L’acte IV des manifestations lycéennes a débuté ce mercredi 7 octobre. Si beaucoup de mouvements se font dans le calme d’autres sont le théâtre de débordements avec des affrontements entre policiers et manifestants. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN sur de potentielles violences commises par les forces de l’ordre en marge des mobilisations étudiantes.
Un lycéen de 15 ans dont la main a été arrachée par une grenade policière à Lens (Pas-de-Calais) lors d’une manifestation ou bien Eden 14 ans grièvement blessé au visage par un tir de LBD à Saint-Ouen-l’Aumône (Val d’Oise). Plusieurs lycéens ont été blessés par les réponses policières en marge de la mobilisation des lycéens, qui s’est étendue aux professeurs et étudiants du supérieur.
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Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, assure que la réponse policière est proportionnée, ce qui a beaucoup fait débat. Le résident de la place Beauvau a déclaré ce matin sur RTL que « l’IGPN a été saisie de 18 enquêtes concernant le maintien de l’ordre et ses excès« . Inspection générale de la Police nationale (IGPN) est une institution chargée de contrôler les services de la Police Nationale et de veiller au respect de la déontologie par ses agents. Mais comment fonctionne-t-elle réellement ?
En quoi consiste une enquête de l’IGPN ?
Si l’IGPN est connu de la population c’est surtout via les enquêtes qu’elle mène. Il existe deux types d’enquête : l’administrative et la judiciaire. La première est demandée par un préfet de police ou la direction de la police alors que la seconde est voulue par la justice.
Une fois les investigations lancées, les enquêteurs se mettent au travail. Ils commencent en général par chercher des éléments matériels (vidéos, photos, témoignages, perquisitions…). Une fois ce travail effectué, les agents de l’IGPN doivent déterminer s’il y a eu un manquement à la déontologie policière. Les conclusions de l’enquête sont remises à la justice ou à l’autorité administrative qui prendront les mesures qu’ils jugent nécessaires.
En 2025, il y avait 264 agents qui travaillaient pour l’IGPN, en grande partie des policiers. 42% d’entre eux travaillaient sur des enquêtes. L’autre partie des membres de l’IGPN ont pour mission de remonter à leur direction des dysfonctionnements internes via des audits afin d’améliorer le quotidien de la profession.
L’an dernier ce sont 1 007 enquêtes qui ont été confiées à l’IGPN, un nombre 10% supérieur à 2024. Cette hausse est liée à des événements de grande ampleur comme par exemple la première victoire du PSG en Ligue des Champions ou le mouvement « Bloquons tout ». 1/3 de ces enquêtes concernaient des faits de violences.
L’IGPN est elle indépendante ?
C’est la principale critique qui est faite à « la police des polices« . Comment mettre en cause des policiers si ce sont des policiers qui enquêtent sur eux et parfois décident des sanctions ? Le directeur de l’IGPN est par ailleurs nommé par le ministre de l’Intérieur, ce qui en rajoute une couche. Face à cela, en mai 2025, le directeur général de la police nationale, Louis Laugier, avait chargé Stéphane Hardouin, directeur de l’IGPN, de réformer le contrôle déontologique des 150 000 agents de la maison.