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Prise d’otage en direct à la télé : que se passe-t-il en Équateur

©BFMTV

En Équateur des hommes armés ont pris en otage des journalistes à la télévision en direct. Le président, Daniel Noboa, a déclaré que l’État était en « conflit armé interne« .

Vous l’avez sûrement vu à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Mardi 9 janvier, un groupe d’hommes armés et cagoulés a fait irruption sur le plateau de TC Television, une chaîne publique équatorienne. Sur les images diffusées, on entend une femme crier « Ne tirez pas, s’il vous plaît, ne tirez pas ! » . Cet événement intervient alors que le pays est en état d’urgence suite à l’évasion de l’ennemi public numéro 1.

« Conflit armé interne »

La crise sécuritaire en Équateur est survenue après l’évasion d’Adolfo Macias, dit « Fito », à la tête du plus important gang de narcotrafiquants du pays. Selon les autorités, ce groupe nommé Los Choneros rassemble environ 8 000 hommes. En prison, sa fuite a entraîné de nombreuses mutineries et prises d’otages de gardiens. Il avait été transféré à la prison haute sécurité de la Roca dans la ville de Guayaquil. L’homme avait été condamné à 34 ans de prison pour assassinat et trafic de drogue.

Depuis, les tensions au sein du pays ne font que s’intensifier. Le chef d’État, Daniel Noboa a décrété « l’état d’urgence » lundi. Il a annoncé que l’Équateur était en « conflit armé interne ». Un conflit a déjà fait au moins 10 morts. En réponse, le gouvernement a ordonné « la mobilisation et l’intervention des forces armées et de la police nationale… Pour garantir la souveraineté et l’intégrité nationale contre le crime organisé, les organisations terroristes et les belligérants non-étatiques ».

Daniel Noboa a commandé la « neutralisation » des organisations criminelles. Le jeune président a fourni une liste complète des gangs tout en invitant les forces de police à « respect des droits de l’Homme« . Ces groupes criminels interviennent principalement dans le trafic de cocaïne en provenance des pays voisins, la Colombie et le Pérou. La violence présente dans le pays s’est « exportée » vers ce pays auparavant en paix. À titre de comparaison, les homicides ont augmenté de 800% entre 2018 et 2023.

Le même jour que la prise d’otage, mardi, un autre chef d’un gang puissant, Los Lobos, s’est évadé de prison.

Le pays à l’arrêt

L’état d’urgence décrété depuis le 7 janvier doit durer 60 jours. Sur cette période, un couvre-feu de 23h à 5h est instauré et l’armée est déployée pour rétablir l’ordre. Pour l’instant, son effet reste minime, le pays fait face à nombre d’incidents en augmentation. Sur les réseaux sociaux des vidéos montrant les exactions des insurgés se multiplient. Ces images illustrent le chaos, les tirs en pleine ville sur les policiers, les voitures incendiés…
Les autorités annoncent que de graves actions sont perpétuées contre les forces de l’ordre. À Nobol, le dirigeant de la police a indiqué que des policiers ont été « vicieusement assassinés ».

La vie en Équateur est devenue insoutenable, le ministère de l’Éducation a ordonné la fermeture des écoles. À Quito, la capitale, les magasins et centresÉ commerciaux ferment. Dans la région de Guayaquil, l’ambiance est la même. La peur gagne la population, les hôtels et restaurants cessent leurs activités pendant que les véhicules militaires patrouillent dans les rues.

À l’international, différents pays d’Amérique du Sud ont déclaré leur soutient, dont le Brésil, la Colombie et le Pérou. Du côté des États-Unis, le chef de la diplomatie délégué à l’Amérique du Sud a indiqué que la maison blanche était « en contact étroit avec le président Daniel Noboa et le gouvernement équatorien… prête à fournir de l’assistance » comme le rapporte l’AFP.

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