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DEEP : l’uchronie sous-marine d’Aurélien Molas débarque sur Ciné+ OCS

L’attente touche à sa fin pour les abonnés de Ciné+ OCS. Ce mardi, la chaîne lance Deep, une série qui promet de bousculer les codes de la fiction historique française. Porté par la vision singulière d’un seul homme, Aurélien Molas, ce projet de 8 épisodes (format 26 minutes) nous plonge dans une Seconde Guerre mondiale comme nous ne l’avons jamais vue : un mélange d’aventure, de science-fiction et d’humour noir, le tout filmé dans un noir et blanc somptueux.

Aurélien Molas : un auteur-réalisateur aux commandes

Après avoir exploré une Révolution française fantastique sur Netflix, Aurélien Molas revient avec une proposition encore plus radicale. Sur Deep, il cumule les casquettes : créateur, scénariste et réalisateur. Ce n’est pas une réalisation collégiale, mais bien une vision d’auteur totale.

Molas insuffle à la série une énergie héritée de la « Série B » des années 60 et de l’esprit des Tontons Flingueurs. Loin des fresques historiques empesées, il propose une uchronie où l’absurde côtoie l’héroïsme. Le choix du noir et blanc n’est pas qu’esthétique ; il renforce cette sensation de « cinéma de genre » rétro tout en soulignant l’oppression claustrophobe des décors de sous-marins.

Une mission suicide pour un équipage de « bras cassés »

L’histoire nous transporte en 1941. Alors que l’Allemagne nazie semble invincible grâce à un sous-marin révolutionnaire et indétectable, le Général de Gaulle ordonne une mission de la dernière chance depuis Londres : voler cette machine de guerre aux mains de l’ennemi.

Mais n’attendez pas des commandos d’élite. L’équipe recrutée par le lieutenant-colonel Gaston Loboutin est composée de profils atypiques, pour ne pas dire de « bras cassés ». Au casting, on retrouve une galerie d’acteurs qui apportent une épaisseur immédiate à ces personnages :

  • Bamar Kane incarne le lieutenant-colonel Gaston Loboutin, leader malgré lui.
  • Foëd Amara et Illyès Salah campent Félix et Jules, des recrues aux motivations floues.
  • Dimitri Storoge prête ses traits à Rico, un ancien sergent magouilleur au charisme indéniable.
  • Alyzée Costes, Armelle Deutsch et Philipp Hochmair complètent cette distribution éclectique, ce dernier incarnant le redoutable « Boucher », un chef SS lancé à leurs trousses.+

« C’est une aventure humaine avant d’être une aventure technologique », confiait Aurélien Molas lors du festival CréaTVty de Sète, où la série a d’ailleurs remporté le Prix de la meilleure réalisation.

Entre science-fiction et hommages cinématographiques

Si Deep commence comme un film d’infiltration classique, la série bascule rapidement dans l’inattendu. Car le sous-marin nazi cache un secret bien plus grand que sa furtivité : il s’agit d’une machine à remonter le temps. Ce pivot narratif transforme le récit en une course contre la montre (littérale) où l’enjeu n’est plus seulement de gagner une bataille, mais de préserver la réalité elle-même.

Tournée en partie dans les Pays de la Loire (notamment à Saint-Nazaire et dans les mines de fer d’Anjou), la série tire profit de décors industriels bruts pour recréer l’ambiance des bases navales ultra-sécurisées.

Une partition musicale et visuelle transcendante

Ce qui frappe dès les premières minutes de Deep, c’est son ambition sensorielle. La série ne se regarde pas seulement, elle se ressent. Le travail sur la musique est tout simplement incroyable. La bande originale, véritable personnage à part entière, ne se contente pas d’accompagner l’action : elle la dicte. Elle mêle des sonorités industrielles, des échos mécaniques et des envolées lyriques qui traduisent l’angoisse des profondeurs et l’adrénaline de la traque.

Visuellement, la série est sublime. La photographie d’Aurélien Molas joue avec les ombres pour transformer les coursives du sous-marin en un labyrinthe expressionniste. Chaque plan est composé comme un tableau, utilisant la verticalité et l’exiguïté des lieux pour créer une tension permanente. Le tournage dans les décors industriels des Pays de la Loire (les bases de Saint-Nazaire et les mines de fer d’Anjou) confère à l’ensemble un réalisme organique qui ancre le fantastique dans le fer et la sueur.

Le verdict : une audace nécessaire

Le lancement de Deep marque un tournant pour Ciné+ OCS. En confiant les pleins pouvoirs à Aurélien Molas, la chaîne a pris le pari de l’audace totale contre le consensus mou. Le résultat est une série qui refuse les sentiers battus pour imposer sa propre mythologie.

Plus qu’une simple uchronie, Deep est une démonstration de force artistique. Le scénario, qui bascule intelligemment vers la science-fiction pure — révélant que le sous-marin est en réalité une machine à manipuler le temps —, est servi par une réalisation sans faille. Entre les dialogues ciselés, les situations burlesques héritées du grand cinéma français d’autrefois et une tension dramatique constante, la série s’annonce comme l’ovni télévisuel incontournable de 2026.

La précision des acteurs, alliée à une esthétique visuelle et sonore hors normes, fait de Deep une expérience immersive dont on ressort essoufflé. Pour ceux qui doutaient encore de la capacité de la fiction française à se renouveler et à produire du grand spectacle intelligent, la réponse se trouve à plusieurs centaines de mètres sous le niveau de la mer. Une plongée vertigineuse à ne manquer sous aucun prétexte.

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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