Dans son discours sur l’état de l’Union, mercredi 12 septembre, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a exprimé le souhait d’une « nouvelle alliance entre l’Afrique et l’Europe ». Il prévoit notamment la génération de dix millions d’emplois en cinq ans sur le continent africain.

Jean-Claude Juncker a lancé le programme d’une alliance entre l’Union Européenne et le continent africain. Le dialogue politique existe déjà depuis quelques années, mais il s’agit de passer à une alliance commerciale pour le président de la Commission. « 36% du commerce de l’Afrique se fait d’ores et déjà avec l’UE, mais les échanges commerciaux entre nous ne sont pas suffisants », selon lui. L’ancien Premier ministre luxembourgeois veut « un nouveau partenariat d’égal à égal » qui passerait par une politique d’investissement.

De nombreux accords existent déjà entre l’Union Européenne et les pays africains. Mais Jean-Claude Juncker veut les voir évoluer. Actuellement, une zone de libre-échange continental se met en place en Afrique sous la houlette de l’Union africaine. Elle compte déjà quarante-quatre États. C’est l’Union africaine qui a demandé à l’UE de prendre en compte cette zone, plutôt que de signer des accords pays par pays. Juncker propose un accord de libre-échange entre les deux continents. Certains cas bénéficieront d’un traitement particulier, comme en Afrique du Nord dont les pays ont déjà des contrats d’association et des accords de voisinage avec l’Union Européenne.

Investir et échanger avec l’Afrique

La Commission souhaite voir le secteur privé investir en Afrique. Pour ce faire, des prêts et des garanties devraient être mis en place pour rendre l’affaire plus attractive. Les petites et moyennes entreprises seront également être concernées. Grâce à ces investissements, on estime que trente millions d’africains pourraient accéder à l’électricité par des développements de projets d’énergie durable. Vingt-quatre millions de personnes devraient également bénéficier d’une amélioration des réseaux routiers.

Aussi, la Commission désire favoriser les échanges entre continents. D’ici à 2020, trente-cinq mille personnes auront profité du programme Erasmus+, mais Jean-Claude Juncker espère voir ce nombre tripler d’ici 2027. De plus 750 000 africains pourraient profiter d’un programme de développement de compétences.

L’alliance déjà en danger?

Certains, en Afrique, redoutent cependant que l’ouverture de leurs marchés ne soient un risque pour les filières et emplois africains. Depuis trente ans que les deux marchés se sont ouverts l’un à l’autre, seuls 7% des importations européennes viennent d’Afrique.

De plus, le futur budget européen fait actuellement débat. Ce prochain budget sera notamment marqué par l’austérité et le Brexit. Il est donc actuellement impossible de savoir si l’investissement en Afrique sera financièrement réalisable. Ajoutons à cela les élections européennes de mai 2019, où Jean-Claude Juncker sera remplacé à la tête de la Commission. Il n’y a donc aucune garantie que son successeur continuera le programme d’alliance avec l’Afrique.

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