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On a vu pour vous… High Fidelity, Zoë Kravitz illumine l’adaptation du roman culte

Dans High Fidelity inspirée du livre de Nick Hornby, la jolie Rob revient sur ses histoires d’amour les plus importantes, sur fond de musique et de nostalgie. 

C’est quoi, High Fidelity ? Passionnée de musique et adepte des listes en tous genres, Rob (Zoë Kravitz) est la propriétaire d’un magasin de disques de Brooklyn, où elle travaille avec ses amis Simon (David H. Holmes) et Cherise (Da’Vine Joy Randolph). Un an plus tôt, son petit ami Mac (Kingsley Ben-Adir) l’a quittée, et elle n’est pas remise de la séparation. Elle décide pourtant de se rendre à un rendez-vous et rencontre Clyde (Jake Lacy), avec qui le courant fini par passer grâce à leur amour commun pour la musique ; elle fait aussi la connaissance de Liam (Thomas Doherty), un chanteur de rock plus jeune qu’elle. Mais lorsqu’elle passe en revue ses cinq plus grands chagrins d’amour, Mac occupe toujours la première place… 

25 ans après le roman de Nick Hornby et 20 ans après le film de Stephen Frears, High Fidelity se décline en série – avec une seule saison, disponible sur StarzPlay en France. Pensée et signée par les scénaristes Sarah Kucserka et Veronica West (Ugly Betty) avec le concours de  Hornby lui-même, cette nouvelle adaptation nous transporte dans un monde de musique, de romance et de top 5, en conservant l’esprit de l’œuvre originale tout en apportant des changements non négligeables.  

Lorsqu’une série est adaptée d’un roman qui a en plus donné lieu à un film, la tentation de la comparaison n’est jamais loin – surtout lorsque le roman en question est devenu culte pour quasiment tous ceux qui l’ont lu. Si on se livre à l’exercice, on notera que la série reprend des phrases tirées du texte ou des scènes identiques au film. Par exemple, le magasin s’appelle toujours Championship Vinyl, l’héroïne porte le même T-shirt que son homonyme sur grand écran et aime établir des top 5 et des listes ; elle brise régulièrement le fameux quatrième mur en s’adressant au spectateur, un stratagème utilisé par Frears pour créer une proximité et une intimité avec le personnage.

Rob, avec Cherise et Simon

Mais il y a aussi des différences, et non des moindres. Le magasin londonien du livre  (à Chicago dans le film) est situé à Brooklyn ; nous sommes en 2020 et les CD ont presque disparu au profit du streaming et la résurgence des vinyles ; les playlists ont pris la place des mixtapes; les personnages secondaires sont assez semblables à leurs prédécesseurs dans leur caractère ou leur comportement mais Barry (Jack Black dans le film) est une afro-américaine nommée Cherise et Dick est homosexuel et s’appelle Simon.

Surtout, le héros blanc hétérosexuel d’une trentaine d’années est désormais une afro-américaine bisexuelle. Le changement est évidemment essentiel mais tout bien considéré, l’héroïne n’est peut-être pas si éloignée du personnage original. Dans son tempérament et ses réactions, Rob pourrait être la fille des protagonistes interprétés dans le film par Lisa Bonet (ça tombe bien, Zoë est la fille de l’actrice dans la vraie vie !) et John Cusack  : elle aurait hérité du physique de la première et du côté obsessionnel et de l’amour de la musique du second. 

Objectivement, cette nouvelle version n’était pas indispensable ; elle n’en est pas moins agréable à regarder. On l’a dit, la série est parfois calquée sur le roman ou le film, mais elle finit pourtant par faire entendre sa petite musique, indépendamment des comparaisons et références, pour trouver une identité susceptible de séduire ceux qui découvriraient l’histoire à travers elle.  A savoir, une histoire qui commence  lorsque Rob retrace sa vie amoureuse, se penche sur ses sentiments, ses frustrations et sa peur de l’engagement, d’après le top 5 de ses pires ruptures. A la première place figure Mac qui l’a quittée et s’est installé à Londres, pour qui elle ressent encore des sentiments. Les choses se compliquent lorsque celui-ci revient à New York, avec une nouvelle fiancée.

Mac, en tête du hit parade des chagrins d’amour de Rob.

C’est une Zoë Kravitz lumineuse et même sublime qui donne vie à cette femme complexe et attachante, d’une coolitude incroyable et dotée d’un solide sens de l’humour, mais fragile, angoissée et paumée. Ses listes, son obsession pour la musique et son sens de l’humour donnent lieu à des scènes drôles et des dialogues savoureux ; ses regrets, ses failles et ses peurs nimbent l’histoire d’un halo poignant de mélancolie et de douceur ; son côté girl next door la rend immédiatement crédible et attachante. Avec le rythme enlevé  de 10 épisodes de 30 minutes, High Fidelity (la série) trouve ainsi une voix qui va au-delà de la modernisation du contexte et de la féminisation du personnage principal. Jusqu’à modifier complètement le cours du récit dans les derniers épisodes – et même à changer de point de vue dans le huitième, en adoptant celui de Simon. 

Et évidemment, High Fidelity bénéficie d’une bande-son magistrale. La musique est essentielle à l’histoire et mélange morceaux actuels et sélection pointue aux chansons vintage et classiques avec Stevie Wonder, David Bowie,  Kanye West,  Sinnead O’Connor, Outkast, The Talking Heads, Dua Lipa, Jimi Hendrix ou Cheap Tricks. Et Blondie, la mythique Debbie Harry apparaissant même dans le troisième épisode. Comme le rappelle Rob, “faire une playlist est un art délicat” : voilà un art que le rappeur Questlove, qui a supervisé celle de la série, maîtrise parfaitement.

A écouter aussi : la playlist High Fidelity sur Spotify

Drôle, nostalgique et émouvante, avec une héroïne irrésistible et une bande-son formidable, High Fidelity est une jolie reprise : elle infléchit légèrement la chanson originale  de Nick Hornby ou la version de Frears, se les approprie tout en préservant leur essence.  Il est des classiques que l’on a (re)découverts à travers les reprises d’autres artistes ; il en va de même pour High Fidelity avec cette saison. Qui restera unique, puisque la série n’a pas été renouvelée.  

High Fidelity (Hulu)
10 épisodes de 30′ environ. 
Sur StarzPlay à partir du 10 Septembre 2020.

A lire aussi : On a vu pour vous … les premiers épisodes de Euphoria

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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