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On a vu pour vous … les premiers épisodes de Les combattantes (TF1)

Après avoir plongé 3 héroïnes dans l’enfer de l’incendie du Bazar de la Charité, TF1 récidive et s’intéresse à la place des femmes dans la première guerre mondiale avec Les Combattantes.

C’est quoi Les combattantes ? Septembre 1914. Depuis quelques semaines, les combats font rage. Dans un petit village de l’est de la France, à quelques kilomètres de la zone allemande, quatre femmes se retrouvent projetées au cœur de l’horreur : Marguerite, prostituée parisienne aussi mystérieuse que flamboyante que l’on soupçonne d’être une espionne ; Caroline, épouse de Victor Dewitt, propriétaire d’une usine de voitures, parti au front. Elle se voit propulsée à la tête de l’entreprise familiale, défi colossal et inédit pour une femme du début du siècle ; Agnès, mère supérieure d’un couvent réquisitionné et transformé en hôpital militaire. Dépassée par l’afflux de blessés, Agnès est de plus tourmentée et questionne ses choix de vie ; et Suzanne, jeune infirmière féministe en cavale depuis un avortement qui a mal tourné…

A lire aussi : Coup de cœur … pour Le bazar de la charité, soap historique de TF1 | VL Média (vl-media.fr)

Cet article se base sur le visionnage des 3 premiers épisodes de la série
Les combattantes dès le 19 septembre sur TF1

En 2019, lors du Festival de la Fiction TV, on découvrait la nouvelle mini série de TF1 qui plongeait 3 héroïnes dans l’incendie du Bazar de la Charité et relançait la fresque historique d’ampleur et teintée de romanesque comme le faisait les feuilletonistes du 19ème siècle. A cette occasion, le réalisateur Alexandre Laurent confirmait sa stature de réalisateur de productions de grande ampleur œuvrant à la télé (et non pas « pour la télévision » ce qui serait réducteur). Face à un résultat si réussi, c’est tout naturellement que l’idée de « raconter la place des femmes à différentes périodes de la grande Histoire » est venue à l’esprit d’Iris Bucher, productrice du Bazar. Et de choisir la première guerre mondiale, « une période où l’on a si peu raconté la place des femmes » semblait donc évident comme elle nous l’a raconté.

Evénement du prochain Festival de la Fiction TV et de la rentrée de TF1 (la série démarre le 19 septembre à 21h10), Les combattantes montent encore d’un cran et se révèlent dès les premières minutes comme une véritable réussite. D’abord d’un point de vue de l’histoire et de l’Histoire (la série est écrite par Cécile Lorne) car au delà du grand spectacle nécessaire, la condition féminine en temps de guerre (notamment 14-18) a peu été montrée et montre un écho certain avec la situation du moment. L’équilibre entre les faites historiques et le romanesque est maîtrisé et a même retenu les erreurs de la saison 1. Nos 4 héroïnes se croisent davantage et leurs histoires s’imbriquent bien plus.

Réussite aussi du point de la réalisation. Alexandre Laurent est un grand réalisateur, capable de filmer l’intimité d’un polar dans Profilage ou Le secret d’Elise, mais aussi les tourments de l’Histoire ou le très grand spectacle. Si les scènes de guerre sont particulièrement réussies dans ces premiers épisodes, elles ont aussi le mérite de montrer un autre visage de la guerre de 14-18, souvent réduite aux tranchées. Mais Alexandre Laurent et ses équipes signent aussi une série à l’ambiance certaine, à la photographie soignée, et où la violence des combats, jamais esthétisée, n’en est pour autant pas ignorée. La caméra circule ainsi au milieu des « gueules cassées », des blessures de guerre forcément violentes, pour ensuite retourner aux côtés de ceux que les combats ont épargné physiquement, mais certainement pas psychologiquement. L’autre réussite de la réalisation repose dans le fait que chaque lieu clé de l’histoire a sa propre identité visuelle, notamment le bordel qui n’est pas sans rappeler le saloon de la série Deadwood, le western étant une inspiration assumée de la part d’Alexandre Laurent pour créer l’a ville dans laquelle le destin de ces 4 femmes va se jouer.

Réussite aussi du casting avec cette bonne idée de s’inspirer de ce qu’a fait notamment Ryan Murphy avec son anthologie American Horror Story : une thématique commune à chaque saison mais un univers qui change, le tronc commun étant ces actrices qui demeurent tout en changeant de personnages. Au trio initial du Bazar vient s’ajouter ici l’excellente Sofia Essaïdi dans le rôle d’une femme dont l’époux, envoyé au front, va devoir trouver un moyen de faire tourner l’entreprise familial (tout en préservant un secret bien gardé). Si ces 4 héroïnes sont toujours brillamment incarnées, il faut un petit temps d’adaptation pour voir Julie de Bona en mère supérieure d’un couvent (!!). A leurs côtés, les rôles masculins ont été davantage travaillés que sur la série précédente et on a choisi de retenir les excellentes partitions de Tom Leeb et de Yannick Choirat (aux côtés duquel on retrouve dans un rôle énigmatique la toujours électrisante Eden Ducourant), tout en guettant celle de Laurent Gerra dont on nous promet qu’elle va surprendre.

A l’issu du 3ème épisode, on ne peut qu’être bluffé du résultat d’une série qui s’annonce plus sombre que la précédente, même si le romanesque ne fait parfois pas l’économie de ressorts scénaristiques attendus. On devine aussi que l’histoire ne nous a pas encore dévoilé toutes ses cartes et on ne peut que conseiller de se laisser embarquer dans les remous d’une grande et puissante Histoire qui défile sous nos yeux.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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