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Pour faire un générique #1 : The Dark Crystal : Age of Resistance

Disponible sur Netflix, The Dark Crystal Age of Resistance nous offre une partition sublime que l’on vous fait découvrir aujourd’hui.

Cette semaine, SérieFonia entreprend la grande Conjonction de deux époques que l’on pourrait croire diamétralement opposées. Et pourtant… bien que quelques 37 Trines les séparent, les millésimes 1982 et 2019 de Dark Crystal se savourent avec la même ferveur, la même âme, la même passion, d’aujourd’hui comme celle d’antan, en une phénoménale courbure du temps, où film des années 80 et série de l’Aube de 2020 co-existent en une aussi fantastique qu’inespérée harmonie d’inventivité et de sombre féérie. 

Nous lui avons déjà consacré une pastille la saison dernière : c’est Trevor Jones qui a eu la chance de créer l’univers musical de celui parallèlement imaginé par le réalisateur Jim Henson et le designer Brian Froud. Fait rarissime dans l’industrie, le compositeur a été contacté puis engagé par Henson en personne avant même que le scénario du film ne soit totalement bouclé. Discussions préparatoires, dessins de conception, fabrication des marionnettes, tournage en lui-même… Il a ainsi pu s’imprégner d’absolument chaque étape pour mieux comprendre et assimiler toute l’étendue de cette entreprise sans précédent : à savoir proposer un authentique long-métrage de Fantasy, sans qu’aucun humain n’intervienne à l’écran. Face à ce redoutable pari, un seul choix s’est vite imposé : celui du recours aux sonorités d’une partition quant à elle résolument classique pour mieux contraster avec la déferlante d’audaces visuelles prenant soudainement vie à l’écran. 

Trevor Jones a eu à cœur de faire en sorte que l’ensemble de ses mélodies (quasiment une par groupe de personnages) puissent fusionner les unes avec les autres tout en répondant parfaitement à la tessiture de son imposant et immédiatement identifiable « Main Title »… À l’image de John Williams sur Star Wars ou de Howard Shore sur Le Seigneur des Anneaux, il a construit sa partition en revendiquant une forme aboutie de narration musicale revendiquée ; rendant une écoute seule et hors contexte toute aussi pertinente qu’au sein du film… ou de la série d’ailleurs. Ces quelques notes ayant, pas si naturellement que ça, su trouver leur chemin vers la toute nouvelle production co-signée pour Netflix par la Jim Henson Compagny et le réalisateur Louis Leterrier…

The Dark Crystal : Age of Resistance est d’ores et déjà devenu un chef d’œuvre intemporel. Un de ces petits miracles qui, espérons-le, n’arrivera d’ailleurs pas qu’une fois. Combinant à merveille une intrigue riche et complexe, servie par une hallucinante diversité de personnages dignes de Game of Thrones et des séquences aussi intenses et gores qu’il soit « marionnettement possible de l’être » ; ces dix heures de « cinéma comme on n’en fait plus même à la télévision » mettent littéralement les spectateurs d’hier et d’aujourd’hui à la renverse, même si… même si… rare concession aux codes télévisuels contemporains… Aucun générique n’est malheureusement ici à signaler.

Et oui, car même si le compositeur Daniel Pemberton – que vous connaissez peut-être pour avoir œuvré sur le King Arthur : Legend of the Sword de Guy Ritchie ou sur le récemment oscarisé Spider-man : Into the Spider-Verse – parvient, tout de même, à glisser quelques bribes du thème de Trevor Jones en tout début et en toute fin de série – histoire de dire, quoi – il doit se contenter de la seule apparition d’un carton-titre différent pour chaque épisode et, par définition, castrateur de toute indentification musicale véritable. Bon… OK… Ca ne l’a pas empêché d’écrire le très inspiré et inspirant motif de « Song of Thra »…

Face à l’ampleur de la tâche, il a été rejoint en cours de route par Samuel Sim (à qui l’on doit, par exemple, les partitions pour les Maigret mettant en vedette Rowan Atkinson depuis 2016, ou encore la sublime adaptation d’Emma, d’après Jane Austen, pour la BBC en 2009). Et c’est ce dernier qui a notamment proposé le nouveau thème des Mystics… ou encore, le morceau qui accompagne celle qui est immédiatement devenue l’une de mes scènes préférées : « A New Crown » ; lorsque l’auto-proclamée All-Maudra – Seladon – choisi douloureusement la voie des Skeksis plutôt que celle de ses ancêtres… 

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Journaliste spécialiste des musiques de films et de séries sur VL
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