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Porte de la Villette : Les ravages du crack dans la capitale

De Stalingrad à la Porte de la Villette, le crack est une drogue qui gangrène les rues de Paris. Plusieurs opérations d’évacuation ont été organisées pour déloger les toxicomanes des voisinages du nord de la capitale. Néanmoins, leurs addictions persistent et le même problème demeure

Le 24 septembre, le préfet de police de Paris, Didier Lallement a décidé de déloger les toxicomanes du secteur des jardins d’Eole et du quartier Stalingrad. L’objectif a été de regrouper les “toxicomanes de Stalingrad” dans lieu éloigné de tout voisinage. Ils ont donc été déplacés à côté de la place Auguste Baron, porte de la Villette. Néanmoins, plusieurs questions persistent face à cette crise sanitaire qui touche plusieurs centaines de personnes. Est-il utile de déplacer les toxicomanes sans essayer de les aider ? Ne devrons-nous pas essayer de comprendre le problème au lieu de le cacher ? Est-ce vraiment efficace d’utiliser la répression face à une question sanitaire et sociale ?

La plupart de ces questions restent sans réponse… Il est vrai que les toxicomanes de la capitale posent un problème d’ordre public. Leur présence dans certains quartiers effraie les résidents. Elle affecte aussi énormément leur quotidien et leur sentiment de sécurité. Néanmoins, il semble inutile de les déloger sans essayer de les aider. Déplacer le problème d’une zone à une autre ne semble pas être une solution sur le long terme.

De Stalingrad à Stalincrack

Dans le quartier de Stalingrad, la situation dans les jardins d’Éole posait énormément de problèmes au voisinage. À tel point que le quartier avait été renommé Stalincrak car, les rues “étaient de plus en plus dangereuses” à cause de la vente et la consommation de crack. Plusieurs agressions y avaient eu lieu, certains usagers y avaient aussi trouvé la mort pour cause d’overdose.

Les riverains se sont révoltés. Ils ont utilisé les réseaux sociaux comme moyen pour se faire entendre. Ils ont publié des vidéos choquantes mettant en scène “les toxicomanes du coin”. Ainsi, ils expliquaient que leur quotidien était insupportable.

Parce que partager leurs rues avec les toxicomanes était devenu impossible, les habitants du quartier de Stalingrad ont réussi à se faire entendre. . Sortir avec des enfants dans la rue n’était même plus un plaisir. Certains disent avoir essayé de vendre leur appartement sans y arriver car, personne ne voulait habiter dans le quartier.

C’est pourquoi les toxicomanes ont été délogés en septembre dernier pour être installés à la Porte de la Vilette.

Le problème du crack dans la capitale

Que cela soit à Stalingrad ou Porte de la Villette le problème sanitaire reste le même. Ces toxicomanes représentent des centaines de personnes qui s’abandonnent dans la consommation de cette drogue. La consommation de cette substance devient tout ce qu’ils leur restent et ils se livrent à la misère et la précarité. Dans cet état-là, la cohabitation avec un voisinage est impossible.

Les consommateurs de cette drogue ont tous des histoires très différentes. Ils expliquent tous leur dépendance de façon distincte. Certains après une enfance difficile, d’autres après la perte d’un emploi. Ce qui les lie est justement leur misère et leur addiction qui les empêche d’avancer. Cela créait un tel écart avec le reste de la population qu’une solution doit être trouvée. Mais la répression est-elle vraiment celle adéquate ?

Le projet de salle de shoot

La première salle de shoot a été ouverte en 2016 par l’association Gaia. Elle offre la possibilité aux usagers de se procurer des seringues et garrots pour faciliter leurs injections. Le problème est que cette solution affecte aussi la vie du voisinage. Plusieurs manifestations ont eu lieu au sein de la capitale. Elle avait pour objectif de montrer la réticence des riverains et les risques que cela pouvait engendrer.

Les salles de shoot peuvent être une solution à court terme cependant la majorité des problèmes restent les mêmes dans ces conditions. Les riverains ne se voient pas offrir le “calme” dans leur quartier. Pour les usagers, bien que leur consommation soit encadrée, cela n’est pas une solution pour mettre fin à leur addiction.

Cette crise sanitaire soulève donc beaucoup de questions. Comment pourrions-nous accompagner les consommateurs dans leur addiction et les aider à en sortir ? Comment faire cela en dehors de la capitale ? Faut-il créer un lieu isolé dans lequel ils sont traités ? Le pouvoir devra essayer de trouver une solution efficace sans qu’elle soit basée sur la répression du consommateur. Cela ne ferait que transformer le problème sans le résoudre.

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