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Les tampons ne seraient pas à l’origine du syndrome du choc toxique selon une étude

Une étude de chercheurs de l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, montre que les tampons ne seraient pas à l’origine du syndrome du choc toxique. Mais ils alertent sur le fait que les coupes menstruelles augmenteraient le risque de développer cette pathologie.

 

Des chercheurs lyonnais ont publié les résultats de leur étude sur les tampons et les coupes menstruelles. D’après celle-ci, les tampons ne seraient pas impliqués dans le syndrome du choc toxique.

 

C’est quoi le syndrome du choc toxique (SCT) ?

Vous avez peut-être déjà lu ce nom barbare sur la notice de vos tampons mais n’y avez pas prêté attention. Pour les étourdis, le SCT est une maladie infectieuse et rare qui est liée au développement du staphylocoque doré dans le vagin et qui peut ensuite mener jusqu’à la mort, ou l’amputation. Les symptômes ressemblent à une grosse gastro ou à un état grippal intense. Les malades peuvent ainsi avoir une très grosse fièvre, des vomissements, des maux de gorge, une éruption cutanée, des étourdissements… (liste complète des symptômes).

Cependant le site de Tampax, une des plus grandes marques de tampons, rappelle que « le SCT est causé par la bactérie Staphylococcus aureus – le STC n’est pas «causé» par des tampons ».

C’est ce qui a été confirmé par les chercheurs de l’hôpital de la Croix-Rousse. Ceux-ci ont récolté 700 tampons et des coupes menstruelles des grandes marques les plus utilisées auprès de femmes volontaires agin de récolter plus de données sur les conditions de développement du STC. Les résultats indiquent qu’aucun des tampons ne contient de produits prédisposés à causer le développement de cette bactérie.

Les coupes menstruelles, elles, permettraient une arrivée d’air plus importante, donc d’oxygène et c’est cela qui favorise la croissance du staphylocoque et donc le développement possible du SCT.

Source : Hospices civils de Lyon

 

A ne garder que 6h maximum

Les scientifiques ont alors communiqué que la durée d’utilisation des protections périodiques ainsi que la composition de la flore vaginale pourraient être à l’origine du développement du SCT. Le microbiologiste qui a mené cette étude, Gérard Lina, explique que « plus on va les utiliser longtemps, plus il y a un danger ».

Les marques de tampons et les scientifiques recommandent alors de ne garder un tampon ou une coupe menstruelle que 4h dans le corps, avec un maximum de 6h à ne pas dépasser. Pas question donc de dormir avec un tampon ou une coupe qu’on ne changerait pas de la nuit.

Les femmes ne connaissent que très rarement cette règle et donc ne la respectent pas toujours. Ce ne serait donc pas la composition des tampons qui provoquerait le SCT mais le « défaut d’information » sur les règles de précaution concernant l’utilisation de ces protections périodiques.

 

Le taux de mortalité est passé de 20 à 30% en 1980 à presque 0 aujourd’hui

Même parmi les médecins et professionnels du corps médical, le syndrome du choc toxique reste assez méconnu. Une victime du SCT, Justine, s’en indignait il y a cinq ans : « Il n’y a aucun gynécologue que je connais, ni médecin, ni infirmier qui connaît cette maladie ! »

Elle a pu s’en rendre compte lorsque’elle devait se faire opérer du genou. Elle devait alors mentionné les maladies qu’elle avait déjà eu, a cité son choc toxique et le personnel lui a demandé ce que c’était.

On ne commence qu’à tenter de comprendre cette pathologie. Le nombre de SCT recensés a beaucoup augmenté dans les années 2000 grâce à une meilleure transmission de l’information, mais on reste autour de 20 cas signalés. Il n’y a donc pas plus de femmes touchées par la maladie, mais plutôt plus qui la déclarent grâce à leur meilleure connaissance des symptômes qu’il y a quelques années. Il y a tout de même encore beaucoup d’erreurs de diagnostic, qui peut nuire gravement aux patients. Cela a été le cas pour Justine à qui on a diagnostiqué une gastro et la scarlatine, sans que personne ne l’interroge sur ses règles.

Le taux de mortalité est cependant passé de 20 à 30% en 1980 à près de 0 aujourd’hui. La dernière femme à être décédée des suites de cette bactérie est morte en 2009.

Les scientifiques souhaitent maintenant en apprendre plus sur les habitudes d’utilisation des protections périodiques et ont lancé une enquête sur leur site internet.

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