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Valls renforcé ou affaibli après cette motion de censure ?

Hier soir, les députés ont rejeté la motion de censure. Seuls 234 membres du Palais Bourbon ont voté en faveur de la motion présentée par l’UMP et l’UDI. Si le gouvernement ne sera donc pas renversé, en sort-il renforcé ou, à l’inverse, affaibli ?

Après l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution de la Vème République, le gouvernement socialiste avait mis en jeu sa responsabilité et était susceptible d’être renversé par l’opposition. Mais, c’était prévisible que la motion de censure n’aurait pas de majorité et sans surprise elle n’a pas obtenu de majorité.

Joint par téléphone jeudi soir, Pierre-Yves Bournazel, maire UMP du XVIIIème arrondissement de Paris, pense que “le gouvernement a voulu passer en force, ce qui prouve que les socialistes n’ont plus de majorité à l’Assemblée Nationale“.
L’élu parisien considère que l’utilisation de cet article 49-3 pour “passer au dessus des députés” a créé cette tension dans la sphère politique nationale. Autrement dit, le président de la République, François Hollande et le premier ministre, Manuel Valls, sont les seuls responsables de cette division au sein de la gauche.”Il y a un décalage entre le programme présidentiel de François Hollande et la volonté du gouvernement Valls sur les questions économiques qui brise la majorité de gauche puisque les frondeurs et certains membres de gauche radicale s’opposent au gouvernement sur ces questions” a précisé Mr Bournazel.
Quant à Eric Ciotti, le président du conseil général des Alpes-Maritimes y voit “un petit discours sans souffle d’un premier ministre affaibli“.

Christian Jacob, le président du groupe UMP a présenté la motion de censure en raison de l'utilisation de l'article 49-3 par Manuel Valls pour la loi Macron. Pour lui, le premier ministre sort de cet évènement "affaibli" et "sans majorité".

Christian Jacob, le président du groupe UMP a présenté la motion de censure en raison de l’utilisation de l’article 49-3 par Manuel Valls pour la loi Macron. Pour lui, le premier ministre sort de cet évènement “affaibli” et “sans majorité”.

Une gauche divisée.

Manuel Valls a, ce matin, réaffirmé sa qu’il se sentait “plus fort que jamais“, plus “déterminé et plus motivé qu’il ne l’a jamais été” depuis sa prise de fonction. Le premier ministre français se veut renforcé et critique la “politique politicienne d’une opposition sans projet et sans majorité alternative“.

Dans un tweet, Harlem Désir (PS), déclare , comme l’a fait Jean-marie Le Guen, que le premier ministre sort “renforcé par ce vote qui montre une opposition sans projet, ni majorité alternatifs“. Il encourage Manuel Valls à “continuer à agir, réformer et avancer pour les français“. Position non partagée par Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, “cet épisode a permis une prise de conscience qu’il n’y a pas de majorité pour la loi Macron“. Ce député frondeur estime que “Manuel Valls ne passe plus la barre des 290 députés” et “doit revenir à notre écoute, il doit convaincre sa majorité“.

Position critiquée par le porte-parole du gouvernement. Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’agriculture dans le gouvernement de Jean-marc Ayrault affirme que “l’expression nécessaire d’opinions” est importante dans tout parti politique, y compris au sein de la majorité mais qu’autour de la loi Macron, l’abstention ou le vote négatif de cette loi des frondeurs socialistes et de certains partis de gauche était ce qui est “le plus dérangeant” car “on ne peut pas tout le temps revenir sur des choix qui ont été faits, arbitrés“.

Et Razzy Hammadi d’aller plus loin qu’un simple critique des frondeurs. Le député PS de Seine-Saint-Denis veut proposer, lors du Congrès du Parti socialiste de Poitiers une disposition dans le règlement du parti interdisant aux députés socialistes de voter contre les textes du gouvernement. “L’abstention oui mais le vote contre… C’est la raison de nos difficultés aujourd’hui” a t’il précisé au Figaro pour justifier sa proposition.

Le Front National, le front de gauche et les communistes plus que jamais opposés à la loi Macron.

Marine Le Pen, la présidente du Front National a moqué la “scission au sein d’un même parti politique” alors que les sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen (CRC) ont prévenu le gouvernement que “la bataille continue au Sénat” contre la loi Macron qu’ils qualifient de “profondément libéral, inspiré, chapitre après chapitre, par les recommandations de Bruxelles“, qui “a perdu toute sa légitimité” et qui “doit être retiré“. Une manière de dire que le premier ministre n’en sort pas renforcé et de la prévenir que sa tâche n’est pas terminée, qu’il va devoir lutter pour faire passer cette loi.

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