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Pourquoi il faut aller voir Dofus Livre 1 : Julith

Après avoir développé des jeux vidéo aux univers graphiques particulièrement bien fournis (Dofus, Wakfu), Ankama revient à l’attaque et nous propose un film d’animation beau et punchy réalisé par le directeur du studio Anthony Roux et Jean-Jacques Denis.

Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que Dofus ne se situe pas dans la même catégorie que les films oniriques de Hayao Miyazaki ou Mamoru Oshii. C’est en tant que divertissement qu’il faut l’aborder et, si le cœur vous en dis, de le juger.

Du jeu à l’écran

À la sortie de la salle, le constat s’impose : Dofus en met plein les mirettes. L’univers coloré et vivant rend le film immersif, d’autant plus qu’il n’est absolument pas nécessaire de connaître l’histoire du jeu en amont pour comprendre l’action : tout est intelligemment expliqué dans le premier quart d’heure.

Premier constat qui saute aux yeux, ça sent bon le Japon. Entre flash et animation traditionnelle, l’aspect technique est irréprochable. Les créatifs de l’équipe d’Ankama ont décidé d’assumer jusqu’au bout leurs inspirations japonaises – les spectateurs avisés pourront s’amuser à chercher les références. Les nombreuses séquences de combats, sakuga à la française renforcés par un montage très soutenu, raviront les yeux de tous. La maîtrise de la temporalité de l’animation donne au spectateur un retour sensoriel puissant voir jouissif dans les scènes d’action. L’alternance de plans « plats » et de plans à perspectives délirantes confère au film un dynamisme à toute épreuve.

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On ne se perd jamais entre les différents personnages qui sont pour une petite partie plus complexes qu’ils n’y paraissent. Leur identité à l’écran est portée par des doublages de très bonne facture. On peut notamment souligner la performance de Jean-Claude Donda qui rend le personnage de Kérubim particulièrement attachant. Certains personnages sont peut-être un peu trop lisses – on peut penser à Khan et Lilotte relégués aux rôle du bouffon beau gosse et de la meilleure amie.

Enfin on peut se réjouir que l’équipe ait inséré quelques ingrédients assez osés qu’on ne retrouve presque plus dans le cinéma d’animation français, et dont on ne gâchera pas la surprise.

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Un élan à soutenir

Qu’on ne s’y trompe pas, Dofus n’est pas un film parfait pour autant. Certaines choses peuvent vous faire un peu grincer des dents. L’humour n’est en effet pas le fer de lance du film et il ne plaira pas à tout le monde. Tantôt potache, tantôt déluré, on y retrouve ce comique slapstick cartoonesque hérité de la japanimation. Cela dit, pour les amateurs d’humour au 36ème degré, vous serez bien servis !

Enfin, le point qui est sûrement celui qui a fait couler le plus d’encre : le manque de plans contemplatifs qui auraient pu reposer le cerveau d’une certaine presse trop peu habituée à ce genre d’univers. L’action semble ne jamais s’arrêter, il n’y a pas de véritable temps de pauses et ce qui peut être dérangeant pour un spectateur non initié. Victime d’un accueil critique sévère, Dofus doit aussi faire son chemin dans l’actualité ciné surchargée de ce début d’année.

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Et pourtant. Dofus regorge d’animateurs et de créatifs français talentueux qui ont fait leurs preuves en France et dans le monde entier comme Yoshimichi Tamura. Notons qu’une partie de l’équipe est passée par la prestigieuse école des Gobelins. Ces mêmes artistes encensés par la presse à la sortie de l’école se font maintenant poignarder dans le dos par une partie de la critique. En effet, Dofus s’adresse en grande partie à la jeunesse et il ne peut être entièrement compris que par cette même jeunesse qui est traversée par la culture internet, des jeux vidéo et de la japanimation. Autant de clefs de lecture à maîtriser pour espérer entrer dans un film fourmillant de bonnes idées.

C’est ici une nouvelle page de l’animation française que cette fine équipe est en train d’écrire, un nouveau style influencé autant par l’animation américaine, française que japonaise. Un parfait mélange multiculturel qui ouvre de belles perspectives de renouveau. Il ne reste plus au public qu’à se mobiliser en masse en allant voir Dofus au cinéma pour soutenir cette prise de risque de jeunes artistes ambitieux !

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Dofus – Livre 1 : Judith est distribué au cinéma depuis le 3 février 2016.

Article de Sébastien Semo

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