On l’a découvert dans le Club Dorothée dans la série Jaspion : Hikaru Kurosaki vient de disparaître à 64 ans.
Le monde du tokusatsu et de la pop culture des années 80 est en deuil. Hikaru Kurosaki, l’inoubliable interprète du justicier Jaspion, s’est éteint à l’âge de 64 ans. S’il avait choisi depuis plus de trois décennies de troquer les projecteurs des studios Toei contre le calme des récifs coralliens d’Okinawa, son impact sur toute une génération de téléspectateurs reste, lui, indélébile.
De l’ombre des cascades à la lumière des projecteurs
Né à Osaka à la fin des années 50, rien ne prédestinait initialement Hikaru Kurosaki à devenir une tête d’affiche. C’est par la grande porte de l’effort physique et du risque qu’il entre dans l’univers des séries de super-héros japonais. Cascadeur émérite, il prête son agilité aux doublures de productions majeures comme le Spider-Man japonais de 1978 ou les premières séries de la franchise Super Sentai (Battle Fever J, Denjiman).
Son charisme et son dynamisme finissent par taper dans l’œil des producteurs. Après quelques seconds rôles notables (notamment dans Bioman), la consécration arrive en 1985 lorsqu’on lui confie les clés d’une nouvelle saga de Metal Hero : Kyôjû Tokusou Jaspion (connu en France sous le nom de Jaspion).
Un phénomène de société au-delà des frontières
Si le succès de Jaspion est au rendez-vous au Japon, c’est de l’autre côté de la planète que la série va provoquer un véritable séisme culturel. Diffusée à la fin des années 80 au Brésil, la série devient un triomphe d’audience historique. Pour des millions de jeunes Sud-Américains, les cheveux ébouriffés et le sourire d’Hikaru Kurosaki deviennent le visage même de l’héroïsme. Aujourd’hui encore, la communauté des fans brésiliens pleure celui qui a ouvert la voie à l’importation massive de la pop culture nippone dans leur pays.

Parallèlement à ce rôle, Kurosaki explorera brièvement l’industrie musicale, poussé par une popularité alors au sommet, avant de prendre une décision radicale au début des années 1990.
Le grand bleu comme dernière scène
Fatigué par les exigences de l’industrie du divertissement, l’acteur fait le choix de la discrétion. En 1993, il tire définitivement sa révérence aux caméras. Loin des autographes et des conventions, il entame une seconde vie ancrée dans ses passions : la mécanique d’abord, puis la mer.
Installé à Okinawa, à Motobu, Hikaru Kurosaki s’était réinventé depuis près de trente ans en tant qu’instructeur de plongée sous-marine. Ceux qui l’ont côtoyé durant cette seconde moitié de vie décrivent un homme humble, passionné par la transmission et la préservation des fonds marins, qui n’évoquait son passé de star de télévision qu’avec une tendre distance.
Touché par le deuil après la perte de son épouse (l’actrice Yoko Asuka) en 2011, il a continué à vivre au rythme des marées. Sa disparition, annoncée par ses collègues du monde de la plongée, referme le livre d’une vie intense, divisée en deux actes parfaits : celui d’un guerrier de métal protégeant la Terre sur les écrans, et celui d’un homme libre veillant sur la beauté des océans.