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Nous sommes Charlie : le livre dont personne ne parle…

Un mois après les attentats qui ont frappé la France, 60 auteurs se font Charlie. L’ouvrage paru le 6 février aux éditions Livre de Poche met en avant la contribution d’auteurs classiques et contemporains. Ainsi, Hugo, Voltaire et Diderot se retrouvent aux côtés de Beigbeder, Comte-Sponville ou encore Jean-Paul Enthoven, unis pour la liberté d’expression.

Qu’apporte cet ouvrage paru un mois après les attentas de Paris ?

On y trouve des articles, des récits anecdotiques du jour de la tragédie, des aphorismes ou des slogans. Du rire, des souvenirs et des larmes. Les réactions à fleur de peau des auteurs contemporains, blessés parfois personnellement et souvent déontologiquement après les attentats. Des réactions qui côtoient les tirades de Figaro, les idées des Lumières ou les correspondances épistolaires de Voltaire pour parler de la liberté d’expression. Mais cette variété de registres, loin d’apporter de la profondeur, révèle une précipitation assez décevante. Certes l’ouvrage devait répondre à un bouclage très serré (le 16 janvier), mais la diversité des textes donne une sensation « fourre-tout » n’obéissant à aucune logique claire. Le livre hommage dénonce, blâme ou fait l’éloge quand les argumentations côtoient les passions. La longueur variable des textes (de quelques lignes à quelques pages) et l’absence d’explications sur leur sélection rendent la lecture décousue.

Des textes puissants et sincères

Mais un peu à contre-courant de l’après Charlie. Encore empreintes de cette catharsis nationale qui avait réveillé la France, les contributions contemporaines semblent résonner moins fortement après la retombée de l’effervescence émotionnelle Charlie. En témoigne le nombre de livres vendus : 210 000 contre près de 7 millions d’exemplaires pour le numéro 1178. Cette prise de position aurait gagné en clarté si une préface avait là aussi conceptualisée la démarche de publication. Autre que la volonté de regrouper un corpus de textes, on pouvait attendre de ces auteurs qu’ils posent des questions. Des interrogations propices à enrichir les réflexions enrichissant le débat public et questionnant les décisions actées depuis janvier. On pense par exemple à l’élaboration potentielle d’un « Patriot Act » à la française, aux condamnations sévères pour apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux ou la mise en place du site anti-djihadiste www.stop-djihadisme.gouv.fr…).

Le livre aurait pu être pensé par exemple comme un manifeste réaffirmant la défense des libertés dans le respect des cultes. Des notions une fois de plus contestées lors de la fusillade du 14 février à Copenhague où se tenait une conférence au centre culturel Krudttønden sur le thème « art, blasphème et liberté d’expression ». Un acte qualifié de « terroriste » et d’une « violence cynique » par la Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt.

Alors faut-il acheter cet opus Nous Sommes Charlie ?

Si vous avez manqué à votre devoir citoyen de la défense de la liberté d’expression, les 5 euros seront intégralement reversés à Charlie Hebdo pour sa pérennité. En revanche, si vous désirez découvrir le contenu, certaines contributions sont une reprise de parutions antérieures, donc accessibles sur la toile (Comte-Sponville ou Roudinesco dans Libération du 11 Janvier ou Attali dans L’Express du 14 Janvier). Au moins, ces auteurs nous auront démontré que si l’union fait la force, elle ne fait pas nécessairement la pertinence.

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