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“Notre projet l’Avenir en Commun a pour pilier cette réouverture urgente sur le bassin méditerranéen via des coopérations”

INTERVIEW D’HÉLÈNE PANOUSSIS

Candidate titulaire France Insoumise pour la 8ème circonscription des francais.e.s  de l’étranger pour les élections législatives du 4 et 18 juin 2017

De plus en plus diverse, de plus en plus jeune, la communauté française est devenue une véritable diaspora économique, faite de talents, d’espoirs et de relais d’influence pour la France. Quel rôle votre circonscription pourrait-elle jouer comme plateforme d’innovation dans ce domaine ?

Permettez-moi de ne pas utiliser le terme de « diaspora », qui s’applique à l’histoire douloureuse du peuple Juif et non à un  phénomène d’immigration qui touche moins les jeunes Français que la jeunesse grecque, turque, chypriote, italienne. La mondialisation a eu pour effet néfaste que les jeunes – y compris diplômés – se retrouvent sans emploi. La flexibilité du marché de  l’emploi ne s’arrête pas  à un département ou à une région. Il faut maintenant également s’expatrier pour trouver du travail. C’est parfois une expérience douloureuse mais elle peut être source d’enrichissement : apprendre une langue, s’initier à une autre culture, contribuer au développement d’un pays avec son propre talent. La 8ème circonscription des français de l’étranger s’étend le long des côtes du nord-est de la mer Méditerranée. Nos pays d’accueil sont des terrains propices à innover collectivement, dans les nouvelles énergies (géothermie, solaire, éoliennes, énergies marines renouvelables -EMR), dans l’agriculture biologique, la permaculture, les architectures intégrant les énergies renouvelables. Mais aussi dans le textile biologique, les médecines alternatives, l’aromathérapie, l’aquaculture écologique, les programmes de dépollution des mers, les sciences de la mer. Les pays de notre circonscription sont, de par leurs traditions, des terres  d’accueil, des terres de partage, qui  regorgent de possibilités de coopération dans des domaines innovants, en particulier en lien avec la Mer Méditerranée.  Energie, alimentation, médecine, transports, tant de ressources à notre portée pour peu qu’on sache les utiliser avec intelligence et conscience de leur enjeu écologique. Je vous reporte au discours de Jean-Luc Mélenchon de Marseille, le « meeting de la paix », pour entendre comment notre projet l’Avenir en Commun, a pour pilier cette réouverture urgente sur le bassin méditerranéen via des coopérations.

Quelles grandes transformations souhaiteriez-vous soutenir ou accompagner dans la vie civique, sociale ou politique française ?

L’urgence écologique, le désastre social, le délabrement de la démocratie, sont les trois visages d’une même réalité en France. Dans le cadre des politiques actuelles, nous étouffons sous le règne de la finance. Des accords destructeurs pour l’économie nationale et le secteur de l’emploi n’arrêtent pas de se mettre en place (accords du libre-échange des marchandises TAFTA, CETA, circulation sans contrôle des capitaux, etc). Les privatisations d’infrastructures, les faveurs fiscales se multiplient. Le pillage des biens publics et des biens communs est un fait.

Il faut refuser l’application de ces accords destructeurs sur le territoire français, mettre un holà au pillage sans honte ni limite des biens publics : fleurons industriels ou technologiques, industries de souveraineté, comme d’ailleurs des biens communs dont le droit de propriété doit être soumis à l’intérêt général (l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie). C’est une des nombreuses raisons pour lesquelles nous insistons sur l’urgence à redonner le pouvoir à la communauté humaine. Elle est bien mieux placée pour s’occuper de son intérêt général que la finance ! C’est ce que nous appelons “l’urgence démocratique”. Je vous reporte au premier chapitre de l’Avenir en commun, qui présente les mesures proposées pour la construction d’une République démocratique, égalitaire, instituant de nouveaux droits et imposant l’impératif écologique.

En ce qui concerne les solutions à apporter au problème du chômage – un problème qui touche malheureusement beaucoup trop de jeunes en France, créant des obstacles à leur autonomie –le projet de la France Insoumise s’oriente vers la création de nouveaux emplois dans de nombreux secteurs clé. Je cite, parmi d’autres, les secteurs innovants de la transition énergétique, les métiers en rapport  à la gestion de l’écosystème de la mer,  le secteur des énergies alternatives, renouvelables et éco-responsables, les métiers liés à la transition agricole respectueuse des écosystèmes, les métiers liés à la révolution numérique. Le programme que nous portons à l’Assemblée Nationale donne les moyens de créer dans le court et moyen terme les centaines de milliers d’emplois nécessaires au développement de secteurs clés. Les chantiers sont vastes, et leur liste n’est pas exhaustive. Ils peuvent se réaliser  avec l’investissement de chacun, et cela peut passer par une multitude d’initiatives à échelle humaine.

Quelles propositions souhaiteriez-vous développer pour jouer un rôle de passeur de pont entre l’énergie des jeunes créateurs et start-upers français implantés dans votre circonscription et les centres décisionnels à Paris ?

Les agencements entre les formes de vie m’intéressent plus que de faire remonter à d’obscurs manitous les désidératas de brillants « startupers ». Ce mot « flashy » désigne une pratique  plus courante qu’on ne l’imagine dans les pays de notre circonscription, celle de pays dont les États et services publics sont effondrés (en Israël, aussi d’ailleurs). Cette réalité est celle d’individus qui mettent au point une activité classique avec  des moyens innovants : mise en réseau, numérique, souvent avec peu de fonds et des conditions de travail qui ne sont pas toujours idylliques.  A vrai dire, il faudrait développer  des liens avec d’autres centres de décision et d’investissements par exemple situés à Bruxelles, organiser la coopération et l’extension du marché entre les pays de notre circonscription. Il faudrait aussi mettre sur pied des aides logistiques (les services consulaires pourraient très bien développer des antennes spécifiques) et des partenariats binationaux pour faire circuler les technologies et les informations.

Pour aller plus loin sur les start up :

En Israël par exemple :

http://siliconwadi.fr/18816/flux-linvention-israelienne-ultime-pour-les-jardiniers-bio

http://www.israelvalley.com/news/2015/09/28/47975/homebiogas-israel-startup-active-dans-un-village-palestinien

En Turquie :

https://www.lemonde-apres.com/la-turquie-des-start-up/

En Italie :

http://startupitalia.eu/

http://www.lottozero.org/

http://www.shareable.net/blog/interviewed-roberto-covolo-of-exfadda-a-design-led-social-innovation-hub-in-rural-italy

En Grèce :

http://startupgreece.gov.gr/

http://www.wisegreece.com/

http://www.babeltree.org/en/

https://www.catalava.com/en/

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