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A Saint-Denis, un baron de la drogue s’évade

Ouaihid Ben Faïza, 40 ans, avait été condamné, en juillet 2012, à huit ans de prison et 50 000 € d’amende pour avoir importé et transporté du cannabis depuis les Pays-Bas jusqu’à la Cité des 4000 à La Courneuve. Un récidiviste particulièrement surveillé donc, mais qui est quand même parvenu à s’évader, ce matin à 11 heures.

Alors qu’il était à l’hôpital Delafontaine (en Seine-Saint-Denis) pour un examen médical et s’apprêtait à retourner à la maison d’arrêt de Villepinte à bord d’un fourgon de transport cellulaire, un commando de trois à cinq hommes a surgi aux abords de l’établissement, comme le rapporte Le Parisien. Armés, les complices du caïd de La Courneuve ont gazé et menacé les surveillants qui accompagnaient le prisonnier. Celui-ci a ensuite pris la fuite avec ses acolytes dans un véhicule utilitaire, abandonné puis incendié quelques minutes plus tard dans la cité Floréal de Saint-Denis.

Manque de moyens

Après cette évasion spectaculaire, la procureure de Bobigny, Sylvie Moisson, s’est rendue à l’hôpital Delafontaine puis à la cité Floréal. Et a saisi la Brigade de répression du banditisme (BRB) ainsi que l’Office Central de Lutte contre le crime Organisé (OCLO).

Il faut dire que depuis quelques années, les évasions de détenus semblent en augmentation constante. Surtout durant les transferts de prisonniers, qui sont la faille principale du système carcéral. Interrogé par Le Figaro en juillet 2012, après que Raphaël Gimenez se soit échappé d’un hôpital psychiatrique, Jean-Luc Belloc, officier pénitentiaire et syndicaliste FO, reconnaissait ainsi que «les détenus ont compris que les transferts sont un point faible».

Ancien surveillant et auteur de Derrière les Barreaux, Christophe Lambert explique, lui, le nombre d’évasion croissant par le manque de moyens pénitentiaires : « On devient des porte-clefs. Les détenus ont plus de pouvoir que nous parce qu’on n’a pas plus de moyens de pression. […] Les fouilles au corps sont interdites à cause la réglementation européenne. C’est donc facile de faire rentrer un portable… ou autre ». Comme des armes blanches et des explosifs par exemple. Ce procédé-ci avait d’ailleurs été choisi par Redoine Faïd en novembre 2013 lorsqu’il s’était évadé de la prison de Sequedin, dans le Nord-Pas-de-Calais.
Mauvais timing

La cavale de Ouaihid Ben Faïza tombe mal puisqu’aujourd’hui, et depuis hier, la ministre de la Justice Christiane Taubira présente à l’Assemblée Nationale sa réforme pénale. Une réforme accusée « d’instaurer une sorte d’impunité légale » par le député UMP Eric Ciotti parce qu’elle prévoit, entre autres, de supprimer les peines planchers pour les récidivistes (créées sous Nicolas Sarkozy) ou la création d’une nouvelle peine de probation, sans emprisonnement : la contrainte pénale. Ce dernier amendement est d’ailleurs décrié par le chef de l’Etat François Hollande et son premier ministre Manuel Valls, pour qui il ne ferait qu’entretenir l’éternel procès de laxisme fait à la gauche. En somme, cette nouvelle fuite d’un détenu français constitue du pain béni qui pourrait bien venir nourrir l’argumentation des détracteurs de la réforme pénale.

A Saint-Denis, un baron de la drogue s’évade

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