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On a vu pour vous… Wind River le film du scénariste de Sicario

Le scénariste de Sicario et de Comancheria Taylor Sheridan réalise avec Wind River un thriller glacial avec Elisabeth Olsen et Jeremy Renner

Son nom est désormais de ceux dont on scrute les projets avec attention, excités par les promesses des sujets qu’il aborde et par le souvenir vivace de deux des énormes claques qu’il a contribué à nous administrer. Taylor Sheridan, le scénariste de Sicario et de Comancheria, deux superbes surprises, maîtrisées et à l’écriture virtuose, revient à la réalisation avec Wind River, un thriller haletant porté par Elisabeth Olsen et Jeremy Renner. C’est la deuxième fois que Sheridan s’essaye à la mise en scène après Vile en 2011 (inédit en France) qu’il semble vouloir oublier. Présenté dans le cadre de la section Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, Wind River présente de prime abord tous les ingrédients d’un thriller montagnard, qui, non content de nous faire visiter de grandes étendues immaculées va faire gicler l’hémoglobine sur le grand blanc. Pourvu d’un récit extrêmement bien troussé et d’une caractérisation de ses personnages effectuée magistralement, Wind River s’appuie sur la plume acérée de son auteur et sur une interprétation au cordeau du duo Elisabeth Olsen – Jeremy Renner qui s’échappent de leurs costume de super-héros Marvel pour une grande bouffée d’air pur qui entraine le spectateur au bord de l’asphyxie en le ferrant avec ce polar à l’efficacité redoutable.

Mais c’est quoi déjà… Wind River ? Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

Avec Wind River, Sheridan poursuit le travail entamé avec Sicario et Comancheria et s’il ne révolutionne pas un genre battu et rabattu dont il connait les codes par cœur, son empreinte et sa personnalité forgent une vraie identité à son travail. Le scénariste dit des choses cruciales sur les conditions de vie dans ce trou perdu du Wyoming, sur le repli sur soi, l’isolement dans le monde moderne, le rapport à la nature ou les conditions de vie déplorables d’une catégorie de la population. Les dialogues sont souvent brillants et racontent en creux le parcours de ces laissés pour compte que les États-Unis balaye souvent d’un revers de la main pour ne regarder en face que l’American dream qu’elle tend à ses ouailles. Si le fond de l’air de Wind River est désespéré, Sheridan nous laisse reprendre notre souffle entre deux considérations sur la souffrance d’un peuple. Si l’écriture est fine, la mise en scène a parfois quelques manquements même si le film a à son actif quelques séquences choc très réussies, immersives et haletantes. Le film sait être à la fois émouvant et déployer son récit sans heurts mais se cogne parfois à des facilités comme un certain symbolisme qui n’est d’aucune utilité.

Doté d’une photo magnifique, Wind River se pare d’un classicisme élégant qui n’oublie ni l’émotion, ni l’intensité. Il lui manque cependant un petit quelque chose pour passer le rubicon et s’imposer comme un des grands frissons dans sa catégorie, une maîtrise pas toujours très affirmée dans l’agencement de ses scènes et l’articulation de son récit. Le film évite par contre de tomber dans la romance basique et transcende son apparente banalité par une maîtrise qui en impose. Mesuré à l’aune de Sicario et de Comancheria, Wind River apparait pourtant en deçà sur la longueur au niveau viscéral et à défaut d’être un grand thriller ambigu il s’impose comme un suspense tenu. Si Jeremy Renner et Elisabeth Olsen nous embarquent dans leur sillage, laissant le film irrigué d’une belle sobriété et ne cédant pas aux écueils qui lui tendaient les bras il est pourtant un peu trop lisse et manque d’aspérités.

Difficile de sortir des sentiers battus mais Wind River se singularise par l’enfer blanc où se débat un duo Renner-Olsen plus que parfait et par une réalisation percutante de Sheridan à certains moments, plus convenue à d’autres, mais où un vrai univers se dessine

Wind River de Taylor Sheridan – En salles le 30 août 2017

A lire aussi : James Mangold va s’associer à Taylor Sheridan pour un remake de Maryland

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Journaliste pôle séries et La Loi des Séries, d'Amicalement Vôtre à Côte Ouest, de Hill Street Blues à Ray Donovan en passant par New york Unité Spéciale, Engrenages, Une famille formidable ou 24, la passion n'a pas d'âge! Liste non exhaustive, disponible sur demande!
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