puisse entraver ses compétences. Bien qu’il possède un permis de tuer, il est lui-même la cible d’innombrables criminels. Dans les films, son arme favorite est le Walther PPK, devenu par la suite, un symbole de la saga. James Bond illustre parfaitement le mythe urbain de l’agent secret, noyé par les plaisirs de la chair et la concupiscence. C’est un séducteur invétéré dont le tableau de chasse rendrait jaloux n’importe-quel homme. Manifestement, peu de femmes lui résistent, et qu’elles soient dans son camp ou non, elles finissent presque toutes par céder à ses avances. Il réussit même à une convertir une homosexuelle (Pussy Galore dans Goldfinger) et à pousser une vierge à connaître le vice (Solitaire dans Vivre et laisser mourir). James Bond est le stéréotype même du beau-parleur, en atteste la gifle de Paris Carver (Teri Hatcher) dans Demain ne meurt jamais, qui le sermonne par la suite : « How about the words: « I’ll be right back. »? ». En effet, James Bond s’attache rarement aux femmes qu’il rencontre et en change à chaque mission.

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Les six acteurs ayant interprété James Bond

Le nouveau mythe du Cinéma

James Bond a été immortalisé par le Septième art. En 1961, l’américain Albert R. Broccoli et le canadien Harry Saltzman fondent la société de production EON Productions – EON pour « Everything or Nothing » – et s’assurent les droits de la totalité des œuvres littéraires de James Bond. Seuls Casino Royale et Opération Tonnerre posèrent problème : les droits du premier ne furent obtenus qu’en 1999 ; quant au second il conduisit à des démêlés judiciaires avec Kevin McClory et Jack Whittingham, qui avaient préalablement co-écrit un scénario de base avec Ian Fleming avant la rédaction du roman – il fut tout de même adapté au cinéma sous le même titre en 1965. Le premier film adapté de l’univers de Ian Fleming sort en 1962, c’est Dr. No. Bien qu’il ne soit pas le plus captivant de la franchise, il s’impose comme le modèle incontestable des aventures de James Bond. Tous les codes y sont adroitement implantés, à savoir l’ennemi principal du film, plus communément défini comme le « méchant », la James Bond girl, la traîtresse, ainsi que divers adjuvants et opposants. La structure narrative simple et efficace sera reprise pour tous les films : une situation initiale, un élément perturbateur, diverses péripéties lors desquelles James Bond échappe miraculeusement à la mort, une conclusion et une situation finale inéluctablement marquée par un baiser passionné entre 007 et sa belle. La saga peut être divisée en plusieurs périodes distinctes.

La première s’étend de 1962 à 1971, elle est introduite par Dr. No et comprend Bons baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre, On ne vit que deux fois, Au service secret de sa majesté et Les Diamants sont éternels. Sean Connery y interprète James Bond six fois et George Lazenby une seule fois. Cette période pose les bases de la franchise et s’impose comme un modèle de films d’action et d’espionnage, tout en créant un genre qui lui est propre, avec ses gadgets sobres mais ingénieux et ses scènes d’action mémorables. Sean Connery, alors inconnu du grand public, triomphe dans le rôle de l’agent du MI6, un tueur au sang-froid, ingénieux, cynique et légèrement machiste sur les bords. Il a su ancrer dans l’imaginaire collectif, l’image canonique de l’espion à la distinction irrésistible mais néanmoins sauvage, doué d’une répartie lapidaire et impitoyable envers les « méchants ». Avec la sortie de Goldfinger en 1964, il est définitivement propulsé au rang de star internationale. Pour de nombreuses générations de cinéphiles, il est et il restera LE James Bond par excellence. Après On ne vit que deux fois, il se défait de son rôle qui revient à George Lazenby. Malgré une prestation honnête, ce dernier ne parvint pas à convaincre le public et ne consentit pas à reprendre le rôle de l’agent 007. Pourtant, Au service secret de sa majesté s’est progressivement détaché de sa mauvaise réputation et a fini par devenir pour certains, l’un des meilleurs films de la saga. Il est à ce titre, le premier à mal se terminer. Sean Connery effectue un retour éphémère dans Les Diamants sont éternels et abandonne définitivement le rôle de James Bond qui échoit à Roger Moore, amorçant ainsi la deuxième période.

Cette dernière est la plus longue, car elle recouvre douze années de 1973 à 1985 et englobe Vivre et laisser mourir, L’Homme au pistolet d’or, L’espion qui m’aimait, Moonraker, Rien que pour vos yeux, Octopussy et Dangereusement vôtre. Roger Moore est l’incarnation du dandy anglais et apporte à James Bond une touche plus légère et raffinée – il fume des cigares alors que Connery et Lazenby fumaient des cigarettes –, ainsi qu’un humour pince-sans-rire so british. La saga prend une nouvelle tournure : du film d’action et d’espionnage on passe au film d’aventure – ce qui semble annoncer le style adopté par Spielberg dans Indiana Jones – avec des scénarios plus fantasques, des décors de plus en plus impressionnants et un humour quasi-omniprésent qui tend parfois vers la parodie. Par exemple, dans Moonraker, après avoir défenestré un ennemi qui s’écrase sur un piano, Bond lance : « Play it again, Sam. », une référence directe à Casablanca (1942) ; dans Dangereusement vôtre, il rencontre un détective privé nommé Achille Aubergine, version française parodique d’Hercule Poirot. Les réalisateurs se permettent plusieurs clins d’œil : dans L’espion qui m’aimait, on peut entendre le thème principal de Lawrence d’Arabie lorsque James Bond et l’agent Triple X errent dans le désert ; de même, dans Moonraker, la mélodie jouée lors de la chevauchée vers le QG du MI6 est celle des Sept Mercenaires (1960), et la musique du digicode du laboratoire de Venise provient de Rencontres du troisième type (1977). Les films passent d’une austérité palpable mais voulue à un exotisme ambiant. De l’ésotérisme avec l’univers vaudou de Vivre et laisser mourir, à l’attrait pour l’orientalisme dans L’Homme au pistolet d’or, L’espion qui m’aimait et Octopussy, en passant par les confins de la science-fiction dans Moonraker, la « période Roger Moore » est celle de toutes les inconduites scénaristiques. Si certains voient dans cette démesure, un déclin de la franchise James Bond, l’allure inhérente à ces films est cependant novatrice et profondément caractéristique de la saga et de son charme indéfinissable. Après sept opus dans la peau de 007 – record encore non battu aujourd’hui –, Roger Moore est trop vieux pour poursuivre la saga et le rôle est repris par Timothy Dalton.

Son arrivée instaure la troisième période qui commence avec Tuer n’est pas jouer en 1987 et s’achève avec Permis de tuer en 1989. Bien qu’il n’ait tourné que deux films, Dalton a su interpréter un James Bond plus proche de celui crée par Ian Fleming, tout en lui donnant un visage plus sombre. Les thématiques abordées étant relativement réalistes – monde bipolaire, trafics de drogue, etc.–, les deux long-métrages dans lesquels il joue s’écartent de l’atmosphère fantaisiste de la période passée. James Bond est plus impliqué dans son métier d’espion et donc de ce fait plus professionnel. Il est froid, impassible et moins smart que les autres acteurs, mais il semble plus conscient des risques liés à la profession. Permis de tuer illustre particulièrement le côté noir du personnage. Tout au long du film, Bond entreprend de venger Félix Leiter et son épouse ; ceux-ci ayant été, l’un mutilé par des requins, et l’autre assassinée, sur ordonnance d’un dangereux trafiquant de drogue. Il est l’un des rares films de la saga où 007 démissionne du MI6 et où M lui retire son fameux permis de tuer – cette célèbre scène fut tournée dans la maison d’Ernest Hemingway à Key West en Floride. Le public découvre un James Bond vengeur, sans pitié, tuant de sang-froid et prêt à tout pour atteindre son objectif. Après Permis de tuer, James Bond quitte le grand écran pendant six longues années et ne revient qu’en 1995, avec l’avènement d’une nouvelle période qui se poursuivra jusqu’en 2002.

Pierce Brosnan hérite du costume et de l’arme de l’agent 007 pour quatre films : GoldenEye, Demain ne meurt jamais, Le monde ne suffit pas et Meurs un autre jour. L’ère Brosnan est vue, aussi bien par le public que par la critique, comme une modernisation de la série. La mise en scène est beaucoup plus énergique, les progrès des effets spéciaux permettent une qualité visuelle inédite et la personnalité de James Bond change considérablement. Pierce Brosnan renoue avec la tradition de l’espion élégant, sérieux et ténébreux, mais il n’est pas misogyne comme le fut son modèle Sean Connery. Il apporte en outre une finesse d’esprit au personnage, qui s’harmonise parfaitement avec sa classe et son charme naturels. Tous les James Bond avec Pierce Brosnan sont tournés après la chute de l’URSS et la fin de la guerre froide. Le contexte historique fournit donc une trame de fond à GoldenEye et permet aux autres films d’évoquer des thèmes plus actuels comme l’omnipotence des médias et les magnats de la presse dans Demain ne meurt jamais, le pétrole et le terrorisme dans Le monde ne suffit pas, la Corée du Nord dans Meurs un autre jour, etc.. Chaque long-métrage de cette période baigne dans une frénésie d’action et de rebondissements sans interruption, agrémentée de gadgets surprenants et magnifiée par des effets spéciaux éblouissants et révolutionnaires. Le point culminant est atteint en 2002 avec Meurs un autre jour. Bien que certains spectateurs aient été déçus par le caractère rocambolesque du film, il reste néanmoins un excellent divertissement, marquant avec fracas, la fin de la carrière de Pierce Brosnan dans le rôle de James Bond.

Quatre ans plus tard, la saga connaît un renouveau avec Daniel Craig, la relève 007, et la sortie de Casino Royale (2006). Le James Bond de Craig rompt totalement avec les codes de la série. Il arbore une rigidité notoire et son inflexibilité le rend plus effrayant que les acteurs précédents. Il est également plus violent et impulsif, justifiant ainsi le surnom de « brute de décoffrage » que de nombreux fans lui ont attribué. Pourtant, il est psychologiquement bien plus faible que ses prédécesseurs et cède au doute et à la peur… il se remet en question et tombe même dans l’alcoolisme et la toxicomanie. Bien que certains puristes préfèrent y voir une continuité, la « période Daniel Craig » est cependant un reboot de la série. Casino Royale est en effet chronologiquement, la première aventure de James Bond. Celui-ci vient d’obtenir le statut d’agent 00 et doit affronter le banquier de terroristes internationaux. Pas de gadgets pour cette mission, Bond doit réfléchir et agir avec sa tête pour parvenir à ses fins. Avec Casino Royale, la franchise redémarre sur les chapeaux de roues, et ce, grâce à une intrigue étonnamment bien ficelée, un casting de marque et une esthétique inhabituelle, tantôt pondérée, tantôt turbulente. Le deuxième film avec Daniel Craig est Quantum of Solace (2008), qui s’écarte complètement du schéma traditionnel des James Bond. En-dehors de certains aspects incontournables comme le méchant et la James Bond girl, Quantum of Solace n’est pas un film d’espionnage ou d’aventure, mais un pur film d’action. Il est la suite directe de Casino Royale, une association inédite depuis la création de la série. James Bond se livre à des déchaînements de violence exceptionnels, le portraiturant presque comme le méchant du film. L’apothéose de cette période survient avec Skyfall, sorti en 2012 et dernier James Bond en date. Skyfall est un film puissant et vertigineux, qui réintègre avec brio les conventions de la franchise tout en les bouleversant. Il est sûrement l’épisode le plus touchant de la saga, l’un des rares qui puisse arracher une larme au spectateur. Le discours de M au Palais de Westminster est un moment d’émotion intense. Pour la première fois, l’intrigue suppose une potentielle part d’homosexualité chez James Bond – le dialogue entre lui et Raoul Silva (Javier Bardem) est lourd de sous-entendus. À la fin du film, 007 prend – ou reprend – ses fonctions au sein du MI6 et ses aventures à venir nous seront dévoilées dans le prochain film : Spectre.

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Les 23 films de la saga

Du grand spectacle et des voyages : rien que pour vos yeux !

Les créateurs des films James Bond se sont toujours fixé un objectif : en mettre plein la vue aux spectateurs. Depuis plus de cinquante ans, d’intenses scènes d’actions se sont succédées ; les séquences d’anthologie sont tellement nombreuses qu’il est impossible de toutes les compter. Tous les films jouissent d’un suspense solide, rythmé et extrêmement efficace. Si l’intrigue met parfois un certain temps à s’installer, la tension qui en découle n’en ressort que sublimée et confère de la substance aux films. Même si le public a fini par comprendre que James Bond ne pouvait pas mourir, il n’a cessé de se délecter de ses tribulations. Les sollicitations permanentes du MI6 poussent l’agent le plus connu de la planète à s’embourber dans d’affreuses galères : s’échapper par des conduits d’aération (Dr. No), désamorcer des bombes (Goldfinger et Opération Tonnerre), se soustraire à une armée d’alligators (Vivre et laisser mourir), rester bloqué dans une centrifugeuse (Moonraker), être traîné par un bateau (Rien que pour vos yeux), se libérer d’un hélicoptère sur le point d’exploser (GoldenEye), résister à la torture (Le monde ne suffit pas, Meurs un autre jour et Casino Royale), etc. James Bond est constamment mis sous pression. Au fil du temps, les épisodes marqués d’une forte tension prennent une toute autre ampleur : 007 n’est plus cantonné à se sauver lui-même ou un groupe restreint, mais de nombreuses vies dépendent de son professionnalisme. C’est le cas dans L’espion qui m’aimait et Octopussy, où il doit neutraliser des bombes nucléaires menaçant respectivement un vaisseau gigantesque et une base américaine en Allemagne de l’Ouest. Une grande responsabilité repose sur les épaules de James Bond, et pas des moindres, puisqu’il doit sauver le monde dans la plupart des films.

Les réalisateurs de la saga ont toujours su profiter des progrès des effets spéciaux pour façonner des aventures palpitantes et satisfaire le public. Même les tous premiers films livrent des scènes fascinantes et étonnamment réalistes pour l’époque : on retiendra la prise de Fort Knox dans Goldfinger, la bataille sous-marine dans Opération Tonnerre, le siège de la base du SPECTRE dans On ne vit que deux fois, ou encore la destruction de la plate-forme pétrolière dans Les Diamants sont éternels. L’aspect spectaculaire des James Bond a parfois atteint son paroxysme, avec notamment le 11e film Moonraker. Cet opus, souvent déprécié par le public, est pourtant un exemple frappant de l’inclination des studios EON pour le gigantisme. Une bataille aux pistolets laser dans le néant intersidéral parachève prodigieusement cette épopée spatiale. Dans cette veine démentielle, Meurs un autre jour est probablement le point de non-retour qui annonce un retour aux sources inévitable : une arme solaire dévastatrice, un palais de glace, une Aston Martin invisible et une technique de chirurgie pour le moins douteuse sont au menu. Dans l’imagerie populaire James Bond est indubitablement synonyme de rixes, de course-poursuites et de mitrailles en tout genre. Les scènes de pugilat pullulent tout au long de la franchise et sont indissociables de l’univers de James Bond. Les course-poursuites sont également un élément incontournable des aventures de 007, certaines se sont inscrites dans l’histoire du cinéma pour ne plus jamais en sortir. Les course-poursuites sont majoritairement en voiture, elles sont introduites dès le premier film, Dr. No et parviennent à provoquer des sensations fortes chez le spectateur, consacrant ainsi le cinéma d’action. Les véhicules y tiennent une part importante, ce sont toujours des voitures de luxe, qui fournissent une prestance indiscutable aux films. James Bond se lance dans des course-poursuites virulentes au volant des plus belles voitures : en Aston Martin DB5 sur les routes de montagnes suisses dans Goldfinger ; en AMC Hornet dans la campagne thaïlandaise dans L’Homme au pistolet d’or – poursuite relevée d’un impressionnant saut périlleux ; dans une Lotus Esprit convertible en sous-marin sur les côtes de Sardaigne et sous la mer dans L’espion qui m’aimait ; en Aston Martin V8 munie de skis dans Tuer n’est pas jouer ; dans une BMW télécommandée à partir d’un écran tactile dans Demain ne meurt jamais ; dans une Aston Martin Vanquish V12 invisible dans un palais de glace dans Meurs un autre jour. D’autres moyens de locomotion sont employés pour les course-poursuites, comme les bateaux dans Opération Tonnerre (aux Bahamas) et dans Vivre et laisser mourir (dans le bayou en Louisiane) ; ou encore les hélicoptères dans On ne vit que deux fois… Bond est également poursuivi par Jaws en chute libre dans le pré-générique de MoonrakerAu service secret de sa majesté initie ce qui deviendra une constante dans la saga : la course-poursuite à ski. Bond est poursuivi par les sbires d’Ernst Stavro Blofleld dans les montagnes suisses et pour couronner le tout, une avalanche vient envenimer la situation. Le réalisateur a mis tous les avantages de son côté pour atteindre une qualité de mise en scène et un réalisme inégalables. Une véritable avalanche avait été déclenchée par des fusiliers de montagnes suisses et un ancien champion de ski, Willy Bogner, servi de doublure pour James Bond. La franchise compte quatre autres course-poursuites à ski : une dans L’espion qui m’aimait dans les failles d’un glacier autrichien, connue pour une acrobatie inconcevable à l’époque – le cascadeur se jette dans le vide au bout d’une falaise – ; une dans Rien que pour vos yeux en Italie, entre une forêt de sapins, un tremplin de saut à ski et une piste de bobsleigh, le tout sans bâtons ; une dans Dangereusement vôtre en Sibérie, avec un passage sur un étang et une improvisation délirante de surf ; et enfin, une dans Le monde ne suffit pas, en duo avec une James Bond girl, où 007 est poursuivi par des deltaplanes.

James Bond ne s’est pourtant pas limité aux promenades en montagnes ; il est de par son métier, un indécrottable globe-trotter. Sur 23 films, il a visité plus d’une cinquantaine de pays sur tous les continents, à l’exception de l’Océanie – le nombre exact de pays est indéterminable étant donné les changements géopolitiques avec la chute de l’URSS et le morcellement de certains territoires. Abstraction faite des pays de l’ex-URSS, la plupart des films ont été tournés sur les territoires où ils sont censés se dérouler. Cela a donné lieu à des tableaux mémorables. Tout d’abord, Bond est adepte des paysages paradisiaques tels les îles jamaïcaines dans Dr. No, les Bahamas dans Opération Tonnerre, la baie de Phang Nga en Thaïlande dans L’Homme au pistolet d’or et Demain ne meurt jamais – dont une île fut renommée James Bond Island. On sa rappelle également des peintures du Japon de l’envers et de l’endroit dans On ne vit que deux fois, ainsi que du Sphinx et des Pyramides de Gizeh magnifiés par un jeu de son et lumière dans L’espion qui m’aimait. Certaines villes ont été plus prisées que d’autres, comme Venise et Istanbul qui servent chacune l’intrigue de trois films. Les James Bond sont ainsi l’occasion de mettre en scène des haut-lieux du patrimoine mondial dans les aventures de l’agent secret… les Météores en Grèce dans Rien que pour vos yeux, le temple de Jag Mandir en Inde dans Octopussy, le Château de Chantilly dans Dangereusement vôtre. La franchise James Bond a réussi à fusionner royalement les scènes d’action et les voyages. En découlent des scènes d’anthologies inoubliables : l’accrochage sur le téléphérique de Rio dans Moonraker ; la course-poursuite sur les quais de Seine parisiens, démarrant au cœur des coursives de la Tour Eiffel dans Dangereusement vôtre ; une poursuite en char dans les avenues de Saint-Pétersbourg dans GoldenEye, ou encore une fuite à moto au sein des quartiers pauvres de Saïgon dans Demain ne meurt jamais aux côtés de Michelle Yeoh… Skyfall porte cette tradition à son apogée : entre une course-poursuite haletante à Istanbul, une périlleuse escale à Shanghai au charme luminescent, et le siège du manoir Bond dans la brume écossaise, le film projette le public dans un engrenage poignant qui ne se consume qu’à l’apparition du générique de fin.

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« World domination. The same old dream. »

Les méchants des films James Bond sont indiscutablement les personnages les plus importants après Bond lui-même. La franchise a offert au public une large galerie de méchants hauts en couleur. Cette longue lignée de criminels est initiée par le Dr. Julius No, qui donne son nom au titre du premier long-métrage de la saga. C’est un scientifique spécialisé dans le radioactif travaillant pour le SPECTRE, prévoyant de perturber le programme spatial américain à l’aide d’un faisceau d’ondes atomiques. Le Dr. No présente les traits de caractères spécifiques aux méchants des différents films de la série. Une anomalie physique singulière : des prothèses métalliques à la place des mains. Un lieu d’habitation inhabituel : des appartements aménagés sous une île. Il affiche une certaine élégance et un raffinement à table lorsqu’il reçoit James Bond et Honey Rider, telle la majorité des méchants : naturellement distingués, parfois faussement sympathiques et accueillants, mais toujours cruels. Ce sont des hommes avides de pouvoir et mégalomanes, dont l’éternel objectif est la domination du monde. Nombre d’entre eux sont souffrent de troubles mentaux, certains s’avèrent même être de dangereux psychopathes, dépourvus d’empathie et sans l’once d’une quelconque forme d’humanité. Ils sont prêts à tout pour réaliser leurs plans machiavéliques et n’hésitent pas à se débarrasser violemment de quiconque se dressera sur leur chemin. Les animaux mangeurs de chair humaine, tels que les piranhas, les chiens enragés et surtout les requins, sont fréquemment utilisés par les méchants, friands de ce type de supplice. Mais dans James Bond, le bien finit toujours par l’emporter sur le mal, et tous les méchants sans exception meurent inéluctablement à la fin de chaque film.

Le premier grand méchant de la saga est Ernst Stavro Blofeld qui apparaît pour la première fois dans Bons baisers de Russie. Il est le n°1 du SPECTRE – Special Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion – organisation criminelle fictive, secrète et internationale qui vise à dominer le monde tout en recherchant le profit. Dans Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre, le visage d’Ernst Stavro Blofeld n’est jamais dévoilé. Son corps n’est filmé qu’en-dessous du buste, de gros plans illustrant ses mains caressant un chat angora blanc. Il est donc figuré comme une entité mystérieuse, quasi-invisible et même intouchable, car il n’intervient jamais directement contre 007. Ses sous-fifres, Rosa Klebb (Lotte Lenya) dans Bons Baisers de Russie et Emilio Largo (Adolfo Celi) dans Opération Tonnerre, se chargent de mettre des bâtons dans les roues de l’agent secret et incarnent les principaux opposants des deux films. Le visage d’Ernst Stavro Blofled n’apparaît à l’écran qu’à partir du cinquième long-métrage, On ne vit que deux fois, où il est interprété par Donald Pleasence, faisant ainsi de lui un véritable antagoniste rencontrant James Bond face à face. C’est un homme inquiétant, chauve et balafré, qui projette de saboter les essais de vols spatiaux russes et américains dans le but de de mettre en péril l’équilibre nucléaire planétaire et de déclencher une Troisième Guerre mondiale. Dans Au service secret de sa mejesté, son rôle est repris par Telly Savalas. Sa balafre a disparu et il n’est plus aussi visuellement troublant, mais il reste un dangereux criminel qui s’apprête à répandre dans le monde entier une bactérie capable de tuer des millions de personnes. Il y est également le commanditaire de l’assassinat de la femme de James Bond, Teresa di Vincenzo. De retour dans Les Diamants sont éternels, Blofeld, sous les traits de l’acteur Charles Gray, semble avoir eu recours à la chirurgie esthétique : il est chevelu et possède une physionomie plus marquée. Son nouveau plan consiste à utiliser des diamants pour construire un satellite permettant d’enrayer toutes les armes nucléaires sur Terre. Laissé pour mort à la fin du film, il ne reviendra que brièvement dix ans plus tard dans le pré-générique de Rien que pour vos yeux, vieillissant et invalide – sans que son nom soit mentionné –, avant que James Bond ne le tue définitivement en le jetant dans une cheminée industrielle. Ernst Stavro Blofeld est le personnage type du génie diabolique, voire du despote éclairé – à prendre au sens de criminel instruit, intelligent, etc. non dans l’acception politique du terme – manigançant sans cesse des projets plus exubérants les uns que les autres. De nombreuses caractéristiques du personnage, autant psychologiques que physiques, ont été reprises et parodiées pour représenter des méchants de fictions populaires, tels le Dr. Gang dans la série animée Inspecteur Gadget, ou encore plus récemment le Dr. Denfer dans les films Austin Powers. Le seul méchant de la première période qui n’a aucun lien avec le SPECTRE est Auric Goldfinger dans Goldfinger. C’est un industriel militaire milliardaire et magnat de l’or, qui souhaite irradier le stock d’or américain de Fort Knox pour le rendre inutilisable et ainsi augmenter la valeur de celui qu’il possède. Il emploie des méthodes peu orthodoxes pour se débarrasser de ses adversaires, comme recouvrir entièrement d’or le corps d’une femme pour l’asphyxier, ou tenter de découper James Bond à l’aide d’un laser – une scène à l’origine d’un dialogue célèbre : « Do you expect me to talk? », « No Mr. Bond, I expect you to die! ».

Les méchants de la deuxième période (1973-1985) sont bien plus extravagants que ceux de la précédente. Voici une brève présentation des méchants affronté par Roger Moore dans la peau de James Bond. Dans Vivre et laisser mourir : le Dr. Kananga alias Mr. Big (Yaphet Koto), un parrain de la drogue afro-américain à la tête d’une secte vaudou. Dans L’Homme au pistolet d’or : Francisco Scaramanga (Christopher Lee), un redoutable tueur à gages dont l’arme et les munitions sont en or, vivant sur une île mystérieuse au large de la Thaïlande et désirant utiliser l’énergie solaire à des fins destructrices. Dans L’espion qui m’aimait : Karl Stromberg (Curd Jürgens), un mégalomane volant des sous-marins nucléaires aux américains et aux soviétiques dans le but de détruire le monde et de créer une cité sous-marine. Dans Moonraker : Hugo Drax (Michael Lonsdale), un milliardaire californien vivant dans un château importé de France, dont le simple objectif est de détruire toute vie humaine sur Terre et d’y installer une « super-race » dont les procréateurs ont été choisis par ses soins. Dans Rien que pour vos yeux : Aristotle Kristatos (Julian Glover), un contrebandier voulant acquérir l’ATAC, système ultramoderne de lancement de missiles, pour le vendre au prix fort aux Russes. Dans Octopussy : Kamal Khan (Louis Jourdan), un prince afghan dont l’extrême cupidité pousse à aider, moyennant quelques joyaux russes, le général soviétique Orlov à élaborer un plan qui provoquera une catastrophe nucléaire en Europe. Et enfin dans Dangereusement vôtre : Max Zorin (Christopher Walken), un industriel sociopathe qui compte détruire la Sillicon Valley pour saboter le marché mondial des puces électroniques et en obtenir le monopole.

Avec Timothy Dalton et Pierce Brosnan (1987-2002), les méchants de James Bond sont moins fantasmés et l’on s’inspire plus objectivement de problématiques contemporaines aux films. Dans Tuer n’est pas jouer, 007 affronte le Général Georgi Koskov (Jeroen Krabbé) et Brad Whitaker (Joe Don Baker), un soviétique et un américain mêlés à un trafic d’armes de dimension mondial, le tout relevé des craintes liées à la guerre froide : rideau de fer, conflit en Afghanistan, etc.. Dans Permis de tuer, Franz Sanchez (Robert Davi) est à la tête d’un cartel de drogue international, transportant de la cocaïne dans de l’essence. Dans GoldenEye, Alec Trevelyan (Sean Bean), fils d’anciens Cosaques vendus par les Britanniques à Staline à la fin de la Seconde Guerre mondiale, désire se venger de l’Angleterre avec l’aide de militaires russes, en utilisant une arme à impulsion électromagnétique qui réduira à néant toute l’activité électronique de Londres. Dans Demain ne meurt jamais, Elliot Carver (Jonathan Pryce), un magnat des médias, tente de provoquer une guerre entre l’Angleterre et la Chine, pour remplacer le gouvernement chinois par un autre qui lui accordera l’exclusivité des ondes chinoises pour les cinquante prochaines années – à noter la ressemblance physique et vestimentaire entre Elliot Carver et Steve Jobs. Dans Le monde ne suffit pas, Renard (Robert Carlyle), un anarchiste et terroriste international connu pour son insensibilité à la douleur, menace de détruire Istanbul. Dans Meurs un autre jour, Gustav Graves (Toby Stephens), de son vrai nom Tan-Sun Moon, fait construire un satellite produisant une grande chaleur, véritable arme de destruction massive, qui permettra d’envahir la Corée du Sud puis le reste du monde.

Dans la période Daniel Craig, le rôle du méchant est plus ambigüe. Dans Casino Royale, Le Chiffre (Mads Mikkelsen), travaille lui-même pour d’autres méchants et meurt avant l’acte final, contrairement aux méchants traditionnels. C’est un banquier austère et menaçant, à la solde de terroristes, dont l’oeil de verre pleure du sang. Dans Quantum of Solace, bien que Dominique Green (Mathieu Amalric) incarne le méchant officiel du film, d’autres viennent se greffer à la liste des opposants. Aucun ne sort du lot et ils finissent tous par avoir une influence équivalente au sein du film. Enfin, dans Skyfall, Raoul Silva (Javier Bardem) est un tueur sadique, complètement obsédé par son idée de vengeance et un redoutable terroriste. Bardem est métamorphosé en méchant monstrueusement charismatique, peut-être le meilleur de la période.

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Les méchants, de Dr. No à Meurs un autre jour

« My name is Pussy Galore », « I must be dreaming. »

L’un des éléments fondamentaux de la saga est la James Bond girl, un personnage féminin qui entretient généralement un lien professionnel et affectif avec James Bond. Ce sont des femmes au physique avantageux qui sont soit des espionnes, des victimes ou des criminelles rencontrées par 007 au cours de ses missions. Dans Dr. No, Ursula Andress alias Honey Rider, introduit l’archétype de la James Bond girl par une entrée en scène d’anthologie. La jeune femme sort de la mer en bikini blanc et débarque avec nonchalance sur la plage en chantonnant. Ruisselante et coquillages à la main, elle retire son masque de manière théâtrale et provocatrice. Certains stéréotypes de James Bond girl se sont installés au fur et à mesure de la franchise cinématographique : les demoiselles en détresse, les espionnes, les femmes fatales et les anti-héroïnes.

Les demoiselles en détresse sont plus ou moins directement menacées par le « méchant » . Dans Opération Tonnerre, Domino Derval (Claudine Auger) souhaite venger la mort de son frère, tué par Emilio Largo. Dans Vivre et laisser mourir, Solitaire (Jayne Seymour) est entièrement soumise à la volonté du Dr. Kananga qui la brutalise délibérément. Dans Rien que pour vos yeux, Melina Havelock (Carole Bouquet) voit ses parents assassinés sous ses yeux. Dans Demain ne meurt jamais, Paris Carver (Teri Hatcher) est manipulée par son mari qui finit par la faire exécuter. Les espionnes elles, sont à la botte de divers services secrets et représentent une bonne partie des James Bond girls. Tatiana Romanova (Daniela Bianchi) dans Bons baisers de Russie, Anya Amasova alias Agent Triple X (Barbara Bach) dans L’espion qui m’aimait et Kara Milovy (Maryam d’Abo) dans Tuer n’est pas jouer représentent toutes le KGB. Le Dr. Holly Goodhead (Loïs Chiles) dans Moonraker, Pam Bouvier (Carey Lowell) dans Permis de tuer et Jinx (Halle Berry) dans Meurs un autre jour travaillent pour les États-Unis. Quant à Kissy Suzuki (Mie Hama) et Wai Lin (Michelle Yeoh), elles œuvrent respectivement pour les services secrets japonais et chinois dans On ne vit que deux fois et Demain ne meurt jamais. Les rôles de femmes fatales apparaissent dès les premiers films avec notamment l’implacable Pussy Galore (Honor Blackman), aviatrice associée à Goldfinger dans le film homonyme, ou encore Helga Brandt (Karin Dor) dans On ne vit que deux fois. Mais ces rôles s’affirment réellement dans les années 1980. Dans Octopussy, le personnage-titre est une femme riche et mystérieuse à la tête d’un gang exclusivement féminin. Dans Dangereusement vôtre, May Day (Grace Jones) est une tueuse aux capacités physiques hors du commun. Dans GoldenEye, Xenia Onatopp semble ressentir un plaisir sexuel algolagnique – plaisir sexuel stimulé par une souffrance physique – en tuant ses victimes, faisant d’elle l’ennemi féminin le plus sadique de la saga. Dans Le monde ne suffit pas, Elektra King (Sophie Marceau), fille d’un magnat du pétrole, joue un double jeu pendant une majeure partie du film et se révèle être la maîtresse et dangereuse complice du terroriste Renard. Seuls quelques rôles d’anti-héroïnes sont à relever. Dans L’Homme au pistolet d’or, Mary Goodnight (Britt Ekland) est une espionne gaffeuse et maladroite. Quant à Stacy Sutton (Tanya Roberts) dans Dangeureusement vôtre, c’est une géologue complètement dépassée par les évènements.

À partir des années 1980, les James Bond girl ne sont plus simplement cantonnés à être sauvées et endossent des rôles plus conséquents au sein des films. Si certaines donnent du fil à retordre à 007, d’autres lui apportent une aide précieuse et le sortent de multiples situations délicates. Christmas Jones (Denise Richards) dans Le monde ne suffit pas et Jinx dans Meurs un autre jour ressemblent plus à des répliques de Lara Croft qu’à des vierges effarouchées attendant la venue du héros salvateur. Avec l’arrivée de Daniel Craig, le rôle des James Bond girls devient plus équivoque. Le personnage de Vesper Lynd (Eva Green) a une réelle incidence dans l’intrigue de Casino Royale, alors que Camille Montes (Olga Kurylenko) dans Quantum of Solace et Séverine (Bérénice Marlohe) dans Skyfall ont un rôle relativement effacé. La présence de plusieurs James Bond girls dans chaque film sert largement la construction narrative de chaque histoire et engendre de multiples rebondissements. Dans de nombreux James Bond, les femmes ont plusieurs identités, induisant donc les notions de duplicité, de trahison, de déloyauté et d’hypocrisie. Si le célèbre agent secret accumule les conquêtes féminines, seules deux femmes ont réussi à faire flancher son cœur. Dans l’ordre chronologique de sortie des films, la première est la comtesse Teresa di Vincenzo, dite Tracy, (Diana Rigg) que James Bond épouse dans Au service secret de sa majesté. Malheureusement la seule femme que l’agent 007 épouse, meurt prématurément, assassinée par Irma Bunt, complice d’Ernst Stavro Blofeld, alors que ces derniers se rendaient en voyage de noces. La seconde est Vesper Lynd, dans Casino Royale. Bien qu’elle trahisse plus ou moins Bond, après sa noyade, celui-ci se lance dans une vendetta pour venger son premier amour.

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Toutes les James Bond girls, de Dr. No à Casino Royale

Alliés et ennemis secondaires

Parfois vus comme de simples faire-valoirs, les personnages secondaires occupent une place précieuse dans l’intrigue de chaque film. On distingue les alliés de James Bond, personnages récurrents dans la saga, et les ennemis secondaires, présents uniquement pour la durée d’un film.

Tout d’abord, M, directeur du Secret Intelligence Service ou MI6, et supérieur de James Bond. À ce jour, il a été joué par quatre acteurs. Le premier fut Bernard Lee, qui l’interprète dans 11 films de 1962 à 1979, donc tous les épisodes compris entre Dr. No et Moonraker. Après sa mort en 1981, les producteurs ont décidé de ne pas intégrer le personnage de M dans l’intrigue de Rien que pour vos yeux, pour lui rendre hommage. Le M incarné par Bernard Lee, serait un ancien amiral britannique nommé Sir Miles Messervy. De nombreux érudits de James Bond ont déclaré que l’interprétation de Lee était parfaitement en règle avec le personnage décrit dans l’œuvre de Ian Fleming. C’est un homme sérieux, sensé, efficace dans son travail, ainsi qu’une véritable figure d’autorité. Il n’hésite pas à sermonner Bond et ne cède pas à ses « caprices », comme dans Au service secret de sa majesté, où il accepte la « démission » de ce dernier sans montrer le moindre regret. Il est remplacé par Robert Brown, qui occupera le rôle dans quatre films, d’Octopussy à Permis de tuer (1983-1987). Celui-ci avait déjà joué le rôle de l’Amiral Hargreaves dans L’espion qui m’aimait. Certains fans émirent la possibilité que le personnage avait été promu au poste de M, mais cela n’a jamais été prouvé par les auteurs. Bien que son interprétation ait été appréciée par le public et la critique, elle passa presque inaperçue, comparée à celle de Bernard Lee. Il semble plus bienveillant que l’ancien M, mais sait faire preuve de fermeté. Ainsi, dans Permis de tuer, il retire sèchement à Bond sa licence 00 et n’hésite pas à le menacer. Après l’interruption de la série de 1989 à 1995, le rôle de M revient à une femme, Dame Judi Dench, qui dirige d’une main de fer le MI6 dans sept films, de GoldenEye à Skyfall (1995-2012). Son personnage est inspiré de Stella Rimington, auteur britannique et ancienne Directrice Générale du MI5. Dès GoldenEye, le premier M féminin assoit très vite son autorité et ne se laisse pas intimider par James Bond : « I think you’re a sexist, misogynist dinosaur. A relic of the Cold War, whose boyish charms, though lost on me… » Au premier abord c’est une femme froide et catégorique, mais consciencieuse avant tout, qui dévoile progressivement son côté maternelle et protectrice. Son nom et sa véritable identité restent indéterminés, d’autant plus que le reboot amorcé avec Casino Royale lui attribue une nouvelle histoire. Dans cette nouvelle trame, M travaille depuis un certain temps pour le MI6, ce qui lui fait dire : « Christ, I miss the Cold War. » Elle est blessée par balle à la fin de Skyfall et décède dans les bras de James Bond. Elle est directement remplacée par Gareth Mallory, incarné par Ralph Fiennes, qui reprendra le rôle dans le prochain film, Spectre. La secrétaire de M, la charmante Miss Moneypenny, est également un personnage secondaire essentiel au sein de la franchise. Son rôle est expressément souligné par la tension romantique qui règne entre elle et James Bond. Elle est l’un des rares personnages féminins à résister à ses avances, et indépendamment de quelques baisers volés, entretient des rapports strictement professionnels avec lui. Moneypenny est pourtant secrètement amoureuse de James Bond ; en attestent certains passages tels le mariage de l’agent secret dans Au service secret de sa majesté où on l’aperçoit pleurer, ou encore lorsqu’elle utilise la machine à rêve dans Meurs un autre jour pour réaliser ses fantasmes. Son éternel célibat lui confère un statut de vieille fille, mais elle demeure un personnage touchant et apporte un peu de tendresse aux films. Elle a été jouée par Lois Maxwell dans les quatorze premiers films de la saga, de Dr. No à Dangereusement vôtre, puis furtivement par Caroline Bliss dans Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer, et enfin, par Samantha Bond dans les films avec Pierce Brosnan. Elle n’apparaît pas dans Casino Royale et Quantum of Solace, mais la dernière scène de Skyfall la réintroduit officiellement sous les traits de Naomie Harris. Un autre employé du MI6 est particulièrement influent : le responsable de la section de recherche et développement, Q. C’est lui qui invente les célèbres gadgets de la série. Il est d’abord interprété par Peter Burton dans Dr. No, sous le titre de Major Boothroyd, mais l’acteur est indisponible pour le film suivant et il est remplacé par Desmond Llewelyn. À partir de là il reçoit officiellement la dénomination « Q » et incarnera le célèbre concepteur dans dix-sept James Bond, de Bons baisers de Russie à Le monde ne suffit pas. Son caractère renfrogné, son impatience face aux railleries de Bond : « Oh, grow up, Double-O Seven! » ; et son inquiétude concernant les mauvais traitements que ce dernier inflige à ses gadgets, en font l’une des figures les plus reconnaissables et les plus appréciées de la saga. On peut citer quelques unes de ses inventions les plus marquantes comme le siège éjectable de l’Aston Martin DB5 dans Goldfinger, la cigarette lance-rocket dans On ne vit que deux fois, la Lotus Esprit submersible dans L’espion qui m’aimait, le dentifrice chargé d’explosif dans Permis de tuer, le stylo explosif dans GoldenEye, etc.. Le Q incarné par Desmond Llewelyn tire sa révérence dans Le monde ne suffit pas. Il prodigue un ultime et émouvant conseil à James Bond : « I’ve always tried to teach you two things: First, never let them see you bleed. » « And second? » « Always have an escape plan. » avant de disparaître pour toujours. Son successeur, joué par John Cleese, prend sa place dans Meurs un autre jour, puis le personnage de Q est évincé de la série avant de revenir dans Skyfall, où il est interprété par Ben Whishaw. Félix Leiter, un agent de la CIA, texan d’origine, est aussi un personnage récurrent dans la saga James Bond. Il apparaît dans neuf James Bond, et a été joué par sept acteurs différents. Seuls deux d’entre eux l’ont joué plus d’une fois, il s’agit de David Hedison et Jeffrey Wright – premier acteur afro-américain à interpréter ce rôle. Bien qu’il devienne au fil du temps, un ami fidèle de James Bond, Félix Leiter a un rôle relativement effacé dans la plupart des films, sauf dans Permis de tuer, où il occupe une place importante dans l’intrigue. Enfin, le général Gogol, directeur du KGB apparaît dans six films, de L’espion qui m’aimait à Tuer n’est pas jouer. Gogol est un militaire droit et honnête, s’alliant généralement au MI6 pour éviter une guerre entre les blocs Est et Ouest. Une politique peu partagée par ses camarades. Il a été exclusivement interprété par l’allemand Walter Gotell.

Les ennemis secondaire eux, n’interviennent que pour la durée d’un film et sont généralement les sbires du méchant principal, dévoués corps et âme à leur maître. Ce sont souvent des hommes grands, imposants, aux solides mensurations et à la mine patibulaire. Ils sont singulièrement antipathiques, voire même effrayants, et attisent la peur de certains personnages, tout comme ils s’attirent le mépris du public – qui souhaite habituellement les voir mourir avant la fin du film. À ce titre, la grande majorité des ennemis secondaires meurent dans d’atroces conditions. Leurs châtiments sont parfois pires que ceux réservés aux méchants principaux. Peu commodes et peu loquaces, ils exécutent les ordres de leurs supérieurs sans se poser de question sur le bien fondé de leur mission. Ce sont de redoutables criminels qui semblent la plupart du temps invulnérables et insensibles à la douleur. Le premier ennemi secondaire notable est Oddjob (Harold Sakata), majordome de Goldfinger dans le film du même nom. C’est un coréen imbattable, dont la « spécialité » est de tuer ses victimes en leur lançant un chapeau melon aux bords d’acier tranchants. Dans Les Diamants sont éternels, Mr. Kidd et Mr. Wint (Putter Smith et Bruce Glover), sont des assassins travaillant pour Blofeld, aux méthodes de travail exécrables : ils utilisent par exemple des scorpions pour tuer leurs victimes. À la différence de certains ennemis, ils ne sont ni robustes, ni imposants, mais plutôt chétifs. Ces deux personnages particulièrement détestables, et férus de torture, entretiennent visiblement une relation homosexuelle. Le 8e long-métrage de la saga, Vivre et laisser mourir, possède un panel d’ennemis secondaires curieusement important. Les deux représentants de ce film sont : Tee Hee (Julius Harris), homme aux bras d’acier avec des pinces en guise de main, une brute épaisse au sourire sadique à la solde du Dr. Kananga ; et le triste Baron Samedi (Geoffrey Holder), un sorcier vaudou qui ressuscite miraculeusement à la dernière seconde du film, alors qu’il avait été enfermé dans un cercueil rempli de serpents venimeux… – le méchant du long-métrage Disney, La Princesse et la Grenouille, le Dr. Facilier, lui ressemble étrangement. Dans L’Homme au pistoler d’or, Knick-Knack (Hervé Villechaize) est une exception dans l’histoire de la franchise. Ce n’est pas un mastodonte, mais un nain, au service de Francisco Scaramanga. Sa petite taille ne l’empêche pas d’être extrêmement sournois, vicieux et intrépide. L’espion qui m’aimait et Moonraker détiennent l’un des personnages les plus emblématiques des années Roger Moore et même de la saga en générale : Jaws. Ce géant de 2,18m aux dents d’acier interprété par Richard Kiel, a marqué les esprits depuis son apparition dans les films James Bond. Travaillant d’abord pour Karl Stromberg dans L’espion qui m’aimait, il revient dans Moonraker aux côtés de Hugo Drax. Il tue ses victimes en les mordant à la gorge et a la particularité d’être physiquement intouchable par les humains. Gros coup de théâtre… il retourne sa veste à la fin de Moonraker et se range aux côtés de James Bond. Il est d’ailleurs, l’unique méchant de la saga à trouver l’amour et l’un des rares à ne pas mourir. L’un des derniers ennemis de cet acabit est Gobinda (Kabir Bedi) dans Octopussy, garde du corps de Kamal Kahn à la force surhumaine. Dans l’une des scènes marquantes du film, il broie les dés pipés de son maître avec ses mains. Après cela, les ennemis secondaires, tout comme les méchants principaux, adoptent une tournure plus réaliste. Par exemple, dans Permis de tuer, Dario (Benicio Del Toro), sbire de Franz Sanchez, est un simple criminel, comme il pourrait en exister dans le monde réel. Sa mort est sûrement l’une des plus immondes de la série : il tombe dans un broyeur. Quant au général Ourumov (Gottfried John) dans GoldenEye, il est un traître à son gouvernement, et prêt à tout pour arriver au pouvoir. Seul Richard Stamper (Götz Otto), homme de main d’Eliott Carver dans Demain ne meurt jamais, rappelle par son gabarit et sa violence, les ennemis imposants des vieux films.

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« His name is Jaws, he kills people. »

Autres éléments emblématiques de la saga

La musique est l’une des composantes primordiales de la saga. Le thème principal, communément appelé « James Bond Theme » est probablement aussi connu que l’agent secret qui lui donne son nom. Il a été composé par Monty Norman puis réarrangée et orchestrée par John Barry – ce qui amena d’ailleurs les deux compositeurs à se disputer la paternité du titre. Ce thème aurait été à l’origine composé par Norman pour une comédie musicale finalement abandonnée. Le James Bond Theme se fait entendre dans chaque séquence d’ouverture, le gun barrel, où il est généralement remixé. John Barry représente la plus grosse contribution musicale de la saga : en plus de ses travaux non crédités sur Dr. No, il a composé les bandes originales de onze James Bond de 1963 à 1987. Il a entre autre composé le 007 Theme, un morceau dynamique utilisé la plupart du temps pendant des scènes d’action, qui a fini par devenir l’un des thèmes secondaires principaux de la série. Après John Barry, David Arnold est le deuxième compositeur le plus prisé avec cinq bandes originales à son actif, de Demain ne meurt jamais à Quantum of Solace. Ses arrangements combinent divers éléments rythmiques électroniques, adaptés à la modernisation inaugurée dans les années 1990. Les autres compositeurs de la série sont George Martin, Bill Conti, Michael Kamen, Marvin Hamlisch, Éric Serra et Thomas Newman. La franchise est également connue pour ses thèmes principaux, diffusés lors des génériques d’ouverture et souvent interprétés par des chanteurs connus de l’époque. De grands noms de la chanson se sont succédés : Matt Monro, Louis Armstrong, Nancy Sinatra, Paul McCartney, des groupes phares des années 80 comme Duran Duran, A-ha, et plus récemment Tina Turner, Madonna et Adele. Cette tradition s’installe dès Goldfinger, troisième long-métrage de la saga, avec la chanson-titre interprétée par Shirley Bassey. Grâce à sa voix puissante et fiévreuse, la chanteuse préalablement en tête des hits parades britanniques, devient mondialement connue. Elle sera à nouveau engagée pour interpréter la mystérieuse Diamonds Are Forever et Moonraker des films homonymes, faisant d’elle, l’unique interprète ayant chanté plusieurs titres de la série. Suivent d’autres classiques avec Thunderball de Tom Jones et la douce et mélancolique ballade de Nancy Sinatra, You Only Live Twice. Certaines chansons ont eu plus de succès que d’autres, mais la grande majorité sont devenues cultes. Né de de l’association de Paul McCartney et des Wings, Live and Let Die est un tube planétaire enflammé ayant acquit une telle célébrité, qu’on en oublierait presque qu’il s’agit d’une musique de film. Les années 70 et 80 ont par la suite offert une succession de titres imprégnés de romantisme et de sensualité, comme Nobody Does It Better, chantée par Carly Simon et figurant au générique de L’espion qui m’aimait, Moonraker préalablement citée, For Your Eyes Only de la talentueuse Sheena Easton ou encore All Time High, chanson d’Octopussy, interprétée par Rita Coolidge. En 1985, A View to a Kill, du groupe pop rock britannique Duran Duran, triomphe dans le monde entier. Ce titre survolté est le seul thème de James Bond ayant réussi à se placer au sommet des charts de single aux États-Unis. Avec Licence to Kill en 1989, Gladys Knight et sa voix suave à mi-chemin entre la disco et la pop, marquent la fin d’une époque révolue. Les musiques de James Bond doivent se trouver une nouvelle raison d’être… Et elles ne faillissent pas à leur mission : les thèmes des années 90 adoptent un ton plus sérieux et dramatique et sont tous des succès. Tina Turner, au sommet de son art, interprète GoldenEye ; Sheryl Crowe chante Tomorrow Never Dies ; et le groupe de rock alternatif Garbage compose The World Is Not Enough. En 2002, avec Die Another Day, Madonna brise les codes du générique James Bond en réalisant le premier thème électro de la série, et fait un caméo en tant qu’escrimeuse dans le film. La consécration arrive dix ans plus tard avec Skyfall, interprété par la chanteuse mondialement connue, Adele. Avec sa texture sibylline et un rythme crescendo magistral, Skyfall a su conquérir le cœur du public et reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale en février 2013, une grande première dans l’histoire de la saga.

Comme signifié précédemment, ces thèmes principaux sont diffusés pendant le générique d’ouverture de chaque film. Les génériques de James Bond sont devenus l’une des propriétés symboliques de la franchise. Un nom est éminemment associé à ces créations, celui de Maurice Binder. Il a conçu et crée quatorze génériques des films de James Bond, de Dr. No (1962) à Permis de tuer (1989), excluant Bons baisers de Russie et Goldfinger. Ces génériques représentent l’occasion d’illustrer l’univers de James Bond à travers des jeux graphiques fantaisistes. Ils mettent traditionnellement en scène des silhouettes de femmes, souvent nues, effectuant des danses, des acrobaties et diverses prouesses physiques, associées à des objets évoquant le monde de l’espionnage, comme des armes, des munitions, etc. Tout cela dans des décors stylisés par des effets spéciaux de lumière et des contrastes colorés. À partir de GoldenEye, les génériques s’adaptent au changement des thèmes et prennent une tournure plus sombre – exceptions faites de Casino Royale. Le générique de Skyfall par exemple, présente une morphologie littéralement mortuaire. Maurice Binder est également à l’origine de la séquence d’ouverture des films de la série, appelée gun barrel. James Bond est suivi par une cible en forme de canon de la gauche au centre de l’écran, il fait volte-face et tire en direction du public sur le supposé propriétaire de l’arme, dont le sang rempli progressivement l’écran. Au fil des années, elle a évolué en fonction des progrès technologiques et informatiques et est devenu l’un des éléments les plus reconnaissables de la saga.

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Depuis plus de cinquante ans, James Bond s’est ancré autant dans la culture populaire que cinématographique comme un véritable mythe. Ses nombreuses missions nous projètent dans des aventures saisissantes et des rêveries inégalées par tout autre film d’action et d’espionnage. Même s’ils ne sont pas tous des chef-d’œuvres absolus, chaque James Bond est à voir, sans exception. Car à part lui, Nobody Does It Better

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