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5 éléments pour comprendre … l’affaire John List, le « Dupont de Ligonnès américain »

L’affaire List conte l’histoire d’un homme qui a froidement abattu toute sa famille et a réussi l’exploit, force de méticulosité et de ruse, de commencer une nouvelle vie de famille lors de sa cavale qui a durée dix huit ans. Cette affaire qui a su tenir en haleine l’Amérique entière, ne manque pas de rappeler, sur diverses points, celle du notoire et non moins mystérieux, Xavier Dupont de Ligonnès.

John List, un tueur à la vie ordinaire

List naît le 17 septembre 1925 à Bay City dans le Michigan. Fervente famille Luthérienne, épouse et enfants, une carrière dans l’armée et des études respectables en comptabilité… John List semblait voué à la sobriété d’une vie banale et enviable.

En effet, à contrario du cliché omniprésent sur le parcours et passé difficiles des tueurs, ce père de famille menait une existence paisible et rien ne le prédestinait à l’horreur des évènements retenus à sa charge dans l’enquête.

En 1965, List obtient un poste prestigieux de directeur des services comptables et déménage alors avec sa femme, ses enfants et sa mère à Breeze Knoll, dans un luxueux manoir au charme victorien. Heureux en ménage et en tant que père, tout semble sourire à cette charmante famille… Pourtant un an plus tard, John List alors âgé de 41 ans, est renvoyé, en raison de sa non-coopération avec ses collègues de travail.

Cette perte d’emploi cause de sérieux problèmes financiers à la famille et signe le début de la descente aux enfers de John.

Un massacre d’une froideur et d’une méticulosité extrêmes

Écroué de dettes, c’est en 1970 que John a pour la première fois l’idée pernicieuse d’élaborer le meurtre de sa famille. Le 9 novembre 1971 marque le grand jour pour John qui décide d’exécuter son plan macabre.

Alors âgé de 46 ans, il rentre chez lui, comme tous les jours, dans son immense demeure cossue du New Jersey, vestige d’une vie passée dans l’aisance et la joie. Sur place, sa femme Helen, du même âge, est en train de déguster paisiblement son petit-déjeuner. Après trente huit années de mariage, il lui tire dessus sans sourciller. Désormais veuf, il ne veut pas prendre de retard sur son schéma morbide et grimpe jusqu’au troisième étage pour rejoindre sa mère, Alma, âgée de 84 ans. Il appuie à nouveau sur la détente.

Avant que ses enfants ne rentrent de l’école, il traîne le corps de sa femme dans la salle de bal du manoir et nettoie tout derrière lui pour ne pas que Patricia, 16 ans, et son frère Frederick, 13 ans, ne réalisent ce qui se passe. Pourtant, il leur réserve le même sort. Sans une once de culpabilité ou de stress, assis à la même table sur laquelle il a abattu plus tôt sa femme, le tueur se prépare un repas puis part assister au match de football de son dernier fils âgé de 15 ans. Lorsqu’ils regagnent la maison après la rencontre sportive, le père l’achève et s’acharne sur son corps en lui tirant une dizaine de fois dessus.

Il s’est ensuite empressé d’aligner les quatre corps dans la salle de bal, en laissant celui de sa mère à l’étage, avant de mettre de la musique et de tout nettoyer méticuleusement.

Une nouvelle vie construite en cavale

Les meurtres ont été si bien planifiés, qu’il se passe près d’un mois avant que l’on ne constate qu’il y ait un problème. C’est un voisin qui contacte la police. Une fois arrivée sur les lieux, les agents sont horrifiés. Les cinq corps en décomposition des victimes n’ont pas quitté leur place. La musique résonne toujours dans la funeste demeure et met en exergue la monstruosité de la scène qui s’offre à leurs yeux épouvantés.

La fuite du tueur était parfaite, aucun détail n’avait été omis. Grâce à ses ruses, il parvient à échapper à la justice pendant près de 18 ans. John List se forge ainsi une nouvelle identité et se remarie avant d’être finalement appréhendé en Virginie le 1er juin 1989. John List niera durant 6 mois, puis sera reconnu coupable des meurtres et condamné à cinq peines de prison à vie consécutives. Il meurt des suites d’une pneumonie en prison en 2008.

Similitudes dérangeantes avec l’affaire Dupont de Ligonnès

Le parcours et la personnalité des deux hommes sont étrangement similaires. Ce Nantais, dont l’histoire passionne l’Hexagone depuis 2011, a également tué sa femme et ses quatre enfants de sang froid.

Tout aussi calculateur, le père de famille s’est aussi assuré d’envoyer des lettres aux écoles de ses enfants et d’informer ses proches que la famille comptait partir à l’étranger. Sans oublier les problèmes financiers qui le tenaient aussi au cou et dont il n’arrivait plus à se défaire. Reste aujourd’hui cette cavale qui n’en finit pas de fasciner tant elle perdure dans le temps.

Les similitudes avec l’affaire John E. List sont tellement frappantes que certains penseraient même que Xavier Dupont de Ligonnès s’est inspiré de son homologue américain.

A lire ensuite : 5 éléments pour comprendre … l’affaire Dupont De Ligonnès

Fascination morbide du public pour le tueur

Cette affaire, tant par la froideur du tueur, que par la durée de sa cavale, fascine le public. Cette curiosité malsaine de la population pour les meurtres a donné lieu à de nombreux films inspirés de ce massacre. Tels que le film Le Beau-père, sorti l’année du drame, Usual Suspects et le téléfilm français La Part du soupçon.

Transcendant sa mort, John List continue de faire parler de lui à travers ces films inspirés de son histoire et de la cavale qui perdure pour son homologue français, Dupont de Ligonnès, qui continue d’happer le grand public.

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