Alors que sort La Deuxième Étoile 8 ans après La Première Étoile, rencontre avec Lucien Jean-Baptiste acteur et réalisateur et avec Firmine Richard

Mais c’est quoi déjà… La Deuxième Etoile ? Jean-Gabriel a décidé d’emmener toute sa petite famille passer les fêtes à la montagne pour Noël. Et cette fois, tout devrait bien se passer. C’est sans compter sur sa mère qui débarque des Antilles, ses enfants qui n’ont pas envie de partir, Jojo qui lui confie son Hummer et sa femme qui lui annonce qu’elle doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel. Mais pour Jean-Gabriel, la famille c’est sacré et Noël aussi ! 

Lucien quand vous aviez fait La Première Etoile, il n’y a jamais eu l’idée de faire une suite, même après le succès du premier film?

Lucien Jean-Baptiste: Non, enfin peut-être de l’industrie. Un film qui marche, qui s’appelle La Première Étoile si ça donne pas envie de faire La Deuxième Étoile alors là… Et je ne vous cache pas que ça fait huit ans qu’il ne se passe pas un jour sans qu’on me dise « Alors c’est quand La Deuxième Étoile? ». C’est dingue. Et moi je ne voulais pas être victime de cette pression, je disais « non non, je le ferais quand j’aurais quelque chose à dire », je ne vais pas chercher un high concept je ne sais pas où pour dire « ça y est je l’ai fait ». Et puis surtout je ne me suis pas ennuyé pendant tout ce temps, j’ai fait mon chemin de réalisateur tranquillement.

Firmine, comment avez-vous accueilli l’idée de retrouver votre personnage de Marité 8 ans après ?

Firmine Richard: Je n’attendais que le moment où Lucien m’appellerait pour me dire qu’il avait une histoire et qu’on rempilerait pour La Deuxième Étoile parce que c’était une demande et une pression tellement grande de la part du public que ça a été un soulagement quand il m’a dit que ça allait enfin se faire.

Le film n’a pas réellement été construit dans le même esprit que le premier qui racontait la découverte de la montagne?

Lucien Jean-Baptiste: Non, mais le premier c’était un souvenir d’enfance, je n’ai rien eu à faire, je me suis souvenu de mes premières vacances à la neige avec ma mère. Je n’avais pas de père donc je me suis rêvé un père bancal mais présent. C’était un film qui était beaucoup plus social dans lequel on parlait de « Qu’est-ce qu’on fait quand tu n’as pas les moyens d’offrir du rêve à tes enfants ? » Est-ce que tu les laisses dans la cité HLM ou comme l’a fait ma mère tu te débrouilles pour créer le souvenir et bien lui en a pris puisque ce souvenir a fait un film à succès. Sur cette Deuxième Étoile, j’avais le point de départ qui était sur des choses très personnelles mais après l’aventure était plus difficile à construire. Dans le premier il est dans la galère financièrement, là ce n’est plus le cas mais il rencontre d’autres problèmes.

Firmine, ça vous a amusé cette histoire ? Et jouer avec un cochon est-ce que c’était compliqué ?

Firmine Richard : Ah c’est sûr ce n’était pas évident même avec un dresseur, ils font un peu ce qu’ils veulent. Il y en avait trois mais c’est toujours mignon d’avoir ce petit animal. Sinon ça raconte une histoire qui m’intéresse et qui m’interpelle parce que c’est mon histoire. Moi je suis antillaise. Chez nous Noël c’est évidemment une fête de famille mais pas seulement. Pour Lucien c’était la difficulté de réunir toute sa famille mais moi j’y ai vu Noël, fête familiale avec nos traditions que j’ai envie de partager avec les autres. Pour moi ça ne pouvait être qu’intéressant à jouer.

Est-ce que vous appréhendiez de retrouver toute votre troupe huit ans après le premier film et comment se sont déroulées les retrouvailles ?

Lucien Jean-Baptiste : C’était magique vraiment, les retrouvailles ont été supers, c’était comme si on s’était quittés hier, tout ça m’a aidé pour le film et c’était une vraie famille qui se retrouvait. C’était magique de retrouver les enfants qui avaient grandis et on a même ajouté un petit qui a dû naitre juste après La Première Étoile, neuf mois plus tard, et il y avait un vrai plaisir, un vrai bonheur et comme une impatience. C’était vraiment très très touchant.

Firmine, vous avez tourné dans Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar (co-scénariste et productrice de La Deuxième Etoile NDLR). Est-ce qu’ils travaillent tous les deux de la même façon avec Lucien Jean-Baptiste ?

Firmine Richard : Pas du tout c’est totalement différent. Quand j’ai fait Bowling je me suis retrouvé avec une équipe de quatre femme formidables, l’histoire était intéressante et nous l’avons prise à bras le corps et nous avons été heureuses de travailler dessus mais Marie-Castille Mention-Schaar travaille différemment de Lucien et ne dirige pas comme lui, ils n’ont pas non plus le même background.

Lucien, est-ce qu’on vous a déjà proposé d’adapter La Première Étoile et maintenant La Deuxième Étoile en série et est-ce que c’est quelque chose que vous aimeriez faire ou pas du tout ?

Lucien Jean-Baptiste: Pour La Première Étoile c’est cuit, on a commencé la série au cinéma mais en revanche là je suis en train d’écrire une série pour France 2 adaptée de Il a déjà tes yeux. Je suis en pleine écriture de ça, le titre de travail est Une Famille Française et on va retrouver cette petite famille dix ans plus tard. Le petit garçon blond a 11/12ans et entretemps il a eu un petit frère qui a 10 ans et qui est né un an après lui. Parfois quand les gens adoptent ça déclenche un enfant naturel et donc dans cette famille, les parents sont noirs et ils ont un enfant noir et un enfant blanc. On va parler de la famille et de la France dans ce qu’elle a de plus beau, sa diversité.

Vous avez déjà un casting ?

Lucien Jean-Baptiste : J’y retourne déjà avec Aïssa Maïga. On va reprendre les mêmes. Là je suis en fin d’écriture et après on va envoyer les scénarios et peut-être qu’il y en a qui me diront non. Ça jouera sur le fait d’aller plus loin ou pas sur la série parce que je ne veux pas me moquer des gens. J’ai commencé avec une petite famille et je veux qu’on continue.

Vincent Elbaz en fera aussi partie ?

Lucien Jean-Baptiste : Justement il faut que je lui envoie, qu’il lise et qu’il me dise s’il est partant ou pas. Je vais croiser les doigts.

En ce qui concerne Munch qu’en est t-il de la seconde saison ?

Lucien Jean-Baptiste : Je vais tourner à partir de mars jusqu’à juillet 2018. Là sur la première saison j’ai été obligé de m’arrêter avant la fin car je tournais La Deuxième Étoile, c’est pour ça que mon personnage est envoyé à New-York mais là comme j’ai un calendrier assez libre donc j’aimerais bien vraiment continuer cette collaboration avec Isabelle Nanty et développer ce personnage, Hubert Bellanger, 50 ans, avocat d’affaires, homosexuel. Je suis ravi de ne pas faire un rôle de postier ou de vigile et j’y retrouverais sans doute Loreyna Colombo qui joue ma fille dans La Deuxième Étoile et donc dans Munch.

Firmine, vous serez prochainement dans Le Rêve Français pour France 2 qu’on a pu voir au Festival de la Rochelle. Que pouvez-vous nous dire de ce beau projet ?

Firmine Richard: Ce projet-là quand on m’en a parlé ça m’a interpellé forcément parce que ça parlait du bumidom (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer NDLR) et tout un chacun lorsqu’on est antillais nous avons quelque chose à faire avec ce sujet. Et avec ce projet j’étais enfin contente qu’on en parle tel que ça s’est vraiment passé, les réussites, les échec et comment certaines personnes ont profité et d’autres n’ont pas saisi leur chance parce que c’était une chance qui nous était donnée. Je fais un personnage des années 60 (le film se situe des années 60 à nos jours) et je n’ai eu aucun mal à le faire car c’était vraiment la situation aux Antilles. C’est vraiment notre histoire.

Lucien vous avez fait beaucoup de doublage dans votre carrière et à quel acteur vous prenez le plus de plaisir à prêter votre voix ?

Lucien Jean-Baptiste : Je double Colman Domingo dans Fear The Walking Dead qui est incroyable et dans Shooter je fais Omar Epps, ce sont les deux voix que je fais encore parce que je suis débordé mais j’adore le doublage et je continuerais à en faire, ça fait partie de la palette du comédien de savoir faire ça. Je déteste l’expression doubleur, je ne suis pas un doubleur je suis un comédien qui fait du doublage.

Propos recueillis par Fred Teper

Remerciements à Morgane Paul de l’agence Okarina

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