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SVT et sexualité : un mariage contre-nature ?

Ca y est ! Après avoir fait leurs huit années de service règlementaire, les manuels de Science de la Vie & de la Terre pour les premières ont enfin été relookés et mis au goût du jour… Je sais que vous n’y croyez plus, vous qui avez tenu entre vos mains l’héritage en papier mâché de 8 générations d’élèves avant vous, mais c’est un fait : 2011 – 2012 est l’année du renouveau.Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’arrive pas incognito ! En cause, un sujet qui a déchiré les passions depuis plusieurs mois dans le monde politique et au ministère de l’Education : comment aborder le thème de la sexualité en classe de 1ère ?

Si depuis des dizaines d’années, c’est l’angle biologique qui prime, dans la présentation des nouveaux programmes en septembre 2010, on a assisté à l’introduction de la théorie du Gender dans la rubrique « Procréation » : en un mot, selon cette théorie, on définit un homme ou une femme en fonction de ses pratiques sexuelles (hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou transsexuel) autant que par sa nature biologique propre (masculin, féminin). Une telle modification, il faut le savoir, est synonyme de révolution dans l’éducation sexuelle que l’on reçoit au lycée : elle transmet l’idée que l’on peut vivre toute forme de sexualité, sans délit vis-à-vis de la « normalité ».

Seulement voilà, peut-on réellement parler de la sexualité de chacun, qui relève de notre environnement social, de notre culture et de nos désirs, dans un cours scientifique et destiné à tous les élèves sans distinction ? C’est la question que se sont posés certains députés de l’Assemblée Nationale, avec le soutien d’une partie des professeurs de SVT, et à laquelle ils ont répondu Non. « Ces manuels imposent une théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique », dirent-ils. D’accord, nous pourrions dans ce cas aborder ce sujet en cours de philosophie, à cette difficulté près que la philo est une matière… de Terminale, et qu’il faudrait pour cela l’accord des professeurs de philo. A peine les manuels mis en service dans les classes à la rentrée 2011, qu’il s’agit donc déjà de les renvoyer aux éditeurs pour qu’ils remplacent d’une part le thème « procréation » par celui de « masculin, féminin », et d’autre part pour qu’ils ne mentionnent pas la théorie du Gender.

Parler de la sexualité, au sens des pratiques sexuelles, est aujourd’hui une chose difficile à aborder en classe : un prof trop indélicat ou des camarades trop intolérants peuvent facilement créer le malaise. Il s’agit pourtant d’un sujet essentiel : au nom des principes républicains qui sont au cœur de l’école en France, chacun devrait pouvoir assumer son « orientation » sexuelle de la même manière que son « identité » féminine ou masculine. Mais alors, quand devrait-on en parler ?

Romain Mouradian

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