Christa Pike, une Américaine de 50 ans condamnée à mort, a survécu à la peine de mort. Ses bourreaux lui ont administré deux injections supposées létales qui n’ont pas suffi à abattre la femme condamnée pour meurtre.
C’est une nouvelle que l’on ne voit pas passer souvent. Christa Pike a survécu à la faucheuse. Condamnée à la peine de mort après le meurtre de sa camarade de classe Colleen Slemmer en 1995. Pour la première fois depuis plus de 200 ans, l’état du Tennessee allait exécuter une femme. Il faudra encore attendre.
Le détail des faits
La mise à mort a commencé mercredi 30 septembre à 19h27 (01h27 heure française). Des journalistes, son avocat et des associations anti-peine de mort étaient présents en qualité de témoins. Les rideaux de la chambre mortuaire se tirent et une première dose létale est administrée à Christa Pike. Mais rien ne se passe comme prévu. L’Américaine reste consciente et demande au responsable de la prison s’il est normal que son bras soit dans cet état.
À 20h26, elle est piquée une deuxième fois… mais toujours rien. Les témoins rapportent que la détenue ronflait au moment où les micros reliant la salle d’exécution aux témoins ont été coupés, il était 20h53. Christa Pike est en vie, elle est dans la foulée emmeneé à l’hôpital pour des soins. « Ce qui est arrivé est singulier et sans précédent » a relevé Robin M. Maher, directrice générale du Centre d’information sur la peine de mort. Cette exécution aurait dû être la trentième depuis le début de l’année aux États-Unis
Quel est le produit utilisé pour donner la mort ?
C’est avec du pentobarbital que Christa Pike devait être exécutée. Ce produit est un médicament de la famille des barbituriques qui sont des dépresseurs du système nerveux central qui réduisent l’activité cérébrale. C’est seulement avec une dose très élevée que le pentobarbital peut entraîner une perte de conscience profonde, une dépression respiratoire et un arrêt cardiovasculaire mortel. Dans le Tennessee, ainsi que dans d’autres états, le pentobarbital est utilisé seul pour donner la mort. En général, ce produit est couplé à un sédatif, un agent paralysant et un produit visant à provoquer l’arrêt cardiaque.
Comment Christa Pike a-t-elle survécu ?
La question se pose tant la situation est inédite. Le Centre d’information sur la peine de mort avance plusieurs points qui peuvent expliquer que Christa Pike soit encore en vie. La difficulté que les agents ont eu à accéder aux veines et des veines rompues serait la principale cause de l’échec. Les autorités n’ont pas révélé les détails des doses administrées non plus. Il est possible que le pentobarbital était détérioré au moment des deux injections.
En mai dernier Tony Carruthers, autre condamné à mort dans le Tennessee avait lui aussi échappé à la peine de mort. Cette fois ci aucune injection n’a été faite car l’équipe d’exécution n’est pas parvenue à établir la voie intraveineuse secondaire exigée par le protocole. La mise à mort a été arrêtée après environ 1 h 30 de tentatives.
Aux États-Unis d’autres méthodes sont utilisées pour les peines de mort. Certains états utilisent la chaise électrique ou l’asphyxie à l’azote. Dans de très rares cas la pendaison, la chambre à gaz et l’exécution par balle peuvent être utilisés. L’injection létale reste le moyen privilégié à travers les états usant de la peine de mort. En attendant une exécution du même type que celle de Christa Pike a été suspendu dans le Tennessee.