Dark net, deep web… Le Journal officiel a rendu son verdict ce matin sur le vocabulaire se rapportant entre autres au côté obscur des Internets.

La Commission d’enrichissement de la langue française, ex-Commission générale de terminologie, avait annoncé jeudi dernier vouloir adapter les expressions sensationnalistes de « deep web » et de « dark net » à la langue française. Ces nouvelles traductions ont été publiées au Journal officiel ce matin.

Il ne faudra donc plus dire dark net mais « Internet clandestin », ce dernier étant défini comme un « ensemble de réseaux conçus pour assurer l’anonymat des utilisateurs par la mise en oeuvre d’une architecture décentralisée ainsi que de logiciels et d’autorisations d’accès sépcifiques ; par extension, l’ensemble des activités, souvent illicites, qui y sont pratiquées. »

Le deep web, aussi appelé invisible web, répondra désormais au nom de « toile profonde » ou « abysse ». Ce dernier est défini comme la « partie de la toile qui n’est pas accessible aux internautes au moyen des moteurs de recherche usuels ».

Un travail de longue haleine

Outre ces deux termes couramment employés dans la presse, d’autres termes viennent enrichir la langue française. Le poste de chief data officer (CDO) est francisé sous l’appellation « directeur, -trice des données », le data scientist devient « expert, -e en mégadonnées ». D’autres termes plus évidents sont également traités : knowledge graph devient « graphe de connaissances », responsive design devient « conception adaptative », et user interface devient – enfin ! – « interface utilisateur ».

Cette actualisation des termes techniques fait suite à la publication de l’édition 2017 du Vocabulaire des techniques de l’information et des communications (TIC) par le Ministère de la culture et de la communication ce mois-ci.

La Commission d’enrichissement de la langue française dépend directement du Premier ministre. Pour rappel, elle se voit confier la traduction des termes ayant vocation à être inscrits dans tous les documents émanant de l’État français, qu’il s’agisse des décrets, arrêtés, circulaires et directives adressées aux ministres. Au total, plus de 7600 termes ont déjà bénéficié d’une traduction. Beaucoup de chemin reste à parcourir, le merveilleux monde du numérique n’étant jamais avare en néologismes…