Ce lundi 12 février, Cédric Villani (député de La République en marche de l’Essonne et mathématicien) et Charles Torossain (Inspecteur général de l’Éducation nationale) remettent leur rapport sur une nouvelle approche de l’enseignement des mathématiques.

Traumatisé par le calcul mental, les équations et l’enchainement de notes inférieures à 10/20 ? Vous n’êtes définitivement pas tout seul. En France, une majorité d’élèves connaît un échec en mathématiques : face à ses collègues européens, l’hexagone est actuellement en dernière position du classement Timss, qui évalue les performances en maths des enfants de CM1.

« Un grand désarroi à tous les niveaux des professeurs »

En octobre dernier, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer avait lancé une mission sur l’enseignement des mathématiques en France, afin de changer les mauvais résultats du pays en la matière. En charge de la mission : Cédric Villani et Charles Torossain rendent aujourd’hui un rapport comportant une liste de 21 mesures. Ces dernières visent notamment à donner une meilleure formation aux instituteurs. En effet, les deux collègues ont très vite identifié « un grand désarroi à tous les niveaux des professeurs, du primaire au secondaire, aux formateurs dans les écoles du professorat (Espe) », a déclaré M.Villani ce matin sur LCP.  Selon lui, le fait que beaucoup d’instituteurs soient issus de filières littéraires expliquerait les déficiences au niveau de l’enseignement : « Très peu des enseignants des écoles se sentent à l’aise avec les mathématiques et c’est normal au vu de leur parcours et de leur formation. » Le rapport propose également de créer, dès 2018, une formation initiale pour les professeurs des écoles démarrant à Bac+1. Elle prendrait la forme d’une licence ou d’un parcours pluridisciplinaire avec un volume d’enseignements dédié aux disciplines fondamentales.

Les téléphones seront interdits à l’école et au collège à la rentrée 2018

Méthode Singapour

Au coeur de ce rapport vient la « Méthode Singapour » qui consiste à décrypter le raisonnement mathématique pour ensuite mieux l’appliquer, notamment à l’aide de la manipulation d’objets réels ou virtuels (bouliers, cubes etc). Pour ce faire, le rapport propose  de munir les écoles d’un équipement de base. Avec pour objectif de rendre la matière plus accessible, la méthode devrait entrainer une progression des élèves : ces derniers doivent pouvoir maitriser les quatre opérations mathématiques de base (soustraction, addition, multiplication et division) dès le CP et le CE1. « Il faut redonner leur place au cours structuré et à sa trace écrite, à la notion de preuve et aux apprentissages explicites, développer les automatismes de calculs à tous les âges « par des pratiques rituelles » (« calcul mental et intelligent », répétitions) et cultiver le sens des quatre opérations dès le CP », affirme M Villani.

Quant aux lycéens, l’idée serait de leur proposer un module annuel « de réconciliation » avec les maths sur des thématiques nouvelles. Une initiative qui n’a pas encore pris la forme de propositions concrètes.