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Qui est Ovidie, la créatrice de « Des gens bien ordinaires », la nouvelle série Canal + Décalé ?

« Des gens bien ordinaires » raconte l’histoire d’un jeune étudiant qui veut devenir acteur pornographique. Inspirée de l’histoire de sa créatrice Ovidie, la série met au jour les inégalités, les injustices et le sexisme dans ce milieu. Journaliste, écrivaine, féministe, actrice et réalisatrice X, voici le parcours atypique d’Ovidie.

Eloïse Delsart nait le 25 aout 1980. Fille de fonctionnaires de l’éducation nationale, elle se passionne dès 16 ans pour la pornographie, dans laquelle elle voit un outil de libération féminine. Elle tourne dans son premier film en 2001 et devient une star française dans le milieu. Surnommée « l’Intello du X », elle veut « déculpabiliser les femmes vis-à-vis de leur corps afin qu’elles cessent d’avoir peur de leur désir ». Féministe avant tout, elle refuse les pratiques dégradantes dans tous ses films. Dès 2002, elle sort un livre Porno Manifesto, revenant sur ses convictions féministes pro-sexe.

Elle arrête sa carrière d’actrice en 2004 pour devenir réalisatrice. Elle réalise de nombreux film de pornographie féministe, montrant des scènes plus réalistes. En 2009, elle co-réalise Histoire de sexe(s) avec Jack Tyler. Prévu pour les salles, le film sera diffusé sur Canal +, au créneau réservé par la chaine au X. C’est un carton : il obtient une audience exceptionnelle, avec 3 fois plus de téléspectatrices que d’habitude.

Ovidie, le féminisme pro-sexe

Ovidie continue de réaliser des films féministes pro-sexe. Directrice des programmes de la chaine Frenchlover TV, elle réalise entre 2008 et 2015 plus de 200 films pour adultes éducatifs. Ovidie se lance dans le documentaire. En 2011, elle sort Rondes et Sexy, un film de 52 minutes sur la sexualité des femmes en surpoids. Pour Envoyé Spécial, sur France 2, elle réalise Rhabillage, qui dénonce les discriminations sociales subies par d’anciennes stars du X.  Le documentaire est vu par 5 millions de téléspectateurs. Ses documentaires sur le sexe, la sexualité ou l’industrie pornographique sont des succès. Elle termine finaliste du prix Albert Londres en 2018. Son documentaire Là où les putains n’existent pas, réflexion sur la politique suédoise vis-à-vis de la prostitution, remporte la même année le prix Amnesty International dans la catégorie Human Rights.

Ovidie met un point d’honneur à ouvrir la parole sur la sexualité et le corps. Ainsi, elle est depuis 2004 l’auteure phare des éditions La Musardine. Elle y a publié 8 livres, notamment La Sexualité féminine de A à Z. Elle continue à se faire entendre et participe à de nombreuses émissions radio. Depuis 2008, elle a eu des chroniques régulières sur Ouï FM, Le Mouv’ et Radio Nova. En 2018, elle critique de nouveau l’industrie du porno dans son livre A un clic du pire. Un an plus tard, France Culture diffuse l’Education sexuelle des enfants d’internet, une réflexion sur l’impact de l’hyper-accessibilité du porno chez les jeunes. Ovidie donne aussi la parole à des victimes de violences obstétricales dans Tu enfanteras dans la douleur, diffusé sur Arte en 2019.

Des gens bien ordinaires, inspiration dystopique et romancée de la vie d’Ovidie

Le 6 juin sur Canal +, Ovidie revient avec sa nouvelle série Des gens bien ordinaires. Mélange de fiction et de faits réels, la série suit l’histoire de Romain, jeune étudiant, rêvant d’un monde meilleur et qui veut devenir acteur pornographique dans les années 1990. La série se base sur l’histoire d’Ovidie. « Si le point de départ est semblable, la suite de l’histoire diffère. Je ne suis pas Romain et Romain n’est pas moi » explique-t-elle dans le communiqué de presse sur la série. Elle a choisi d’inverser les rôles : le monde du porno est détenu par les femmes. Son objectif ? « Heurter le spectateur. Cette permutation a pour but de provoquer un très léger sentiment de malaise amenant à prendre conscience du caractère problématique de ces situations anodines. » La série, en format 4/3, « permet d’être au plus près de Romain et de sa vision du monde » justifie Ovidie.

Avec sa série, la militante féministe aux multiples casquettes poursuit son travail d’ouverture d’esprit sur le monde du porno et de tous ses problèmes : sexisme, discriminations sur l’activité et l’image des acteurs/actrices et des films souvent bien loin de la réalité.

A lire aussi : Charlie Dupont (“La faute à Rousseau” saison 2) | La loi des séries #582

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