Le corps de Lyhanna, une collégienne portée disparue dans le Gers (Occitanie) depuis le vendredi 29 mai a été retrouvé jeudi 4 juin. On vous décrypte l’affaire en cinq éléments clés.
1 – Qui est Lyhanna ?
Lyhanna, 11 ans, est collégienne dans la commune rurale de Fleurance, dans le Gers (Occitanie). La victime est aperçue pour la dernière fois devant son établissement scolaire aux alentours de 15h05, vendredi 29 mai. Elle est ensuite aperçue dans le véhicule du principal suspect.
Le soir, peu avant 19h, sa famille, très inquiète, signale la disparition de la jeune fille à la gendarmerie.
Dès le lendemain, des recherches sont effectuées, à la fois par les forces de l’ordre et par des bénévoles. La piste de la fugue est écartée et la piste criminelle est privilégiée.
Jeudi 4 juin, un corps est découvert dans une zone rurale située près de Fleurance, lieu où elle a été vue pour la dernière fois. Les restes humains devaient être analysés (analyse médico-légale, ADN) pour confirmer l’identité de la victime. Une victime qui portait, au moment de la découverte, des vêtements semblables à ceux de Lyhanna.
Vendredi 5 juin, le parquet d’Agen annonce que les analyses ADN ont permis d’identifier formellement le corps retrouvé comme étant celui de Lyhanna.
2 – Qui est le principal suspect ?
Jérôme Barella, c’est le nom du principal suspect de cette affaire. Ce père de 41 ans a deux filles. L’une d’elles est une amie de Lyhanna et est dans le même collège que cette dernière.
Le père de Lyhanna a indiqué, dans un entretien avec l’AFP, connaître Jérôme B. Il indique que les deux familles se connaissent depuis plusieurs années.
D’après l’avocat de la famille de la victime, invité sur BFM TV, les relations avec le suspect numéro 1 ont été stoppées après avoir eu « quelques doutes » sur ses agissements lors d’une « soirée pyjama ».
Pendant sa garde à vue, Jérôme B., a déclaré avoir déposé Lyhanna à la piscine de la commune. Des déclarations « jugées incohérentes et imprécises » par la procureure d’Auch.
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3 – Les antécédents judiciaires
Jérôme Barella n’est pas inconnu des services de police. Le suspect numéro un est impliqué dans plusieurs plaintes pour violences sexuelles, dont trois sur mineurs depuis 2017.
Dans le premier cas, une mère avait signalé une relation entre sa fille de 17 ans et un homme plus âgé. Une affaire classée sans suite début 2018.
Une procédure avait été ouverte en 2022 suite à une plainte pour viol déposée par un mineur né en 2013. Le dossier a été classé sans suite en 2024 par manque d’éléments.
Le dernier signalement date de l’été 2025. Une mineure, née en 2014, a dénoncé des viols commis au domicile du suspect entre 2024 et 2025.
Au total, l’homme est visé par au moins neuf procédures. Plusieurs plaintes pour viols sur mineures ont été déposées. Il a été signalé plusieurs fois depuis 2017, dont une fois par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). De nouvelles plaintes ont été déposées depuis la disparition de Lyhanna. Plusieurs enquêtes classées vont être rouvertes ou réexaminées.
Dans la famille Barella, Jérôme n’est pas le seul à avoir été placé en garde à vue pour des accusations de viol. Son frère a été placé en garde à vue aujourd’hui pour viol sur mineure de plus de 15 ans, viol par conjoint et séquestration, d’après Clémence Meyer, la procureure de la République d’Auch, au Parisien.
4 – Un dysfonctionnement de la justice ?
A la suite de cette affaire, le gouvernement français a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. L’objectif est de déterminer s’il y a eu des dysfonctionnements dans le traitement de plusieurs plaintes visant le suspect avant les faits.
Jérôme Barella est visé par plusieurs plaintes, ce qui invite les autorités à s’interroger sur la gestion des dossiers sensibles impliquant des mineurs.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé aux procureurs, comme il l’a expliqué en conférence de presse, de reprendre les 70 000 plaintes qui concernent des enfants avant le 14 juillet.
Les moyens mis à disposition pour traiter les plaintes sont remis en question.
5 – Une affaire nationale
C’est dans la commune de Fleurance que la famille et les proches de Lyhanna, et 6 000 personnes, se sont réunis pour une marche blanche. Lors de ce rassemblement, les participants portaient un message fort : « Plus jamais ça ! »
A l’échelle nationale, plusieurs associations et collectifs féministes et de protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant le ministère de la Justice et devant les tribunaux, aujourd’hui à 19h. Ils demandent « une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. », comme l’indique FranceInfo.