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On débriefe pour vous… Cobra Kai, la suite de Karaté Kid

On retrouve les personnages principaux du film-culte des années 1980 dans cette suite, Cobra Kai, qui est plus qu’un simple clin d’œil nostalgique.

C’est quoi, Cobra Kai ? Trente ans ont passé depuis que Johnny (William Zabka) a affronté Daniel (Ralph Macchio) en finale d’un championnat de karaté. Aujourd’hui, Johnny est à la dérive : seul et alcoolique, il n’a plus de contact avec son fils adolescent. En revanche, Daniel est un homme d’affaires prospère, marié et père de deux enfants. Un soir, Johnny prend la défense d’un adolescent attaqué par une bande, et il décide de rouvrir le dojo Cobra Kai pour apprendre aux jeunes à se défendre en leur donnant des cours de karaté. Mais ses méthodes discutables vont raviver la vieille rivalité jamais éteinte qui l’oppose à Daniel. 

Film-culte des années 1980, Karaté Kid a donné lieu à trois suites (et à un remake dispensable en 2010) ; les personnages sont revenus à la vie sur YouTube en 2018 dans la série Cobra Kai qui, grâce au bouche à oreille, n’a pas tardé à connaître un certain succès. De sorte que suite à l’abandon par YouTube de ses productions originales, Netflix a repris les deux saisons existantes – avant d’en commander une troisième, disponible l’année prochaine, et même une quatrième. 

Ça ne nous rajeunit pas : trente ans après les événements de Karaté Kid, Daniel et Johnny ont vieilli et ont suivi des trajectoires différentes. Le premier est un concessionnaire automobile prospère et un père de famille heureux tandis que le second se noie dans l’alcool, enchaîne les petits boulots et vit dans la nostalgie des années 1980. Mais lorsqu’un adolescent se fait malmener sous ses yeux, Johnny prend sa défense. Décidant de donner des cours de karaté aux jeunes du quartier, il rouvre le dojo Cobra Kai où il leur apprend à cogner impitoyablement sans s’embarrasser de la philosophie de vie qui accompagne cet art martial. C’est ce qui va inciter Daniel, convaincu que Johnny est resté la même brute qu’autrefois, à se dresser contre lui. 

Johnny vs Daniel, trente ans après

Précisons d’abord qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vu Karaté Kid pour regarder Cobra Kai. Si on passe à côté de certaines allusions, quelques flashback permettent de saisir l’essentiel ; si la série joue sur la nostalgie, elle poursuit l’histoire et développe surtout de nouvelles intrigues.  Enfin, si les mots dojo, atemi ou ippon sont du… Chinois pour vous, peu importe car le karaté est avant tout une toile de fond pour raconter les rivalités, l’évolution personnelle et les défis que sont amenés à relever les  personnages. 

La série reprend une dynamique classique (notamment présente dans le film) avec le personnage de Miguel : cet adolescent malmené par ses camarades va prendre sa revanche et apprendre à s’affirmer grâce au karaté, qu’il apprend au sein du dojo Cobra Kai. Johnny y prend sous son aile ce jeune homme fragile, mais aussi d’autres jeunes en difficulté que lui-même aurait pourtant certainement harcelés au lycée. Ce sont des garçons et des filles (fait notable)  malmené(e)s par les brutes de leur établissement ; ils doutent d’eux-mêmes, souffrent de dépression, ont du mal à assumer leur apparence physique ou une sexualité différente de la norme prédéfinie. Et à leur contact, Johnny va devenir plus humain, plus sensible et compréhensif. 

Dans cet extrait de How I met your mother, Barney Stilson nous l’avait dit : le héros de Karaté Kid, ce n’est pas Daniel mais Johnny.  Cobra Kai assume totalement ce point de vue et inverse les rôles : c’est sur Johnny (formidable William Zabka) qu’est centré le récit, dans un renversement des rôles surprenant. A travers lui, Cobra Kai est presque une histoire de rédemption : celle d’un loser aux airs de dur à cuire, antipathique mais pourtant plein de fragilités qui cherche à devenir quelqu’un de meilleur. Et c’est Daniel (Ralph Macchio est aussi très bon), arc-bouté sur ses certitudes et plein de ressentiment, qui endosse le rôle de l’antagoniste en se montrant prêt à tout pour contrecarrer son ancien ennemi. Mais les deux hommes, complexes et de plus en plus profonds, évoluent en fonction de l’intrigue, du contexte et de leur parcours respectif. Cobra Kai réactive leur vieille rivalité d’une façon différente, dans une perspective moins manichéenne.  

Avec ses épisodes d’une demi-heure, Cobra Kai  se regarde à toute allure. Il y a des aspects moins réussis : on bascule dans le teen drama avec un triangle amoureux basique et peu intéressant entre Miguel, Samantha (la fille de Daniel) et Robby (le fils de Johnny) ; les scènes de bagarre ou de combat (évidemment, il y en a !) ne sont pas toujours parfaitement intégrées au récit ; l’intrigue elle-même reste prévisible… Mais peu importe, car l’ensemble fonctionne très bien. 

Johnny prend Miguel sous son aile

D’autant que Cobra Kai trouve un équilibre parfait entre références aux films et réinvention de ceux-ci. Oui, la série joue sur la nostalgie avec des allusions, la présence de l’ancien mentor de Johnny, un hommage au personnage de Miyagi et une bande-son géniale pleine de AC/DC, Queen et autres classiques rock années 1980 ; mais elle revisite aussi complètement le scénario en actualisant des thèmes et des trames déjà présents dans les films, en développant d’autres intrigues et en approfondissant les personnalités de Johnny et Daniel. De sorte qu’on peut y retrouver beaucoup de ce qu’on a aimé dans Karaté Kid, mais aussi apprécier cette suite en tant que série à part entière. 

Cobra Kai, suite des films Karaté Kid, est une excellente surprise. A la fois divertissante et intelligente, toujours légère et parfois émouvante, elle glisse des références aux films tout en proposant une histoire à part entière. Avec d’anciens et de nouveaux personnages, Cobra Kai réussit le tour de force de s’adresser autant à ceux qui ont vu les films qu’aux autres : dans les deux cas, c’est une histoire sympathique et prenante, qui mérite vraiment le coup d’œil. Après deux rounds très réussis, reste à attendre le troisième – sur Netflix l’année prochaine.

Cobra Kai (Netflix)
2 saisons de 10 X 30′.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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