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Qui est Jérôme Barella, le principal suspect de l’affaire Lyhanna ?

Un corps a été retrouvé ce jeudi 4 juin 2026 dans un silo agricole de Puycasquier, tout près de Fleurance, dans le Gers. C’est un habitant du secteur, alerté par des vols d’oiseaux tournant en cercle au-dessus du même point pendant de longues minutes, qui a repéré des traces de véhicules et prévenu les gendarmes. Des vêtements similaires à ceux de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue six jours plus tôt, ont été retrouvé sur le corps. Derrière cette tragédie, un homme est au cœur de toutes les attentions : Jérôme Barella, 41 ans, mis en examen pour « enlèvement et séquestration de mineure ».

Un homme trop proche de Lyhanna pour être anodin

Jérôme Barella réside à Montestruc-sur-Gers, un village de quelques centaines d’habitants situé non loin de Fleurance. Père de deux filles de 7 et 11 ans, il s’était progressivement imposé dans le quotidien de Lyhanna, amie de sa propre enfant. Or, ce lien allait bien au-delà d’une simple relation de voisinage.

Selon les informations du Parisien, il attendait régulièrement la fillette aux abords de son collège, plusieurs fois par semaine, et lui apportait parfois des goûters. Les parents de Lyhanna ont confirmé, par la voix de leurs avocats, avoir récemment coupé tout contact avec lui, après que leur fille leur eut rapporté des gestes déplacés lors d’une soirée pyjama organisée à son domicile à l’été 2025.

Le vendredi 29 mai, vers 15h05, un témoin aperçoit Lyhanna monter dans une berline grise conduite par un homme, alors qu’elle quitte son collège. Barella reconnaît qu’elle est montée dans sa voiture, et affirme l’avoir déposée devant la piscine de la ville. Néanmoins, il se mure dans le silence depuis sa mise en examen et nie tout fait.

Un passé judiciaire chargé : des affaires classées trop tôt

Le profil de Jérôme Barella est tout sauf vierge, même si son casier judiciaire ne portait aucune condamnation au moment des faits. En réalité, au moins cinq procédures administratives ou judiciaires liées à des violences sexuelles sur des mineures le visaient depuis décembre 2017.

La première impliquait une adolescente de 17 ans, dont la mère avait signalé une relation avec un homme majeur. La jeune fille affirmait que la relation était consentie, et son âge ne permettait pas de caractériser une infraction pénale. Le parquet a donc classé la procédure sans suite en février 2018. En 2022, la mère d’une fillette née en 2013 déposait une plainte pour viol sur mineure de moins de 15 ans, dénonçant des faits commis en 2020 au domicile du suspect, alors que sa fille avait 6 ou 7 ans. Pourtant, malgré des examens médico-légaux et une expertise psychologique, le parquet d’Auch prononçait un classement sans suite le 28 mai 2024, faute d’éléments suffisamment caractérisés.

Par ailleurs, en 2021, la proviseure du lycée Lannes de Lectoure déclenchait une procédure disciplinaire d’urgence contre Barella, alors agent d’entretien, après avoir constaté qu’il adressait des messages intrusifs et déplacés à une lycéenne sur les réseaux sociaux. Son licenciement suivait immédiatement. Donc, son casier ne reflétait absolument pas l’étendue réelle des alertes accumulées contre lui.

Un système défaillant face à un dossier qui s’alourdissait

Au moment où Lyhanna disparaît, le 29 mai 2026, une procédure judiciaire visant Jérôme Barella suit toujours son cours. La mère d’une mineure de 10 ans avait déposé une plainte pour viols répétés en août 2025, mais les gendarmes n’avaient toujours pas convoqué le suspect neuf mois après les faits.

Un imbroglio administratif entre les parquets de Toulouse et d’Auch avait considérablement ralenti le transfert du dossier à la gendarmerie de Fleurance, qui ne le réceptionnait qu’en janvier 2026. Or, selon la procureure d’Auch, Clémence Meyer, les enquêteurs envisageaient précisément un placement en garde à vue de Barella dans les jours suivants. Autrement dit, au moment du drame, il évoluait dans l’angle mort du système judiciaire, connu des services, mais jamais auditionné.

En outre, la région Occitanie confirmait qu’un lycée gersois l’avait licencié après signalement en 2021, sans que la justice ne s’en empare. Finalement, c’est l’accumulation de ces alertes sans suite qui suscite aujourd’hui une profonde indignation. Les autorités ont ouvert une enquête administrative pour déterminer si des failles ont permis que ce drame se produise. Jérôme Barella, présumé innocent, reste en détention provisoire.

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