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On débriefe pour vous… The end of the f *** king world, suite et fin de la comédie noire adolescente

The end of the f *** king world se termine avec une deuxième saison qui n’était peut-être pas indispensable mais qui fonctionne extrêmement bien.

C’est quoi, The end of the f***ing world (Saison 2) ? Le road trip de James (Alex Lawther) et Alyssa (Jessica Barden) s’était interrompu brutalement quand, traqués par la police suite au meurtre du professeur Clive Koche pourtant commis en légitime défense, ,les deux jeunes gens étaient interceptés sur une plage et qu’un coup de feu éclatait… Deux ans plus tard, on ignore ce qu’il est advenu de James. En revanche, la vie d’Alyssa a totalement changé : elle a déménagé, travaille comme serveuse et s’apprête à se marier. En apparence, elle a réussi à se reconstruire ; en réalité, elle reste marquée par les événements. Et le passé va la rattraper lorsque Bonnie, déterminée à se venger, retrouve sa trace… 

Série d’abord apparue sur Channel 4 avant d’être diffusée sur Netflix en 2017, The end of the f***ing world était une surprise, une petite série délicieuse à laquelle on ne s’attendait pas. La comédie dramatique créée par Charlie Covell (d’après la  bande dessinée de Charles S. Forsman) nous avait séduits avec ses deux adolescents cyniques et désabusés, entre road trip déjanté et histoire d’amour atypique. La première saison suivait fidèlement le roman graphique et se terminait quasiment de la même manière, de sorte que l’annonce d’une suite – nécessairement inédite – avait quelque peu surpris. 

Au terme des 8 nouveaux épisodes, on se dit que cette deuxième saison n’était pas forcément indispensable, mais on est satisfait qu’elle ait lieu. A fortiori parce que nous avions quittés nos deux personnages dans une situation qui laissait en suspens plusieurs interrogations auxquelles la série tente de répondre. Qu’allait-il advenir de  Alyssa? James avait-il survécu ? Et dans ce cas, leur histoire d’amour si particulière avait-elle un avenir ? 

James et Alyssa, comme Roméo et Juliette. Ou Bonnie and Clyde

Lorsque commence cette saison, la vie de Alyssa a radicalement changé. Elle a déménagé avec sa mère dans un trou perdu, travaille comme serveuse dans le restaurant de sa tante et s’apprête à épouser Todd (Josh Dylan), un type banal qu’elle vient de rencontrer. Mais derrière cette petite vie normale, Alyssa cache l’état d’apathie dans lequel elle est tombée depuis le jour où elle a été séparée de James. Elle nous apparaît comme un fantôme, résignée avec sa douleur refoulée et son regard perdu dans le vide.

On s’y attendait quand même un peu : James a survécu à la fusillade, reste marqué physiquement après une longue convalescence mais aussi psychologiquement. Lui qui était persuadé d’être un psychopathe a vu ses fantasmes meurtriers voler en éclats suite à sa rencontre avec Alyssa, qui l’a éveillé à des sentiments qui lui étaient inconnus. Seul l’espoir de la retrouver lui a permis de tenir, jusqu’au moment où la mère de la jeune femme lui demande de rester loin d’elle. Les trajectoires des deux personnages ne devraient donc plus se croiser. C’est compter sans l’apparition d’une nouvelle venue…

Pour une raison qu’on vous laisse découvrir, Bonnie (Naomi Ackie) vient de purger une peine de prison et est déterminée à se venger de James et Alyssa. La jeune femme faisait déjà  une entrée fracassante dans la bande-annonce où elle apparaissait, un pistolet dans une main et une coupure de presse montrant la photo d’Alyssa dans l’autre. Avant de la lancer aux trousses de nos héros, The End Of The f***ing World consacre le premier épisode  au récit de son passé pour comprendre ses traumatismes d’enfance, la manière dont elle s’est construite, ses motivations, les raisons pour lesquelles elle est enfermée dans sa colère et sa haine, la manière dont son destin est lié à ceux de nos deux héros. 

Bonnie rejoint le f***ng world de James et Alyssa

Sur la forme, la série reprend peu ou prou l’idée du road trip en huit épisodes d’une vingtaine de minutes, parfaits pour une soirée de binge watching. The end of the f***ing world renoue aussi avec un ton et une atmosphère bien particuliers, équilibre parfait entre teen drama, thriller et comédie noire avec ces personnages aux réparties cyniques, qui ponctuent chacun à leur tour le récit en voix off . La mise en scène, toujours efficace, est aussi bourrée de clins d’œil à des classiques du cinéma (citons Psychose ou Kill Bill pour les plus évidents) et portée par une bande-son géniale notamment signée par Graham Coxon de Blur.

Sur le fond, The end of the f***ing world est subtilement différente. Le récit a un peu perdu du rythme effréné qui le caractérisait, accordant plus de place à l’introspection et l’évolution des personnages. Alyssa et James semblent plus conscients et plus lucides sur leurs sentiments, leurs blocages et leurs douleurs respectives, alors qu’ils doivent assumer les conséquences de leur fuite avortée vers la liberté. La série raconte leur histoire – et celle de Bonnie – en les confrontant à la solitude, aux regrets et au deuil, montre ces personnages socialement inadaptés, désenchantés face à un monde perçu comme aberrant, insipide et dénué de sens. Un f***ing world, en somme, où ils cherchent leurs places et où, ensemble, ces trois-là vont évoluer, se (re)construire et parvenir à tourner la page. Et mettre un point final à leur histoire – puisque Netflix a officiellement annoncé qu’il n’y aurait pas de troisième saison.  

The end of the f***ing world achève ainsi un récit prenant, avec ces deux adolescents désabusés et amers aux réparties délicieusement cyniques. S’il manque inévitablement l’effet de surprise et la fraîcheur de la nouveauté que la série avait su distiller au cours de sa première saison, elle n’en reste pas moins séduisante avec sa noirceur et sa violence compensées par son ironie, mais aussi un maelstrom d’émotions et une histoire d’amour aussi belle qu’atypique. Poursuivre l’histoire de James et Alyssa  n’était pas forcément indispensable, mais c’est une belle manière de quitter ces personnages. 

The end of the f***ing world (Netflix)
Saison 2 – 8 épisodes de 22′ environ

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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