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Montigny-lès-Metz : Leclaire mis en examen pour meurtre

Vingt-huit ans après le double meurtre du Montigny-lès-Metz, un nouveau rebondissement dans l’affaire à eux lieu hier. Henri Leclaire, premier suspect, a été mis en examen.

Cette histoire du double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986 n’est toujours pas résolue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la justice ne cesse de changer de suspect au cours des décennies qui sépare les faits à aujourd’hui. Henri Leclaire, premier suspect à avoir avoué le meurtre des deux enfants avant de se rétracter, a été de nouveau entendu par un juge d’instruction, mardi 5 août. Il a été mis en examen pour meurtre à l’issue de l’audience. L’homme a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Les magistrats s’interrogent sur le rôle d’Henri Leclaire, ce dimanche 28 septembre 1986, sur le talus ferroviaire de Montigny ou a eu lieu le drame. À cette époque, le suspect était manutentionnaire et ne supportait les enfants qui jouaient autour de son lieu de travail, une imprimerie dont les locaux se situent face au talus. Habitué à faire des rondes autour de son lieu de travail pour être plus tranquille, Henri Leclaire avait avoué avoir pris une pierre et frappé à la tête deux garçons de 8 ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, retrouvés morts ce jour-là.

Les deux jeunes garçons assassinés en septembre 1986 AFP/Archives

Les deux jeunes garçons assassinés en septembre 1986 AFP/Archives

Bien qu’il ait avoué le meurtre lors des premiers jours de l’enquête, Henri Leclaire maintient étrangement qu’il n’était pas sur les lieux du crime ce triste jour. Contrairement à ce qu’affirment la grand-mère des victimes et un témoin qui annonce l’avoir aperçu « ensanglanter » le long de la voie ferrée. Aujourd’hui, il existe contre lui des « indices graves et concordants » annonce la justice au Monde. Sauf qu’à l’époque où Henri Leclaire a avoué le meurtre, l’enquête s’était orientée vers Patrick Dils, innocentant Henri Leclaire. Condamné à quinze ans de prison, Patrick Dils a finalement été blanchi et définitivement acquitté en 2002, quinze ans après les faits.

28 ans d’affaire, aucune certitude pour la justice

La justice française a ensuite cherché coûte que coûte un coupable. Ils ont bien sûr commencé par le tueur en série de la Région, Francis Heaulme, qui a été accusé du double meurtre. Mais en mars, nouveau rebondissement dans l’affaire. Les assises de la Moselle débutent le procès de Francis Heaulme, finalement complètement bousculé par le témoignage surprise d’une habitante de Metz, inconnu 48h avant l’ouverture du procès. La dame avait affirmé que le premier suspect, Henri Leclaire, s’était confié à elle en 2012 dans des termes quasi identiques à ceux de ses aveux de 1986. Mais cette fois-ci, l’homme avait dit s’en être pris aux enfants, sans toutefois les avoir tués. C’est donc une certitude, l’homme aurait frappé les enfants, sans savoir si ces coups ont été fatals ou non.

Finalement, l’homme avait nié ces propos à l’habitante lorraine, et n’a plus souhaité s’exprimer depuis devant n’importe qui, sauf pour affirmer qu’il n’a pas tué les deux jeunes enfants. À cette heure-ci, les juges suspectent tour à tour Francis Heaulme et Henri Leclaire – qui se rejette la balle entre eux aussi – sans permettre à l’affaire d’avancée depuis plus de trente ans. La justice française est une fois de plus loin de son meilleur visage.

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