Treize enfants séquestrés par leurs parents dans la maison familiale, voilà ce qui se cache sous le terme « maison de l’horreur » employé par beaucoup de médias pour qualifier cet ignoble fait divers. « Une affaire comme celle-là vous hante » a déclaré Mike Hestrin, le procureur du comté de Riverside, une ville située à 90 kilomètres de Los Angeles. Jeudi, David Allen et Louise Turpin, les parents, ont plaidé non coupables. Retour sur l’affaire de la « maison de l’horreur ».

Les faits

Lundi 15 janvier, la police a découvert douze frères et soeurs, enfants et adultes, dans une maison située à Peris, en Californie. Attachés et affamés dans un lieu insalubre depuis plusieurs années, ils ont pu être délivrés grâce à l’intervention d’une treizième soeur qui a alerté la police après avoir retrouvé un téléphone portable à son domicile. Immédiatement, les forces de l’ordre ont appelé les parents de ses enfants, David Allen et Louise Turpin âgés de 57 et 49 ans. Ces derniers n’ont pu être en mesure d’expliquer pourquoi certains de leurs enfants demeuraient enchainés à leurs lits au milieu de leurs déjections. De même, leurs enfants étaient si mal-nourris que les services de police ont d’abord cru qu’ils étaient tous mineurs. Or, sept d’entre eux étaient âgés de 18 à 29 ans tandis que six autres victimes étaient des enfants, la plus jeune a deux ans.

La maison du couple californien / Crédits : Sandy Huffaker/Getty Images/AFP

Volet judiciaire

Jeudi, David Allen et Louise Turpin ont été inculpés par un tribunal du Comté de Riverside à 12 chefs d’accusation dont « torture », « maltraitance » ou « séquestration » sur douze de leurs enfants. Seule la plus jeune de leur fille n’aurait pas subi les mêmes sévices que ses frères et soeurs. Une caution de 9 millions de dollars pour chacun des parents a été fixée pour leur éventuelle remise en liberté. David Allen et Louise Turpin encourent jusqu’à 94 ans de réclusion voire la perpétuité. Lors de l’audience, les parents ont plaidé non coupables de toutes les accusations à leur encontre.

Syndrome de Stockholm

Aux États-Unis, une question est sur toutes les lèvres : pourquoi les enfants majeurs du couple n’ont pas alerté les secours plus tôt ? Marie Andersen, psychologue explique que ces enfants, conditionnés, ne se sont certainement pas rendu compte à quel point ils vivaient hors normes. Parfois les enfants maltraités « vont très loin dans l’excuse de leurs parents, ils les pardonnent aussi pour les protéger » ajoute-t-elle. C’est sans doute ce qui explique pourquoi ces enfants ont mis tant d’années pour dénoncer les crimes odieux de leurs parents.

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