Annoncé il y a 7 mois avec le freestyle Compte à rebours, Simon, alias BGL, sort la première partie de son premier EP : Rapsodie, le 1er juin. Il revient pour nous sur ce dernier, et particulièrement le titre Surhomme. Découverte d’un artiste nuancé au rap cinglant.

 

 

C’est donc ton premier EP ? 

BGL : Ouais, j’ai eu l’idée d’en faire un en août dernier. Un jour, je rentrais de vacances et j’avais besoin de concret et j’ai noté « EP » sur une feuille avec différentes idées. Je voulais le sortir en novembre. Mais ça a mis du temps, il y aura une dizaine de sons en tout, on en a écarté pas mal. J’avais déjà commencé l’EP avant de signer sur mon label. Je voulais faire trois freestyles pour annoncer l’EP, mais j’avais pas prévu la charge de travail.

Tu l’as enregistré comment ? 

BGL : Au studio Seek and Record, chez un très bon ami à moi. Certaines prods venaient du net et j’ai collaboré avec ADVLT sur d’autres : Veski, l’Appel De l’aube

Et le titre Napalm c’était pour quoi ? 

BGL : Je l’ai écrit en août dernier, ça faisait des mois qu’il traînait et j’ai décidé de m’en servir pour teaser l’EP. 

 

Tu parles souvent de la gloire dans tes morceaux, t’entretiens quel rapport avec ça ?

BGL : Je pense que c’est un fantasme. J’en parle sur Iceberg et c’est sûrement le morceau que je préfère, en tout cas c’est la prise de voix dont je suis le plus fier jusqu’à aujourd’hui. Mais encore une fois j’aime nuancer. Evidemment que je me donne à fond pour percer. Mais je me voile pas la face. Si je ne perce pas, ce n’est pas grave. Ça m’aura beaucoup apporté. 

La thématique selon laquelle les choix que tu fais déterminent ta vie est très présente aussi, c’est quoi ton point de vue exactement ? 

BGL : J’en parle dans Veski et je critique les pensées. Je ne critique pas la société mais plutôt certaines pensées. Je m’invente pas une vie. Je parle de moi, de ma vie de tous les jours. J’essaye d’être honnête. Je ne veux pas simuler en parlant de rue. J’essaye de parler de trucs sombres dans la tête de chacun, dans la conscience. L’humain qui devient fou, la perversion, la psychologie, ça m’intéresse. Ça peut parler à n’importe qui : la mécanique humaine et pas sociétale. 

Sur Surhomme tu joues sur ça, le fait que vous rapiez à trois, alors que c’est le même personnage à des temporalités différentes. Qui rape avec toi ? 

BGL : C’est des potes, des mecs de Grand Crew : Bab’s et SEV. On a gratté le son ensemble, en tous cas pour les refrains. Ça se ressent car c’est pas mes schémas habituels de rimes, mon flow est différent aussi. Le thème en gros : le premier à raper est le personnage au passé, le deuxième au présent, et le dernier au futur. C’est le même personnage, trois dans un corps. La même personne à des époques différentes. 

Pour le clip on l’a tourné à trois endroits différents du coup : à Issy-les-Moulineaux, à Sceaux, et à la Défense. La prod vient de Youtube. 

 

Pourquoi choisir le mot Rapsodie comme titre ?

BGL : Pour différentes raisons mais notamment en référence à  Bohemian Rhapsody, car sur ce morceau de Queen, ils font quatre styles différents : du rock pur, de l’opéra…j’aime ce côté multifaces, touche-à-tout. Et dans l’EP, il y a plusieurs styles différents. Et puis j’ai aimé le mot et son sens. 

Sur L’appel De l’aube, tu parles de politique, quel est ton message ? 

BGL : J’ai essayé de faire quelque chose d’engagé mais pas cliché. Je veux pas faire la morale. Je montre qu’une bonne partie de ma génération est désabusée face aux politiques. 

Et tu fais références à quelques auteurs comme Voltaire ou Aimé Césaire, ça t’inspires la littérature ? 

BGL : Je lis pas assez, mais je m’y mets, ça me parait élémentaire. J’ai utilisé Voltaire sur Appel De l’aube pour les mutlisyllabiques « Se révoltèrent/ Serait Voltaire ». 

On entend du Médine, du Kery James sur ton album, t’es plutôt rap conscient ? 

BGL : J’aime pas trop ce terme, mais j’écoute de tout, j’aime bien AlKpote par exemple, il me fait marrer. Mais je ne me vois pas faire des trucs comme lui. Je le ferai plutôt sur le projet de quelqu’un d’autre. Sinon j’ai beaucoup écouté Lefa, TSR, Nekfeu. C’est des mecs qui m’ont inspiré pour le flow, particulièrement Lefa et Nekfeu. Pour ce qui est de la plume, j’aime beaucoup Youssoupha, et Lino reste pour moi le « Boss Final ».

Tu peux me parler un peu plus de ton label, l’Agora, ça t’apportes quoi que tu n’aurais pas tout seul ?

BGL : Le financement évidemment, les tuyaux, des conseils aussi. Je les ai rencontrés à la Canopée à une soirée où il y avait Hippocampe Fou. Une soirée où j’ai sûrement lâché ma meilleure impro festive. J’ai fermé les yeux et j’ai rapé trois minutes. J’ai pas mal parlé avec Hippocampe Fou ce soir là, c’est un mec vraiment accessible et cool. Vraiment un bon gars. Il y avait déjà des labels qui m’avait contacté avant. Notamment avec mon pote Signore, on a eu une proposition d’Universal par l’intermédiaire de Capitol. Mais le contrat était particulier et on ne se sentait pas prêts, donc on a refusé.

Et sinon au niveau de la scène, t’as jamais fait de théâtre, car t’es super à l’aise ? 

BGL : Nan mais j’aurais peut-être dû. Pour les Rap Contenders j’étais un peu stressé, une minute dans le RER pour y aller, et puis rien. J’étais dans ma bulle. Tu fais ton truc carré comme tu l’as fait dans ta chambre et les gens tu les vois pas vraiment. Faut rester concentré. Et puis j’ai une grande gueule depuis très longtemps, je me mettais en scène au collège. Dans la cour, je faisais des vannes, en cours je faisais un peu le bordel. J’aime bien attirer l’attention. 

Pourquoi ? 

BGL : J’ai pas envie de savoir. Mais ça me boost. Les moments où je suis le plus motivé à lâcher des textes c’est quand il y a des gens autours. 

Des concerts à ton programme ? 

BGL : Ouais le 8 juin, il y a un festival à La Canopée organisé entre autres par LEF. Ça va être un truc d’une demi-heure où je convierai sûrement certains MCs de mon entourage.

Et t’as déjà prévu des nouveaux sons ? 

BGL : Quand tout sera sorti, je pense que je vais lâcher quelques freestyles, des feats. L’EP ça met du temps à sortir. J’ai besoin de sortir des formats sons par sons, plus rapides. Ou alors des petits EP de trois-quatre sons, pourquoi pas ? J’essaie de me donner des deadlines.