Tony & Ziva font leur retour dans le nouveau spin-off de NCIS qui les envoie en cavale à travers l’Europe sur fond de thriller conspirationniste.
C’est quoi, NCIS : Tony & Ziva ? Après avoir quitté le NCIS, Tony DiNozzo (Michael Weatherly) et Ziva David (Cote de Pablo) sont restés amis même si le couple s’est séparé. A Paris, ils élèvent ensemble leur fille Tali et tentent de construire une forme de normalité après une vie faite de missions, de mensonges et de pertes. Mais lorsque la société de cybersécurité fondée par Tony est attaquée par une organisation inconnue, Ziva et lui-même deviennent suspects, accusés de vol et de conspiration. Contraints de fuir, traqués à travers l’Europe, ils vont devoir faire équipe à nouveau pour tenter de démanteler le réseau qui les vise, prouver leur innocence et protéger leur enfant.
Après Los Angeles, Sydney, New Orleans ou encore le prequel consacré à Gibbs, le nouveau spin-off de NCIS rappelle Tony & Ziva, deux personnages emblématiques de la série d’origine. Pensée comme une mini-série de dix épisodes pour Paramount+, la série marque un tournant dans l’univers NCIS. Pour la première fois, la franchise abandonne la structure procédurale de « l’affaire de la semaine » pour se concentrer sur un seul arc narratif et un seul duo central – toujours magnifiquement interprété par Michael Weatherly et Cote de Pablo.
On aime
Le showrunner John McNamara a expliqué avoir conçu la série comme un récit hybride, mêlant espionnage, drame psychologique et comédie romantique atténuée – comme une sorte de Mr and Mrs Smith, version NCIS. Et indéniablement, le mélange fonctionne. Sur la base d’un thriller prenant pour point de départ la menace d’une organisation mystérieuse utilisant les nouvelles technologies pour mentir, manipuler, voler et utiliser des informations sensibles, la série offre de formidables scènes d’action (courses poursuites, fusillades, explosions, évasion de prison…), un fond conspirationniste d’espionnage efficace et les touches d’humour auxquelles nous a habitué DiNozzo, avec son détachement et son second degré. A cela s’ajoute une dimension émotionnelle et introspective aussi bienvenue qu’inattendue, à mesure que la série plonge dans l’histoire du couple qu’il forme – ou qu’il a formé – avec Ziva.
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Si la série fonctionne, c’est d’ailleurs avant tout grâce à l’alchimie intacte entre Michael Weatherly et Cote de Pablo. Le récit est volontairement resserré autour d’eux : tout converge vers Tony et Ziva — leur histoire, leur enfant, leur avenir incertain. Leur complicité n’est plus celle d’un flirt léger, mais celle de deux personnes qui se connaissent trop bien pour s’illusionner. Tony conserve son humour ironique, devenu mécanisme de défense. Ziva est plus silencieuse, plus tendue, marquée par un stress post-traumatique que la série aborde avec retenue. Leur fuite à travers l’Europe devient une forme de thérapie involontaire : ils doivent coopérer pour survivre, tout en affrontant leurs échecs passés, les malentendus et les non-dits. Et contrairement à la plupart des spin-offs renouant avec d’anciens personnages, Tony & Ziva ne repose pas sur la simple joie ou nostalgie des retrouvailles. La série ne cherche pas à revenir en arrière, mais à explorer ce que deviennent les héros… lorsqu’ils ne sont plus des héros. Malgré de nombreux flashbacks contextualisant la relation des deux protagonistes, les retours en arrière ne sont pas des clins d’œil gratuits : ce sont des fragments qui éclairent les blessures encore ouvertes. La structure temporelle fragmentée transforme le passé en problématique prégnante, qui interfère sans cesse avec le présent.

On aime moins
Même si l’action ne ralentit jamais et que de nombreux rebondissements inattendus viennent jalonner l’histoire, le récit est inégal. Entre un départ tonitruant à Paris et un final haletant, Tony & Ziva s’enlise parfois dans des épisodes moins inspirés, plus prévisibles, qui marquent une nette baisse de régime.
En outre, le récit est naturellement centré sur Tony et Ziva – peut-être trop. Les personnages secondaires, dont certains pourtant potentiellement intéressants, sont largement éclipsés par le duo principal. Au point qu’on a même du mal à retenir leurs noms, à l’exception de Boris (Maximilan Osinski), hacker russe et allié inattendu de nos héros.
Mais surtout, NCIS : Tony & Ziva est une série légèrement frustrante. On sent l’ambition d’élargir le récit, de faire un pas de côté par rapport aux autres déclinaisons de la franchise et à la série originelle, d’explorer de nouveaux territoires plus symboliques. Pourtant, l’usage des métaphores — la fuite comme incapacité à se poser, la surveillance comme dissolution de l’intimité, l’Europe comme nouveau terrain de jeu — reste plus conceptuel que réellement incarné. Même la tonalité émotionnelle se dilue au milieu des scènes d’action. Comme si la série restait partiellement prisonnière des mécanismes qu’elle cherchait à dépasser, elle s’appuie largement sur ces ressorts familiers. Comme si elle préférait rester dans une zone de confort maîtrisée plutôt que de risquer une véritable rupture narrative et assumer jusqu’au bout ses ambitions.
On regarde si… on est enthousiaste à l’idée de retrouver Tony et Ziva, et de les découvrir sous un angle plus intime; si on aime les thrillers d’action / espionnage classiques mais bien faits ; si on est un inconditionnel de NCIS et ses séries dérivées.
On ne regarde pas si… on ne supporte pas le cabotinage de DiNozzo ; on ignore qui sont Tony et Ziva ; on aimerait être surpris par une série qui casse ses propres codes ; on en a ras-le-bol de toutes ces déclinaisons de NCIS.