Kylian Mbappé est victime de racisme de la part d’une sénatrice paraguayenne à la suite de la défaite (1-0) du Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Face à ces attaques, le président de la République, le président de la FIFA et le gouvernement paraguayen ont apporté leur soutien au joueur français.
C’est à l’issue d’un match tendu, mais remporté par l’équipe de France, que les choses ont commencé. « Un match avec beaucoup d’intensité et beaucoup de duels », évoque le capitaine de l’équipe de France. Le penalty, permettant aux Français de remporter le match, a été accordé à la suite d’une faute sur Désiré Doué. C’est d’ailleurs l’une des rares fautes sifflées par l’arbitre.
Les joueurs savaient que cette rencontre allait être compliquée. Didier Deschamps les avait prévenus : « Il nous a dit que c’était une équipe qui allait nous provoquer, qui allait nous rentrer dedans […]. Ils l’ont fait, mais on est restés concentrés », témoigne William Saliba au micro d’M6. De son côté, Kylian Mbappé y va avec un peu moins de pincettes : « On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Désolé de l’expression. »
« Les chimpanzés sont les êtres les plus intelligents qu’il connaisse »
Cette rencontre a pris une tournure que personne ne voulait voir venir. La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, membre du Parti libéral radical authentique, a tenu des propos racistes envers Kylian Mbappé. C’est dans un message sur X (anciennement Twitter), publié le 6 juillet, qu’elle s’en prend à lui : « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco. » Avant de continuer et d’affirmer que « les chimpanzés sont les êtres les plus intelligents qu’il connaisse ».
Mais la sénatrice ne s’arrête pas là ; elle décrit le capitaine comme un « rancunier, nouveau riche, arrogant et laid ». Preuve que la défaite n’est pas passée, elle évoque toute la nervosité et la peur de l’ensemble de l’équipe. Pour elle, cette victoire était un coup de chance.
Les réactions de Kylian Mbappé, Emannuel Macron et le président de la FIFA
Dans un premier temps, c’est Kylian Mbappé qui a répondu à cette sénatrice, quelques heures avant un entraînement de l’équipe près de Boston. « Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. […] Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde a déjà oublié l’effort de vos joueurs », publie l’attaquant sur X.
De leur côté, le président de la République ainsi que le président de la FIFA ont apporté leur soutien au joueur français. Emmanuel Macron salue « un but de plus. Contre le racisme cette fois ». Quant au président de la FIFA, Gianni Infantino, il « condamne sans équivoque » les propos de la sénatrice, avant de témoigner de la solidarité de l’ensemble du monde du football envers Kylian Mbappé.
De l’autre côté de l’Atlantique, le gouvernement paraguayen s’est désolidarisé des propos de sa sénatrice.
La sénatrice sera également poursuivie en justice, car la Fédération Française de Football annonce procéder à un signalement au parquet afin qu’il y ait des poursuites judiciaires. Philippe Diallo, le président de la FFF, a d’ailleurs lui aussi apporté tout son soutien à Kylian Mbappé.

La sénatrice persiste et signe
Au lendemain de ses propos racistes, la sénatrice n’en reste pas là. Elle aurait pu s’excuser, mais a choisi d’en rajouter. Dans une lettre ouverte publiée dans la nuit du 6 au 7 juillet sur son compte X, elle débute avec une forme de repentance, expliquant qu’elle aussi a été méprisée parce qu’elle est « métisse, latine et sale ». Elle a depuis supprimé son post, expliquant qu’elle était en train de répéter des schémas humiliants qu’elle déteste.
Mais ce n’est pas tout : elle exige même des excuses de Kylian Mbappé. Revenant sur les propos du capitaine français, elle estime avoir été victime de « violence de genre ». Celeste Amarilla lui ordonne de se rétracter et d’honorer sa citoyenneté. Elle lui demande donc de présenter ses excuses, sous peine d’« entamer des actions légales pour violence de genre ».