Porté par deux années de succès, SEGA entend capitaliser sur le retour de séries historiques et une meilleure gestion de ses licences.

La dernière édition du SEGA Fes qui se tenait à Tokyo ce weekend aura fait des heureux. Entre la Megadrive Mini, l’arrivée de la compilation SEGA AGES sur Switch cet été, le remaster HD de Shenmue I & II et l’exhumation du tactical-RPG culte Sakura Wars, l’éditeur japonais semble plus que jamais déterminé à rattraper les années perdues.

Surfant sur le regain international de Yakuza et Megami Tensei, la firme japonaise affiche une santé une fer pour la deuxième année consécutive : toutes les branches commerciales du groupe – jeu vidéo sur arcade, mobiles, PC et consoles, animation et merchandising – sont dans le vert. Après une décennie compliquée, SEGA s’autoriserait-elle enfin à prendre des risques ? C’est en tout cas ce qui transparaît dans une interview du président Haruki Satomi accordée au Weekly Famitsu et traduite par DualShockers.

SEGA

Haruki Satomi, président de SEGA

Quality Thirst

Pour Haruki Satomi, l’enjeu est avant tout de restaurer la confiance de ses employés et des joueurs. La firme a perdu son audace, cherchant les ventes à court terme au détriment de la qualité des jeux et de l’identité de ses franchises – comme aura pu le démontrer un certain Sonic Forces cet hiver. Pour sortir de ce cercle vicieux, les producteurs ne devraient boucler leurs projets qu’avec la certitude de tenir entre leurs mains un titre fondamentalement bon, sans se soucier de l’impact du calendrier sur les ventes.

Satomi se veut lucide : de son propre aveu, les déconvenues de SEGA sur la dernière décennie ne peuvent pas s’expliquer par le rétrécissement du marché japonais. Autrement dit, si un acteur est engagé sur un secteur d’activité, il lui incombe d’assurer la bonne santé de son marché. La firme entend donc se démarquer par un meilleur contrôle qualité de ses produits, ainsi qu’une meilleure gestion de l’identité de ses marques sur le long terme.

Tandis que ses séries phares (YakuzaSonic, Valkyria Chronicles) poursuivent leur rythme de croisière, SEGA souhaite réveiller plusieurs licences laissées au vestiaire. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, Satomi himself endossera les responsabilités de chef de projet et producteur exécutif sur le prochain Sakura Wars. Entretemps, la refonte tant espérée de Shenmue en HD et avec des nouveaux contrôles permettra aux nouvelles générations de (re)découvrir le grand-oeuvre maudit de la Dreamcast sans casser leur tirelire.

Pas question de capitaliser sur la seule nostalgie : outre le développement de nouvelles licences, SEGA envisage d’assister d’autres éditeurs dans leurs projets. Cette entreprise de collaborations externes avait été quelque peu laissée en jachère après la réintégration d’Amusement Visions (F-Zero GX) dans le giron de la firme après la fusion de SEGA et Sammy en 2004.

« It’s Thinking. »

Ce grand plan de relance ne se limitera pas à l’archipel nippon. L’année 2017 ayant marqué un regain du jeu vidéo japonais à l’international, l’éditeur devrait à l’avenir s’impliquer davantage dans les campagnes marketing et la localisation de ses titres à l’étranger. Le chantier est d’ailleurs déjà lancé : en août dernier, la filiale Atlus (Megami TenseiEtrian Odyssey) annonçait l’ouverture prochaine d’une branche édition en Europe.

Autant dire que l’année fiscale 2018-2019 devrait être décisive. De nombreux projets en gestation devraient alors être révélés au public, dans ce qui marquera l’avènement de leur initiative « Quality First » déjà évoquée ces derniers mois.

Si on peut imaginer sans peine un Samba de Amigo ou un Space Channel 5 tirant parti des joy-cons de la Switch, les sondages du SEGA Fes de 2016 étaient largement dominés par Sakura Wars, Jet Set Radio et Virtual Once dernier étant d’ailleurs jouable dans les bornes de Yakuza Kiwami 2, attendu chez nous le 28 août… À suivre donc !