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5 éléments pour comprendre…l’affaire Dupont de Ligonnès

L’affaire Dupont de Ligonnès, ou “la tuerie de Nantes“, date de 2011. Pourtant, aujourd’hui encore elle continue de faire la Une, avec un double dossier du magasine Society qui lui était consacré ces dernières semaines et un épisode de Unsolved Mysteries sur Netflix. Retour sur 5 points fondamentaux pour comprendre l’un des faits divers les plus troublants de ces dernières années.

1 / La découverte macabre

Le 21 avril 2011, les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes se rendent au 55 boulevard Robert-Schuman dans le cadre d’un avis de recherche pour disparition inquiétante des Dupont de Ligonnès, une famille catholique et sans histoires, discrète. Après avoir fouillé le domicile familial, ils découvrent sous la terrasse du jardin les corps d’Agnès, la mère, de ses quatre enfants et de leurs deux chiens. Tous ont été tués par balle, puis enroulés dans des draps et de la chaux. Les autopsies révèlent une “exécution méthodique” avec au moins deux balles tirées dans la tête de chaque victime. Un seul membre de la famille Dupont de Ligonnès ne figure pas parmi les corps retrouvés, celui du père, Xavier. Tout de suite présumé coupable, un mandat d’arrêt international est émis contre lui dès le lendemain. L’enquête permettra de retracer avec précision les jours précédant la tuerie et les différents faits et gestes de celui qui est encore considéré comme le suspect numéro 1.

2 / Des semaines de préparation

Un an avant les crimes, alors qu’il multipliait les échecs professionnels et croulait sous les dettes, Xavier Dupont de Ligonnès avait envoyé à deux de ses plus proches amis un courriel dans lequel il affirmait : “Je serai donc fin août-début septembre au pied du mur avec une décision définitive à prendre : suicide seul ou suicide collectif…” La découverte de tickets de caisse retrouvés au domicile familial après la découverte des corps prouveront que tout était prémédité : le 1er avril, XDDL avait acheté du ciment, une bêche et une houe ainsi que quatre sacs de 10 kg de chaux dès le lendemain. L’autopsie permet également de découvrir que les exécutions ont été faites avec un fusil 22 Long Rifle, le même modèle dont a hérité de son père Xavier Dupont de Ligonnès trois semaines avant les meurtres. Selon les enquêteurs, le père de famille aurait assassiné son épouse Agnès et trois de ses enfants dans la nuit du 3 au 4 avril. Le 5 avril, le quatrième enfant, Thomas, qui étudiait à Angers, rentrait à Nantes dans la soirée à la demande de son père, et fut probablement abattu cette nuit-là. Le 21 avril lors de la découverte des corps, les forces de l’ordre avaient donc 17 jours de retard sur le présumé coupable, ce qui lui laissera le temps d’organiser sa fuite.

3 / Une cavale sans fin

Avant de quitter son domicile, Xavier Dupont de Ligonnès aurait pris soin d’effacer toute trace de sa famille. Le bail de la maison résilié, les comptes bancaires clôturés, l’employeur d’Agnès et l’école des enfants prévenus qu’ils partaient en urgence pour l’Australie, la boite aux lettre démontée…Il ne restait quasiment plus rien. Le 11 avril, neuf proches de la famille avaient même reçu un courrier expliquant le départ soudain des Ligonnès pour les Etats-Unis, exfiltrés dans le cadre d’une mystérieuse protection de témoins, alors que XDDL aurait travaillé pour la DEA (l’agence américaine de lutte contre les stupéfiants). L’enquête permettra d’établir avec précision le parcours du père de famille lors de sa cavale : dans la nuit du 11 au 12 avril il aurait dormi dans un hôtel de Blagnac, près de Toulouse, puis à Pontet dans le Vaucluse, le lendemain. Après une nuit passée à l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens dans le Var, où une caméra de vidéo surveillance l’a vu en train de retirer 30 euros dans une banque, Dupont de Ligonnès a été aperçu pour la dernière fois par un témoin le 15 avril. Il s’éloignait à pied avec un étui dans le dos, abandonnant sa voiture sur le parking de l’hôtel, et ne laissant plus aucune trace derrière lui…

4 / Un flou autour des proches

Ce 15 avril 2011, c’est la dernière fois que les enquêteurs ont vu avec certitude Xavier Dupont de Ligonnès. Du 23 au 28 juin, des fouilles sont organisées dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Agens, et des centaines de policiers sont déployés dans toute la France en juillet pour procéder à des perquisitions. Cela n’aboutira à rien. Les proches de la famille sont interrogés un à un, en particulier deux des plus proches amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Le premier, l’ami d’enfance secrètement amoureux de XDDL, Emmanuel Teneur, lui aurait viré des sommes d’argent faramineuses pendant des années, sans jamais poser de question. Le deuxième, Michel Rétif, avec qui Dupont de Ligonnès est parti aux Etats-Unis en 1990, a eu son ami longuement au téléphone alors qu’il était en pleine cavale. Il était même en “voyage professionnel” dans le Var à des dates qui coïncident avec sa disparition. Quant à sa mère, Geneviève, elle fonda en 1960 L’Eglise de  Philadelphie, un mouvement sectaire fondé sur la prédiction de l’Apocalypse. Soutenue par sa fille Christine, elle demeure persuadée de l’innocence de son fils. De nombreuses questions restent en suspens sur l’adhésion ou non de Dupont de Ligonnès à cette secte et sur différents transferts d’argents le reliant à certains membres du groupe. En janvier 2018, la police intervient même dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens, sans succès.

5 / Une traque et une fascination populaire

Depuis 2011, l’enquête a donné lieu à plus de neuf cents signalements et à des recherches qui se sont toutes révélées être de fausses pistes. Ressemblant à “monsieur tout le monde” Xavier Dupont de Ligonnès a été vu partout, par tous. La plus retentissante fausse piste date d’octobre 2019, lorsqu’après une “dénonciation anonyme” un homme soupçonné d’être Xavier Dupont de Ligonnès est repéré par des policiers de l’aéroport parisien de Roissy, qui n’ont pas le temps d’intervenir avant son embarquement pour Glasgow. A son arrivée en Ecosse, l’homme est arrêté, les médias s’emballent, déclarant partout la découverte, huit ans plus tard, de celui que tout le monde cherche. Les tests ADN révéleront que ce n’était finalement pas lui... Cette erreur a (encore) relancé une affaire qui n’en finit pas de faire parler. TF1 en avait fait un téléfilm avec Kad Merad dans le rôle principal en 2019, tout comme M6 avec Arnaud Ducret. Récemment, la série documentaire Netflix Unsolved Mysteries a permis de faire connaitre l’affaire outre-Atlantique, et a même débouché sur un signalement à Chicago. La semaine dernière, c’est enfin le magazine Society qui a consacré un dossier impressionnant dans lequel sont dressés les détails les plus enfouis de l’enquête. Les deux numéros du magazine se sont retrouvés en rupture de stock en à peine quelques jours, et pourraient même aboutir sur une nouvelle adaptation à l’écran. Symbole d’un engouement populaire immense autour de cette affaire, qui demeure intacte plus de neuf ans après…

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