Les Gardiens de la révolution constituent une force militaire, politique et économique incontournable en Iran. L’Union européenne a classé les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste.
Une armée créée pour protéger la révolution islamique
Les Gardiens de la révolution officiellement appelés Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) naissent en 1979, peu après la révolution iranienne menée par l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Leur mission initiale est claire : défendre le nouveau régime islamique et empêcher toute tentative de renversement, interne ou externe.
Directement rattachés au Guide suprême, les Gardiens ne sont pas une simple force militaire. Avec environ 125 000 membres et leurs propres forces terrestres, navales et aériennes, ils constituent un pilier sécuritaire du régime théocratique de Téhéran. Leur rôle a été mis à l’épreuve dès les premières années, notamment lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), un conflit fondateur qui a façonné toute une génération de dirigeants iraniens.
Une organisation devenue un pilier du pouvoir iranien
Au fil des décennies, les Gardiens de la révolution ont considérablement étendu leur influence. Ils sont aujourd’hui présents dans de nombreux secteurs : sécurité intérieure, renseignement, politique et même économie. Certaines analyses décrivent l’organisation comme un véritable « empire industriel » disposant d’une forte influence politique.
Leur unité d’élite, la Force Al-Qods, mène des opérations extérieures et soutient des groupes armés alliés de l’Iran au Moyen-Orient. Cette structure clandestine est notamment chargée d’organiser et d’appuyer des forces partenaires dans la région afin de défendre les intérêts stratégiques de Téhéran.
Cette présence régionale fait des Gardiens de la révolution un acteur central des tensions au Moyen-Orient.
La question de la succession à Ali Khamenei
Depuis le début du conflit opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis, les Gardiens seraient impliqués dans toutes les décisions stratégiques majeures.
La mort de Ali Khamenei ouvre une période d’incertitude. Selon plusieurs analystes, le choix de son successeur pourrait encore renforcer l’influence des Gardiens de la révolution.
Le nom de Mojtaba Khamenei, fils du défunt Guide suprême, revient avec insistance. Il entretiendrait des liens étroits avec les Gardiens et bénéficierait de leur soutien. En cas d’arrêt soudain du conflit et de survie du régime, les Gardiens de la révolution devraient voir leur influence encore se renforcer.
Une organisation sous pression ?
Depuis le début des frappes israéliennes et américaines, les Gardiens ont renforcé leur posture sécuritaire, multipliant les mesures de protection autour des sites sensibles et des centres de commandement.
Cette culture de la cohésion en temps de crise est au cœur de leur doctrine : face à une menace perçue contre la République islamique, les divisions s’effacent au profit d’un objectif commun, la survie du régime.
Plus que jamais impliqués dans les décisions militaires, diplomatiques et sécuritaires, les Gardiens se trouvent désormais au centre de l’appareil d’État. Leur influence dépasse largement le champ militaire : ils participent aux choix stratégiques majeurs, contrôlent des pans entiers de l’économie et s’imposent comme les garants ultimes de la stabilité du système politique iranien.