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On a vu pour vous … les deux premiers épisodes de L’été 36 (TF1)

Attendue dans les prochains mois sur TF1, L’été 36 est un nouveau volet d’une collection initiée avec Le bazar de la charité par Iris Bucher.

Eté 1936, Nice. Effarée, la bourgeoisie en villégiature, habituée à la Côte d’Azur et à ses privilèges raffinés, voit débouler de nouveaux vacanciers, profitant des premiers congés payés. Dans cette effervescence où deux mondes se côtoient sans chercher à se comprendre, quatre femmes de milieux différents vont se retrouver mêlées à un meurtre dans le très chic hôtel Riviera. Un crime qui va bouleverser leur vie de famille, amoureuse et professionnelle.

L’essentiel

Après Le Bazar de la Charité et Les Combattantes, la productrice Iris Bucher poursuit son exploration de la place des femmes dans l’Histoire avec L’Été 36. Fidèle à son univers, elle mêle visages familiers, comme Julie de Bona, à une nouvelle génération d’interprètes. Constance Gay, Nolwenn Leroy et Sofia Essaïdi rejoignent ainsi la distribution de cette fresque historique centrée sur une période charnière.

Pour mettre en scène l’histoire de ces femmes au moment de l’apparition des congés payés, le réalisateur Fred Garson s’appuie sur un scénario signé par deux plumes reconnues du paysage télévisuel. Un duo déjà à l’origine de la série Surface, diffusée sur France 2, et qui avait rencontré un large succès lors de sa programmation estivale : Marie Deshaires et Catherine Touzet.

La distribution de cette nouvelle série peut également compter sur la présence de talents confirmés issus du cinéma comme de la télévision. De Miou-Miou à François-Xavier Demaison, en passant par Sam Karmann, le casting s’enrichit de visages bien connus du grand public.

On aime ?

Force est de constater que L’Été 36 s’impose déjà comme l’une des séries les plus attendues. On connaît le sens du récit et l’élégance narrative de la productrice Iris Bucher lorsqu’il s’agit de faire dialoguer destins intimes et grande Histoire. Le public avait été emporté par le souffle romanesque de Le Bazar de la Charité, avant de saluer la fresque historique de Les Combattantes, plongée au cœur de la Première Guerre mondiale.

Avec L’Été 36, elle poursuit cette saga au féminin en s’arrêtant sur un moment charnière : l’instauration des congés payés lors du Front populaire. Nous sommes en 1936, une année où le quotidien des Français bascule soudainement. Pour la première fois, des milliers de travailleurs découvrent le droit au repos et au voyage. Un bouleversement social inédit qui voit affluer les vacanciers vers les rivages ensoleillés de la Côte d’Azur, théâtre de ces premières vacances populaires, entre insouciance naissante et profondes mutations de la société.

Et qui dit troisième série dit forcément un univers que l’on espérait différent des précédents. Il n’était pas question de retrouver le souffle guerrier de Les Combattantes ni la mécanique plus romanesque et familiale de Le Bazar de la Charité. Avec L’Été 36, le pari est tenu : dès les deux premiers épisodes, le ton tranche nettement.

Ici, l’atmosphère bascule vers quelque chose de plus feutré, presque mystérieux. On baigne dans une ambiance à la Agatha Christie, où les non-dits, les regards et les secrets prennent le pas sur l’action pure. Pour celles et ceux qui ont grandi avec les grandes adaptations de la romancière, difficile de ne pas penser à Mort sur le Nil ou à Le Crime de l’Orient-Express. Même goût du détail, même tension progressive, même plaisir à observer un groupe de personnages dont chacun semble dissimuler une part d’ombre.

Dès le premier épisode, le décor et les enjeux sont posés avec une efficacité redoutable. Dans un grand hôtel luxueux de la Côte d’Azur, du côté de Nice, un meurtre vient faire voler en éclats l’apparente insouciance estivale. Un procureur de passage est retrouvé assassiné dans sa chambre, point de départ d’une mécanique narrative particulièrement bien huilée.

Le récit adopte alors une construction rétrospective : chaque personnage ayant croisé la route de la victime devient un suspect potentiel. Tous, à un moment ou à un autre, avaient une raison de lui en vouloir. Une galerie de figures qui s’entrecroisent, se répondent et se dévoilent peu à peu, dans une logique d’indices et de révélations qui évoque immédiatement l’univers de Agatha Christie. On retrouve ce plaisir du jeu, presque ludique, qui consiste à démêler les fils, à soupçonner chacun, à recomposer le puzzle.

Au cœur de cette toile, Constance Gay incarne une jeune policière fraîchement diplômée, propulsée dans une affaire qui la dépasse. Venue rencontrer le procureur pour tenter de faire innocenter son père — condamné à mort pour un crime qu’il nie — elle se retrouve directement impliquée dans l’enquête. Sa présence sur les lieux n’a rien d’un hasard, et son passé la rattache intimement à l’affaire. Elle retrouve sur place sa propre sœur, interprétée par Nolwenn Leroy. Deux trajectoires, deux histoires personnelles, mais un point commun évident : toutes deux avaient des raisons d’en vouloir au procureur. Et elles sont loin d’être les seules.

C’est précisément là que la série trouve sa force : dans cet enchevêtrement de destins, où chaque personnage cache une vérité, où chaque relation révèle une tension. Un jeu de miroirs et de faux-semblants qui installe, dès ce premier épisode, une intrigue dense, élégante et résolument addictive.

La série tient la comparaison avec les autres productions ?

Ce que l’on espère désormais, c’est que la série conserve ce souffle jusqu’au bout, sans se disperser, en restant fidèle à cette ambiance délicieusement inspirée de Agatha Christie. Pour l’instant, les deux premiers épisodes tiennent parfaitement la promesse.

Car il faut bien le reconnaître : L’Été 36 est une très belle production. Les moyens sont visibles à l’écran, mais jamais ostentatoires. Costumes, direction artistique, musique, photographie… tout concourt à une reconstitution soignée des années 30. Et surtout, la Côte d’Azur, avec Nice en toile de fond, devient un véritable personnage. Élégante, lumineuse, presque insouciante en surface, elle contraste parfaitement avec les tensions souterraines du récit. Le pari était risqué : rendre à l’image le raffinement de cette destination emblématique. Il est ici pleinement réussi, à la hauteur de certaines productions internationales.

Côté casting, c’est également un quasi sans-faute. Les héroïnes portent la série avec justesse, et une mention particulière s’impose pour Sofia Essaïdi et Constance Gay, qui imposent dès les premiers épisodes un rythme, une intensité, une présence. Autour d’elles, les seconds rôles ne sont jamais en retrait : Sam Karmann, Miou-Miou ou encore Pascal Elbé enrichissent cette galerie de personnages avec finesse et crédibilité.

Avec cette troisième itération, Iris Bucher réussit à renouveler son univers sans le trahir. Une nouvelle variation, plus feutrée, plus mystérieuse, qui prouve sa capacité à se réinventer. Reste maintenant à transformer l’essai sur la durée. Mais à ce stade, une chose est sûre : la promesse est plus que tenue.

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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