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150 ans de la Commune de Paris, tout comprendre de cet évènement qui a marqué l’Histoire

La Commune de Paris a eu lieu il y a exactement 150 ans. Alors que la Ville de Paris lance les célébrations du 150e anniversaire de l’insurrection, VL. a décidé de vous aider à comprendre cet évènement qui fait date, en 5 minutes.

À l’origine de la Commune, la défaite de 1870

Mars 1871, les parisiens se sentent trahis et humiliés. Le nouveau gouvernement français, à majorité monarchiste, a accepté la défaite de la France face à la Prusse et a même autorisé les vainqueurs à défiler sur les Champs Élysées. Le gouvernement a également cédé l’Alsace et la Lorraine à l’ennemi et a accepté de payer d’énormes indemnités de guerre. Les mesures économiques qu’il prend enfonce un peu plus le peuple dans la pauvreté. 

Résumons : les Prussiens occupent le pays, le gouvernement français étrangle le peuple, et les parisiens, qui se sont forgés une mentalité de révolutionnaires contre les Prussiens pendant le siège de Paris, sont en colère.

Le Soulèvement du 18 mars

C’est une situation explosive, d’autant que les parisiens ont gardé leur fusil et environ 300 cannons. L’étincelle intervient au matin du 18 mars 1871. Le chef du gouvernement, Adolphe Thiers, envoie l’armée récupérer les canons de Paris stockés sur la butte Montmartre. Femmes, enfants, vieillards, affluent pour faire barrage. Un général ordonne de tirer sur la foule, mais les soldats refusent. Alors des barricades sont levés partout dans la ville et le général est exécuté l’après-midi même. Thiers et ses ministres fuient Paris pour Versailles. Les parisiens jubilent et organisent des élections. Le 26 mars, l’extrême gauche obtient la majorité !

Comme la municipalité de Paris s’appelait la Commune pendant la Révolution française, on reprend ce nom. La Commune de Paris est alors proclamée devant une foule enthousiaste devant l’Hôtel-de-Ville. Le drapeau rouge, symbole d’insurrection, flotte partout. Parmi les élus, on retrouve des ouvriers, des artisans, des journalistes, des avocats, des médecins et des artistes. Ils sont républicains, socialistes, anarchistes ; c’est l’extrême gauche révolutionnaire ! Beaucoup de patrons et de bourgeois quittent la capitale sans demander leur reste.

Les partisans de la Commune, que l’on appelle les fédérés ou les communards, réquisitionnent les ateliers de production. C’est aux ouvriers de les gérer eux-mêmes. On instaure la gratuité des loyers pendant quelques mois, on envisage une justice gratuite, les salaires des instituteurs doublent, et les écoles deviennent obligatoires, gratuite et laïque. On se méfie par contre de la religion. Dans les églises s’installent des clubs de discussion, où tous peuvent prendre la parole, hommes comme femmes. Car il y a aussi des femmes combattantes! C’est un incroyable laboratoire social, qui accueille même des militants d’autres pays européens.

La semaine sanglante 

Mais le gouvernement officiel veux mater la rébellion et renforce son armée. Dès le 2 avril, les combats font rage aux portes de la capitale et les communards vont de défaites en défaites, tandis que dans les quartiers cossus, on espère la victoire du gouvernement. Le 21 mai, profitant d’un concert au Tuileries, les Versaillais – rappelons que le gouvernement est installé à Versailles – entrent à Paris. C’est le début de la semaine sanglante! 130 000 militaires contre quelques dizaines de milliers de fédérés. La répression est féroce. Quiconque a des traces de poudre sur les mains ou ressemble à un communard est fusillé. En réponse, les communards tuent des otages – dont l’archevêque de Paris – puis mettent le feu à plusieurs monuments de Paris, dont le Palais de justice, le palais des Tuileries ou l’Hôtel-de-Ville. En vain.

L’ultime bataille se joue au cimetière du Père-Lachaise,  où les derniers fédérés se sont retranchés, fini à coups de baillonettes. 147 communards sont fusillés devant un mur du cimetière devenu tristement célèbre : c’est le mur des fédérés.

Le 28 mai 1871 la dernière barricade tombe, la commune est fini. Entre 10 000 et 20 000 parisiens sont morts au combat. 43 000 hommes, femmes, et enfants subissent maintenant des représailles. Ils sont emprisonnés ou déportés vers la colonie française la plus éloignée : la Nouvelle-Calédonie. Pour les autres, ce qui ont échappé aux arrestation, c’est l’exil. La commune n’a duré que 72 jours, et pourtant elle hante toujours les esprits.

À lire aussi : Comprendre “Voyage au centre de la terre” en 5 minutes

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