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On a vu pour vous… les deux premiers épisodes de la série Marie-Antoinette (Canal+)

Proposée en ouverture du Festival de la Fiction TV, Marie-Antoinette sera l’événement série dès le 31 octobre sur Canal+.

C’est quoi Marie-Antoinette ? Marie-Antoinette est âgée d’à peine 14 ans quand elle quitte l’Autriche et sa mère pour épouser le dauphin en France. C’est encore une jeune enfant têtue et dissipée qui doit se plier aux règles françaises, nombreuses et compliquées. La jeune princesse souffre rapidement de ne pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend. Elle est constamment sous pression pour perpétuer la lignée des Bourbons. Une mission plus compliquée que prévue : même si la relation entre Marie-Antoinette et Louis XVI s’améliore au fil du temps, sept années leur seront nécessaires pour consommer leur mariage. De la jeune dauphine à la reine du style, véritable icône de la mode, Marie-Antoinette impressionne rapidement par son charisme et son naturel. Elle va progressivement comprendre les codes et les secrets de la cour française et recréer totalement Versailles à son image : libre, indépendant et féministe ! Mais ses succès attisent jalousie et rivalité. Des pamphlets diffamatoires et des rumeurs persistantes sur sa vie privée viennent mettre à mal sa réputation. Il lui faudra beaucoup de courage et de dignité pour vaincre ses nombreux ennemis de la cour versaillaise.

Nouvelle incursion dans l’Histoire de France après la court du Roi Soleil dans Versailles, on est rendu cette fois un siècle plus tard, au moment de l’alliance entre l’Autriche et la France qui se solde par le mariage entre Marie-Antoinette et le petit fils de Louis XV, le Dauphin Louis XVI. L’ambition de la série dès les premiers instants est de clairement se positionner du côté de la future Reine de France, appelée à être détestée par son peuple au moins qu’il finira par l’exécuter en 1793. Mais plus on découvre l’histoire de cette Reine mal-aimée et plus on se rend compte qu’elle a surtout été le catalyseur d’un rejet de la Monarchie Absolue.

Solitude ! Voilà le mot qui semble le mieux correspondre à la Dauphine dans le premier épisode. A toutes les étapes, depuis son départ d’Autriche jusqu’à sa nuit de noces, c’est une jeune femme seule qu’on nous présente. Une jeune femme qui n’a, on le répète que 14 ans, quand elle est amenée à quitter son pays, seule, face à sa mère qui ne se retourne pas quand elle s’en va, utilisée comme une monnaie d’échange dans deal pour stabiliser les positions françaises en Europe. Le choix d’Emilia Schüle pour incarner Marie-Antoinette est vraiment judicieux tant l’actrice parvient à rendre compte de l’innocence et la naïveté d’une fille de son âge. Avec son futur époux le Dauphin, ils semblent d’ailleurs être les « 2 victimes » d’un mariage dont aucun ne veut, lui préférant se consacrer à la chasse. De l’autre côté, elle a sur les épaules le poids d’un système qui fait que, si cela échoue, ce sera de sa faute, quand bien même elle y mettrait du sien. Le premier épisode de la série est ainsi bouleversant car on assiste à la chute d’une femme dans la fosse aux lions où perversité, manigances se côtoient chaque jour. D’ailleurs, le générique de la série reflète bien le fait qu’elle soit totalement perdue, elle qui tente de se frayer un chemin dans un labyrinthe, telle Alice perdue au « pays des merveilles ».

Le second épisode est du coup assez déceptif. Les enjeux de court sont trop souvent réduits à des histoires de débauche, il n’y a pas un personnage qui ne semble pas dominé par des envies purement lubriques. Même Louis XV perd un peu de sa superbe, apparaissant trop souvent comme un vieux libidineux, aveuglé par les courbes de la Comtesse du Barry. Si cet épisode commence à dessiner les contours de sa future rivalité avec la Dauphine, puis Reine, réduire son origine au fait qu’elle soit une « putain » et que cela fait fuir la jeune Dauphine, est en ça un peu dommage.
Enfin, ce qui surprend dans ces deux premiers épisodes c’est l’absence totale du peuple français, que ce soit lorsque Marie-Antoinette arrive en France, ou à toute autre moment de l’action. Un choix qui ne fait qu’accentuer une femme claquemurée dans son Château, loin des considérations du peuple français, comme d’ailleurs à peu près tout le monde à la cours. La seule qui fasse preuve d’un semblant de morale est la princesse de Lamballe dont la relation très forte avec la dauphine se devine dès les premiers instants. Et on ne peut s’empêcher de penser à son terrible destin lors des massacres de septembre 1792.

A lire aussi : 5 éléments pour comprendre les années Lumières (1789-1792) (vl-media.fr)

En résumé ! Marie-Antoinette déroule une belle promesse d’intrigues et de rapports complexes qui doivent permettre à terme on l’imagine de conduire à la Révolution. Le ressenti est globalement bon mais on espère que la suite ne sera pas un enchaînement d’histoires de « c.. » pour parler familièrement et que sur la longueur, on puisse assister à un portait plus complexe et moins manichéen de la Reine de France.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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