A priori, A l’intérieur est un polar ultra classique. Mais à bien des égards, la nouvelle série de France 2 offre une nouvelle perspective au polar made in France 2 en dépassant les limites de ce genre usé jusqu’à la moelle.

C’est quoi A l’intérieur ? Un crime violent a été commis dans une clinique psychiatrique. La victime, Ana, une jeune femme de 28 ans avait été internée contre son gré et devait sortir le lendemain du soir où elle a été assassinée. On l’a retrouvée étouffée et… le cœur arraché… Angèle, jeune et brillante inspectrice de police est chargée de l’enquête. A-t-elle affaire au crime d’un fou ou à celui d’un « normopathe » parfaitement lucide qui s’applique à le faire passer pour l’acte d’un dément ?

Difficile en découvrant ces deux premiers épisodes de A l’intérieur de dire ce qu’est vraiment la série. Au premier abord, rien de neuf quand démarre la série : un meurtre ouvre l’histoire et des policiers viennent enquêter. Un meurtre violent, très violent dans une institution psychiatrique. Mais assez vite, A l’intérieur nous emmène vers vers autre chose, quelque chose de bien plus intéressant.
D’abord, l’intrigue s’arrête longuement  sur les patients, et les dirigeants de l’hôpital et pas seulement dans le cadre très balisé de l’interrogatoire policier. On a le sentiment que l’hôpital cache autre chose, une histoire bien plus sombre que ce crime qui l’est déjà. Ensuite, à quelques exceptions près se limitant au domicile de l’enquêtrice et au commissariat de police, l’intrigue évolue en huit clos dans l’hôpital avec une ambiance très glauque. La phrase lâchée au début de la série par l’un des patients réunis dans une petite pièce nous donne le ton « Possiblement, le coupable est présentement parmi nous dans cette pièce« . Façon dix petits nègres, l’étau se resserre rapidement autour de quelques patients et la direction de l’hôpital. Pour l’enquêtrice incarnée par Noémie Schmidt (et non ce n’est pas Béatrice Dalle), qui croire ? Dans un univers où la réalité peut être déformée, qui raconte et apporte un bout de vérité ?

Mais assez vite, l’enquête policière devient aussi pour Angèle une quête personnelle, une quête intérieure sur son passé et surtout sa propre condition. A mesure que l’enquête avance et qu’elle s’imprègne de l’hôpital, Angèle voit son réel s’altérer, des hallucinations la frapper comme autant de signes que quelque chose est en train de changer. A l’intérieur sous airs très « classique » installe une ambiance très efficace où le polar classique s’efface progressivement pour une vraie histoire de genre et d’ambiance comme on les aime. Le casting est solide et l’écriture maîtrisée par les deux créateurs / auteurs de la série Bruno Dega et Jeanne Le Guillou, très impliqués à tous les niveaux de création de la série. On sent que des indices au départ anodins sont sans doute distillés ici et là pour préparer à la révélation finale qu’on espère pas trop classique.

A suivre …