Les boissons alcoolisées sont de nouveau au centre du débat politique. Le conseil économique social et environnemental reste très déçu concernant les propositions annoncées par le gouvernement.

Le CESE va annoncer cet après-midi des nouvelles préconisations concernant la consommation d’alcool notamment chez les jeunes. L’organisme souhaite instaurer un prix minimum sur la vente de ces boissons dans des lieux de fêtes et faire voter une loi concernant l’interdiction des publicités près des lieux d’éducation et de formation.

Un goût amer dans la bouche du CESE

Le Conseil économique social et environnemental rappelle dans son avis que l’abus d’alcool coûte la vie à plus de 49 000 personnes par an. Elle se trouve être la deuxième cause de mortalité après le tabac.

Après quelques mois d’attente, le gouvernement vient de valider et de publier son plan de mobilisation contre les addictions , un texte qui a permis de mieux faire respecter l’interdiction de la vente de tabac et d’alcool aux mineurs. Malheureusement, le Conseil économique social et environnemental garde un goût d’amertume. En effet, le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du prix de l’alcool, ni une hausse sur la taxe. Pourtant, ce plan est réclamé et recommandé par des professionnels de la santé et des associations antialcoolisme.

Les 18-25 ans en sont les principales victimes

Soirées étudiantes, boîtes de nuit ou bars, des prix très bas sont pratiqués pour les jeunes. Cette méthode de vente pose problème pour Marie-Josée Augé-Caumon, co-rapportrice de l’avis du CESE « des prix très bas sont en effet pratiqués pour inciter à la consommation, et des bouteilles gratuites sont même offertes en cadeau. »

L’alcoolisme n’est pas le seul fléau qui touche les jeunes, la démence précoce est directement liée à une trop grande consommation d’alcool. Mais ce qui retient l’attention de certains médecins, qui ont d’ailleurs signé une lettre ouverte à la ministre de la santé Agnès Buzin, c’est que « L’alcool est aussi impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants. »

Dans cette lettre de grands noms de la médecine y figurent le professeur Reynaud, l’épidémiologiste Catherine Hill, les professeurs Amine Benyamina (psychiatrie, addictologie), Gérard Dubois (santé publique), Serge Hercberg (nutrition), Albert Hirsch (pneumologue) ainsi que le président et vice-président de l’Association nationale de prévention en Alcoologie et addictologie (Anpaa) Nicolas Simon et Bernard Basset.