Nicolas Maduro, le président vénézuélien, a été réélu, dimanche 20 mai, lors d’un scrutin, qualifié d' »illégitime » auprès de ses opposants. Ils dénoncent des pressions sur les électeurs et demandent un nouveau vote.


Le président remporte près de 70% des suffrages. Son principal concurrent et l’ensemble de l’opposition dénoncent des irrégularités et  déclarent de ne pas reconnaitre le résultat du scrutin.

Une victoire attendue

Dans un contexte électrique, le président vénézuélien Nicolas Maduro a été réélu dimanche jusqu’en 2025. La présidence du Conseil National électoral (CNE) du Vénézuela, Tibisay Lucena, annonce qu’après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, Nicolas Maduro remporte 57,7% des voix contre 21,2% de son adversaire Henri Falcon.

Le taux de participation, d’environ 46%, est le plus faible de l’histoire du pays. Pour Nicolas Maduro, c’est un « record historique« , »jamais auparavant un candidat présidentiel n’avait gagné avec 68% des voix du peuple » déclare-t-il devant la foule réunie du palais de Miraflores et selon Ouest-France. 

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L’opposition exige une nouvelle élection

Ses principaux opposants Henri Falcon et le pasteur évangélique Javier Bertucci s’opposent aux résultats officiels du président Nicolas Maduro. Ils parlent d’une « faute de légitimité » et « nous ne reconnaissons pas ce processus électoral, pour nous, il n’y a pas eu d’élection. Une nouvelle élection doit être organisée au Venezuela » déclare Henri Falcon.

Henri Falcon dénonce une pression faite sur les électeurs et met l’accent sur des « points rouges ». Ces points rouges sont des tentes installées par le parti au pouvoir (PSUV) qui, après que les électeurs aient voté, s’y inscrivent dans le but de recevoir la prime promise par le président. Henri Falcon ajoute que « 12.711 points rouges ont été installés à travers le pays […] je présume qu’ils ont reçut, là, un virement de 10 millions de bolívars une fois qu’ils ont votés« .

Le scrutin rejeté au niveau international

 

Des centaines de Vénézuéliens ont manifesté à travers le monde pour dénoncer « une fraude ». Les Etats-Unis, l’Union Européenne et 14 pays d’Amérique et des Caraïbes rejettent complètement le scrutin.

Ils accusent tous Maduro de négliger la démocratie. Le diplomate américain Mike Pompeo s’exprime sur Twitter : « les élection truquées ne changent rien. Il faut que le peuple vénézuélien gouverne ce pays ». 


Quatre mois de manifestations quasi quotidiennes de l’opposition, qui ont fait 125 morts à la mi-2017, ont été écartés d’un revers de main avec la mise en place d’une assemblée constituante au service du camp au pouvoir.