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On a vu pour vous … The patient, huis-clos avec un psychopathe

Thriller psychologique tendu, The Patient confronte sur Disney+ un psychiatre au tueur en série qui le séquestre.

C’est quoi, The Patient ? Alan Strauss (Steve Carell) se réveille dans le sous-sol d’une maison inconnue, enchaîné à un lit. Brillant psychiatre, il a été enlevé par un de ses patients, Sam (Domhnall Gleeson), un jeune homme qui le consulte depuis quelque temps. Or, celui-ci a décidé de le séquestrer afin de pousser la thérapie plus loin et il lui révèle surtout ce qu’il ne lui a pas dit lors de leurs séances : Sam est un tueur en série. Et il veut arrêter, avec l’aide du psychiatre. Piégé et sans issue, Strauss est contraint de se prêter à cette étrange thérapie, s’il veut sauver sa vie. 

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Un homme se réveille, confus et groggy, enchaîné à un lit dans un endroit qu’il ne connaît pas. Ainsi commence The Patient, mini-série disponible sur Disney+.  Au cours de ces dix épisodes, Joel Fields et Joseph Weisberg (créateur de The Americans) nous enferment avec Steve Carell et Domhnall Gleeson dans un thriller psychologique angoissant, un huis-clos malsain entre un psychiatre et le patient qui le séquestre. 

D’un côté, Alan Strauss : éminent psychiatre, il voit défiler dans son cabinet toutes sortes de patients parmi lesquels Sam Fortner. Ce jeune homme, visiblement mal à l’aise, ne parle que de banalités et Strauss lui conseille alors de mettre un terme à la thérapie, ou de commencer à se confier. C’est cette option que va choisir Sam… en kidnappant le psychiatre et en le retenant enchaîné dans le sous-sol de sa maison.  Il lui révèle alors la vérité : il est un tueur en série, il veut arrêter mais ne parvient pas à maîtriser ses pulsions. Strauss a beau protester, Sam est intraitable : des séances intensives d’analyse, voilà la solution. Commence alors une thérapie particulière : tandis que Sam essaie de se dominer pour ne pas tuer sa prochaine victime, Strauss le pousse à parler de ses traumatismes d’enfance pour comprendre ce qui a fait de lui un assassin en série. Mais, enfermé et craignant pour sa vie, le psychiatre s’interroge aussi sur sa propre histoire et sur lui-même.

Alan Strauss, psychiatre séquestré par son patient

C’est un cross-over entre En Thérapie et Misery, Dexter dans le cabinet du Dr Melfi. L’idée de The Patient est simple, intrigante et efficace : des séances d’analyse entre un psychiatre et un tueur en série. Des entretiens qui pourraient être classiques – sauf qu’ici, tout est exacerbé. D’une part, parce que « le patient » du titre est un assassin psychopathe au psychisme complexe ; d’autre part, parce que tout ou presque se déroule dans un huis-clos étouffant entre les deux protagonistes ; enfin parce qu’il est clair dès le début que la vie du psychiatre dépend de l’échec ou de la réussite de son travail.  

The patient est portée par le suspense et la tension. Avec leur durée d’à peine 30 minutes, les épisodes ont juste l’espace idéal pour faire monter la pression, faire évoluer la situation dans une progression subtile, s’achever sur un cliffhanger magistral qui vous laisse sur des charbons ardents. Et si l’intrigue exsude l’angoisse et le suspense à chaque minute, la série est aussi surprenante dans la manière dont le drame le plus noir côtoie par moments un humour noir déstabilisant ou l’émotion la plus douce-amère. 

Tout repose sur les deux acteurs principaux, Domhnall Gleeson et Steve Carell. Le premier interprète brillamment Sam, un personnage d’autant plus fort qu’il repousse les limites de l’empathie chez le spectateur. C’est un tueur en série violent, parfaitement conscient de ses actes, mais qui sait que quelque chose ne tourne pas rond chez lui, et qui veut arrêter.  Et au fur et à mesure que l’on comprend l’origine de son comportement (les violences dont il a été victime, sa relation avec sa mère…), on est de plus en plus mal à l’aise. Ce type calme à la voix posée s’assoie dans un fauteuil pour évoquer son enfance brisée, ses blessures jamais cicatrisées… puis se métamorphose sous nos yeux en monstre glacial, capable de la pire des brutalités lorsqu’il est en proie à ses pulsions. 

Thérapie particulière pour patient psychopathe.

Quant à Carell, il est formidable dans le rôle de Alan Strauss. Terrifié mais faisant preuve d’un self-control impressionnant, il sait que sa survie dépend de l’issue de la thérapie. Mais la psychanalyse est aussi sa seule arme face à Sam. Puisqu’il n’a aucun moyen de le dominer physiquement, il ne lui reste que la parole pour le convaincre – d’arrêter de tuer, de lui laisser la vie sauve, de le libérer ou de se rendre aux autorités. Son salut passera-t-il par le succès de l’analyse, ou par la manière dont il peut s’en servir pour manipuler son patient ? Au fur et à mesure que la tension monte, Alan se dévoile aussi à nous et à lui-même : sa vie familiale est chaotique, sa relation avec son fils  Ezra (Andrew Leeds) est complètement dysfonctionnelle, il vit dans le souvenir des moments passés avec son épouse Beth (Laura Niemi) décédée d’un cancer, il s’interroge sur la pratique de sa religion juive, sur l’Histoire de son peuple et sur la place de la Shoah dans son inconscient. 

De façon symptomatique toutefois, la série perd de son acuité et de son mordant lorsqu’elle sort du huis-clos, quitte la pièce où est séquestré le psychiatre pour nous montrer Sam à son travail par exemple. Même chose lorsque apparaissent d’autres personnages. A l’exception de la mère de Sam qui joue un rôle déterminant, la présence des autres protagonistes affaiblit un peu le ton de la série, qui ne fonctionne jamais mieux que dans le face à face dramatique. 

Malgré quelques scènes légèrement en-deçà et quelques longueurs, The Patient est une réussite : intense et perturbante, portée par le formidable duo Steve Carell /  Domhnall Gleeson, avec des épisodes tirant partie de leur brièveté, elle construit une intrigue à vous couper le souffle. Et elle vous piège dès les premières minutes pour ne plus vous lâcher. Jusqu’à un dénouement dévastateur, dont on ne sort pas tout à fait indemne. 

The patient
10 épisodes de 30′ environ.
Sur Disney+

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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