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On a vu pour vous… Monarch, Legacy of monsters – le Monsterverse de Godzilla attaque en série

Monarch : Legacy of monsters porte parfaitement son titre et construit intelligemment une histoire de monstres, d’organisation secrète et d’héritage.

C’est quoi, Monarch : Legacy of monsters ? En 2015, Cate (Anna Sawai) qui est une survivante de l’attaque de Godzilla sur San Francisco, se rend à Tokyo suite à la disparition de son père (Takehiro Hira), présumé mort. A sa grande surprise, elle apprend que celui-ci avait une autre famille au Japon et découvre l’existence de son demi-frère, Kentaro (Ren Watabe). Mais ce n’est pas tout : tous les deux comprennent que leur père était lié d’une manière ou d’une autre à une mystérieuse organisation, Monarch. En cherchant plus d’informations, Cate et Kentaro vont s’associer à May (Kiersey Clemons) et à un ancien officier de l’armée, Lee Shaw (Kurt Russell), qui a contribué à la création de Monarch dans les années 1950. Ensemble, ils vont se trouver confrontés à des monstres et à Monarch, en plongeant dans le passé de l’organisation mais aussi dans celui de leur propre famille.

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Godzilla n’est pas un simple monstre, c’est un personnage-culte, une figure emblématique du cinéma et de la culture populaire. Il est apparu dans plusieurs films à partir des années 1950 et s’est créé récemment autour de lui (et de King Kong, autre… monstre sacré) tout un univers, baptisé le Monsterverse. Soit cinq films, de Godzilla en 2014 jusqu’à  Godzilla x Kong : the new empire prévu en 2024, auxquels s’ajoute aujourd’hui sur Apple TV la série Monarch ; Legacy of monsters

La série emprunte son titre à une organisation paramilitaire secrète vue notamment dans Godzilla, créée afin d’étudier et de combattre les « organismes terrestres non identifiés » (oui, ce sont les monstres, aussi appelés Titans).  Chronologiquement, l’action se situe au milieu du Monsterverse, en 2015, c’est-à-dire après le  G-Day – l’attaque de Godzilla sur San Francisco un an plus tôt, racontée dans le film éponyme. Figure également une référence directe à Kong :  Skull Island avec une scène en pré-générique se déroulant dans les années 1970 (et un bref caméo de John Goodman).

Monarch  se déploie sur deux plans temporels : pour nous, l’histoire commence au Japon en 2015, dans un monde qui se remet difficilement des attaques de Godzilla. Dans les lieux publics, tout est dédié à la sécurité en cas de nouvelles attaques, dans les villes des abris ont été construits pour les civils, les victimes sont durablement traumatisées par ce qu’elles ont vécu.  Cate, venue à Tokyo pour mettre en ordre les affaires de son père présumé mort, découvre l’existence d’un demi-frère, Kentaro, mais aussi l’implication de leur géniteur auprès d’une organisation secrète, Monarch. 

En parallèle, on découvre en flash-back les événements entourant la création de Monarch, avec Billy Randa (Anders Holm), la brillante scientifique Keiko Mira (Mari Yamamoto) et le militaire Lee Shaw (Wyatt Russell). Ce personnage fait le lien entre passé et présent, puisqu’il va faire équipe avec nos deux héros pour enquêter les opérations menées par l’organisation. 

A écouter aussi : Ghosts in the House (Les Manoirs Hantés en Musique) | Seriefonia | VL Média (vl-media.fr)

Lee Shaw, alias Kurt et Wyatt Russell. Tel père, tel fils

Monarch  s’empare du Monsterverse afin de construire autre chose. Quelque chose qu’on pourrait définir comme un thriller d’espionnage dans un monde où existent des monstres géants, et qui met aussi en lumière des liens et des événements, comble les vides entre les films, exploite un univers narratif emblématique pour en  approfondir le contexte. On voyage ainsi d’un continent à l’autre et d’une époque à l’autre, dans une aventure sans temps mort avec complot, enquête, traque… et oui, des monstres. Il y en a – des scènes spectaculaires et impressionnantes – mais Monarch choisit judicieusement de limiter leurs apparitions en jouant sur l’attente et l’anticipation. Ainsi, lorsque l’une de ces créatures entre en scène, elle marque vraiment les esprits. Il y a en outre une tension constante grâce à une atmosphère de menace permanente, et même lorsqu’ils sont absents de l’écran, les monstres sont présents émotionnellement. 

C’est aussi un élément qui permet aux différents épisodes de se concentrer davantage sur les personnages, parfois avec la légèreté de dialogues empreints d’humour et parfois avec plus de profondeur comme lorsque Cate est incapable de surmonter le traumatisme de la première attaque de Godzilla contre San Francisco, que Kentaro est confronté à un passé familial douloureux ou que Lee doit assumer les choix qu’il a fait dans le passé. En arrière-plan, Monarch : Legacy of monsters reprend l’idée de son titre, à savoir le concept d’héritage, de transmission, de lien. Le lien entre cette série et les films, le lien entre les deux chronologies, le lien entre les deux principaux protagonistes, les liens avec le père… Et même le lien entre deux des principaux acteurs, Kurt et Wyatt Russell qui incarnent respectivement les versions adulte et jeune de Lee Shaw, idée aussi brillante que réussie. 

Dans Monarch, il n’y a pas que des monstres… mais il y en a !

Enfin, Monarch reprend une caractéristique forte de certains des films de la franchise : la puissance de la métaphore. Au-delà des monstres et du spectaculaire, l’histoire s’ancre dans quelque chose de plus profond, distille un sentiment de paranoïa et de danger imminent, parle du poids d’un traumatisme collectif .  C’est ce que la série parvient à faire en équilibrant le côté narratif et le fantastique avec la recherche d’un niveau métaphorique pour parler de la société, de nos peurs refoulées, de la fragilité de la vie humaine, de la perte de contrôle face à la science, de la revanche d’une nature destructrice. Le monstre est un symbole qui renvoie à des peurs primales : celle du nucléaire dans les années 1950 et, aujourd’hui après le Covid, Monarch fait aussi écho à la peur d’une autre force incontrôlable. De sorte que les monstres, au final, ne sont pas forcément le plus effrayant dans l’histoire…

Comme les meilleurs films du genre, Monarch : Legacy of monsters s’empare des figures emblématiques de monstres (dont Godzilla) pour aller plus loin avec une histoire entre thriller d’espionnage, complot, reconstruction familiale, rédemption et récit métaphorique. Une série spectaculaire et intelligente portée par de très bons acteurs (mention spéciale au duo Russell), qui s’inscrit parfaitement dans le Monsterverse dont elle devrait enchanter les fans.

Monarch : Legacy of monsters
10 épisodes de 45′ à 55′
Le 17 Novembre sur Apple TV+.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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