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5 éléments pour comprendre … qui est Hideaki Anno, le créateur d’Evangelion

« Neon Genesis Evangelion – Le renouveau de l’animation japonaise » par Marine Alexandre est la synthèse en 205 pages, de ce qu’est l’œuvre du studio Gainax. Ce livre retrace à travers des documents d’archives et des interviews, quel était le processus de création d’Hideaki Anno et de son studio.

Pilier de l’animation japonaise dans les années 90, il est difficile de n’avoir jamais entendu le nom de Hideaki Anno. Neon Genesis Evangelion, sa plus grande réalisation et l’œuvre de sa vie, est considéré comme une révolution dans la culture otaku. Découvrez en 5 éléments clés, l’histoire du créateur de génie Hideaki Anno.

Hideaki pour le Studio Ghibli

Hideaki Anno naît le 22 mai 1960 à Ube. Il est dès son plus jeune âge attiré par le cinéma, et entre à 20 ans au département de cinéma du Osaka College of Art. Il y rencontre Yamaga Hiroyuki avec qui il créera le Studio Gainax

Hayao Miyazaki, fondateur du très célèbre Studio Ghibli, est en 1984 à la recherche de personnel pour la réalisation de Nausicaä de la vallée du vent. Il lance un appel dans le magazine Animage, pour trouver des collaborateurs. Hideaki Anno voit l’annonce, et se rend à Tokyo pour lui présenter ses dessins. Hayao lui confie la scène du soldat géant qui revit, une scène principale et emblématique du film. Il travaillera par la suite sur d’autres œuvres Ghibli : Le vent se lève, mais aussi Le tombeau des Lucioles. Le nom d’Hideaki Anno prend de l’ampleur dans le domaine de l’animation. Il fonde, la même année, le studio Gainax.

Yamaga et Hideaki fondent Gainax

En décembre 1984, le Studio Gainax voit le jour des suites d’un commun accord entre les deux anciens étudiants Anno et Hiroyuki. Ils produisent le film Les Ailes d’Honneamise. Pour la bonne réalisation du film, Hideaki crée un court-métrage promotionnel pour but de récolter des fonds. Il est aussi bien impliqué dans cette promotion que dans le film en lui-même. Il impose son style, et est l’un des directeurs de l’animation. 

Sa première réalisation est en 1988, avec Gunbuster, qui connait un franc succès. Les volumes 2 et 3 sortent en 1989 et 1990. S’en suit Nadia, le secret de l’eau bleue, une réussite en tout point. L’ascension du japonais est constante.

Malgré le succès de ses créations, Hideaki sombre dans la dépression, due au trouble psychologique appelé trouble borderline (trouble présent dans la communauté otaku et caractérisé par une impulsivité majeure et une instabilité des émotions, des relations interpersonnelles et de l’image de soi). Il fera plusieurs tentatives de suicide.

« J’ai écris sur moi-même. Un ami m’a prêté un livre sur les maladies mentales et ça m’a fait un choc, comme si j’avais enfin trouvé ce que j’avais à dire »

Neon Genesis Evangelion

Deux années passent. Hideaki Anno semble s’en être remis. Il travaille désormais sur Neon Genesis Evangelion. L’œuvre iconique de l’otaku est dévoilée en octobre 1995. C’est un raz-de-marée que va connaître le monde de l’animation japonaise, le public est plus qu’impatient pour la suite. Le Studio Gainax est désormais un poids lourd du milieu. 

Les derniers épisodes créent en revanche la surprise chez les spectateurs, ils sont controversés, décevant en ce qui concerne la fin de l’histoire. Les 25e et 26e épisodes sont en fait, un exutoire pour Hideaki. Ils sont personnels, Anno s’exprime implicitement sur ses troubles, il y explique de manière philosophique comment il a réussi a guérir de ses troubles borderlines. L’intrigue initiale semble être loin d’ici.

Sous la pression des fans, et après avoir reçu de nombreuse menaces de mort, Hideaki réalise un an plus tard, une suite à la série. C’est une manière de la conclure comme le souhaite les spectateurs. C’est sous forme de films qu’il propose la suite, Evangelion : Death and Rebirth, puis The End of Evangelion. Certains fans ne s’y retrouvent pas, Hideaki reste dans la même ligne directive que pour la fin de la série, il renouvelle le message qu’il désirait livré aux otakus. C’est une représentation de l’apocalypse d’une demi-heure qui conclue la fin du dernier film.

Neon Genesis Evangelion reste malgré tout, et avec le recule, une révolution, de par l’émotion et la sincérité qui en ressort. 

« Evangelion est ma vie et j’ai mis tout ce que je sais dans ce travail. C’est toute ma vie. Ma vie elle-même. »

La psychologie de chaque personnages est extrêmement développée. On ressent les intentions d’Hideaki Anno à travers ses adolescents livrés à eux-mêmes. À première vue, on pourrait croire à une simple animation, mêlant robotique et combats acharnées. Il faut en fait voir l’aspect philosophique de cette série, et les leçons de vie à en tirer. Une majorité des spectateurs sont malgré tout déçus de l’ending.

Après ces formes d’échecs que la communauté lui a fait ressentir, Hideaki retourne à la passion qu’il avait enfant, faire des films, mais cette fois-ci en prises de vue réelles.

Le cinéma Anno

Hideaki entreprend le cinéma qu’il a toujours imaginé, plus personnel que jamais. Il quitte le studio Gainax et réalise en 1998, son premier long métrage Love & Pop, adaptation d’un roman de Murakami. Il décrit une vision sombre et pessimiste de la société japonaise, notamment d’une jeunesse perdue. C’est un film hors des codes, qui renforce la singularité du personnage qu’est Anno. On retrouve à travers ce film un message quasi-similaire à celui de Neon Genesis Evangelion. Il interroge les rapports humains, leurs comportements.

Il faut voir une suite logique aux films qui sortiront par le suite, dans le même esprit, et la même logique qu’Evangelion. Hideaki sortira de nouveaux long-métrages qui forgeront sa vision du Japon, d’un oeil particulièrement négatif et singulier. On citera Ritual, film le plus personnel de l’artiste, en 2000, puis Cutie Honey, en 2004. Les visuels proposés par Anno dans Cutie Honey sont un écho à Neon Genesis, et sert de conclusion à la carrière du réalisateur.

Un retour aux sources

10 ans après The End of Evangelion, il a le souhait de faire revivre la série qui a changé sa vie. Ce projet se nomme Rebuild of Evangelion, c’est en fait 4 films dont il est le scénariste et le superviseur du projet. C’est une manière pour Hideaki de clôturer et tourner la page de ses trente premières années. On note en 2007 Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone, en 2009 Evangelion 2.0 You can (Not) Advance, en 2012 Evangelion: 3.0 You Can (Not) Redo, puis très bientôt Evangelion: Final

Hideaki Anno est une figure emblématique de l’animation japonaise. Il a réussi, en un peu plus d’une vingtaine d’épisodes, à créer un engouement si vaste que toute l’industrie des séries d’animation a trembler. Pour comprendre dans l’entièreté l’œuvre Neon Genesis Evangelion, il faut tout d’abord s’intéresser à son créateur, aux intentions qu’il cachait derrières ses dessins, et aux revendications politiques, religieuses et philosophiques qu’il défendait à travers son imagination et ses coups de crayons. Cette série l’a suivie toute sa vie, on pouvait l’imaginer à travers chacun de ses autres films. L’univers Evangelion est précurseur d’une nouvelle ère pour le Japon, et a permis à ce monde-là de ne pas s’écrouler.

À lire aussi : Berserk : mort à 54 ans du mangaka Kentarō Miura

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