À la uneReportagesSorties

On a visité pour vous … l’expo « Simone Veil, Mes sœurs et moi »

Depuis le 10 février 2026 et jusqu’au 15 octobre 2026, découvrez l’exposition « Simone Veil, Mes Sœurs et moi », au Mémorial de la Shoah. Retracez son histoire, ainsi que celle de sa famille depuis leur enfance et jusqu’au décès de Madeleine, l’aînée de la famille, à travers le travail de David Teboul.

Simone Veil, de son nom de jeune fille Simone Jacob née en 1927 à Nice, est décédée en 2017. Grande figure du féminisme et de la politique française, elle a porté de nombreux combats. Parmi cette liste, il y a la loi autorisant l’IVG (interruption volontaire de grossesse), dite la loi Veil, depuis le 17 janvier 1975. Si cette femme d’état est connue pour cette loi, une autre sombre partie de son histoire la porte. Née dans une famille juive, elle est déportée dans le camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau (Pologne) à l’âge de 16 ans, le 13 avril 1944.

C’est à travers le travail du réaliste et scénariste français David Teboul et du Mémorial de la Shoah que cette exposition retrace tout le parcours de la famille Jacob depuis la naissance d’André Jacob (père de Simone) en 1891, jusqu’en 1952 (année de décès de sa sœur ainée Madeleine).

L’enfance et l’adolescence

André Jacob, architecte de métier, épouse Yvonne Steinmetz en 1921. Les deux époux accueillent leur première fille Madeleine (« Milou ») en 1923, puis Denise en 1924, leur unique fils Jean en 1925, et Simone, la petite dernière en 1927.

C’est sous les chants des cigales que l’exposition vous emmène à Nice, au cœur de l’histoire de la famille Jacob, et particulièrement des trois sœurs survivantes. Si elle vivait une vie tranquille au bord de la mer dans une petite maison familiale construite par le père architecte, leur vie à complétement basculée dès le début de la Seconde guerre mondiale. A partir du 2 juin 1941, le recensement des Juifs est obligatoire en France.

Portraits de famille

Surnommée « Milou », l’ainée de la famille Jacob, Madeleine travaille pour subvenir aux besoins de la famille. En mars 1944, elle est arrêtée avec sa mère Yvonne, sa sœur Simone, et son frère Jean. La famille est séparée et Yvonne et Milou sont déportées à Bergen-Belsen (Allemagne). Madeleine survit grâce à la libération des forces britanniques en avril 1945. Yvonne ne survit pas au typhus et décède en mars 1945, un mois avant la libération du camp de concentration. En août 1952, « Milou » décède dans un accident de voiture avec son mari et son fils à bord, après avoir rendu visite à ses sœurs.

Denise Vernay, s’engage pleinement dans la résistance en 1943 en rejoignant le mouvement Franc-Tireur. Après l’arrestation de sa famille en avril 1944, elle rejoint la résistance de Haute-Savoie sous le pseudonyme « Annie ». Arrêtée en juillet 1944, elle est par la suite transférée à Mauthausen (Autriche) en mars 1945, avant d’être libérée par la Croix-Rouge internationale un mois après. Elle épouse le résistant Alain Vernay deux ans plus tard et consacre sa vie à la transmission de la mémoire de la Résistance et de la déportation.

L’unique fils de la famille, Jean Jacob a connu un destin tragique. En 1942, il est employé comme aide-photographe. Le laboratoire est contraint de fermer en raison des lois antisémites. En mars 1944, il est arrêté par la Gestapo avec Madeleine et Yvonne. Séparé de sa mère et sa sœur, il est rejoint par son père en avril 1944. Ils sont déportés en mai 1944, et ne survivent pas.

Simone Veil est déportée à Auschwitz alors qu’elle n’est âgée que de 16 ans. Lorsqu’elle est libérée en avril 1945, elle apprend la disparition des deux figures masculines de son entourage, ainsi que la déportation de sa sœur Denise. Après avoir validé son bac, elle entame ses études de droits à Sciences Po. Elle devient magistrate et mène des combats sociétaux majeurs. Comme pour sa sœur Denise, elle consacre une partie de sa vie à la transmission de la mémoire.

L’expo vaut-elle le détour ?

Oui, l’exposition vaut le détour. Le parcours proposé permet de bien comprendre toute l’histoire de la famille Jacob. Les nombreuses photographies, archives, vidéos, documents, pancartes permettent de s’initier dans l’enfance et dans l’adolescence des enfants Jacob. Des textes, lettres, extraits de journaux intimes ou d’entretiens avec David Teboul sont interprétés en face caméra par des actrices et comédiennes françaises. L’exposition vous dévoile un aspect très important de la vie de Simone Veil et vous permet de mieux comprendre comment elle est devenue l’une des grandes figures du féminisme en France et les nombreux combats politiques menés.

Dans une autre partie du mémorial, vous pourrez découvrir des planches du livre Les sœurs Jacob, d’après le film et le livre de David Teboul.

About author

Journaliste
Related posts
À la uneFranceReportages

[Reportage] Comment les fast-foods luttent contre la vie chère ?

À la uneFaits DiversFrance

Flavie Flament porte plainte contre Patrick Bruel pour viol

À la uneSanté

Quels sont les symptômes de "Ebola" ?

À la uneFrance

Que sait-on de la fusillade à Nantes ?

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux