Loin d’être perçu comme un compliment sur internet, le terme « nepo baby » fait polémique depuis de nombreuses années. Stigmatisés pour leur nom de famille, les enfants de célébrités provoquent la curiosité, la jalousie mais aussi un réel questionnement sur leurs privilèges et leur travail. Récemment, Vanessa Paradis a exprimé ses ressentis sur le sujet, ce qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. On vous explique.
Catégorisés dès la naissance
Lorsqu’on est « fils ou fille de », on entre automatiquement dans la catégorie des « nepo babies ». Ces enfants nés avec un nom doré se tournent très souvent vers les mêmes domaines d’activités que leurs parents. Ces domaines en question sont très fermés. Avoir un nom déjà connu est une ancre pour la carrière et les opportunités. Ce terme aurait été crée par le New York Magazine en 2022 dont la Une titrait “Elle a les yeux de sa mère. Elle a aussi son agent”.
L’expression « nepo baby » est péjoratif et insinue que le « baby » en question n’est pas légitime de son activité. Bon nombre de personnalités publiques issues de familles célèbres subissent de multiples critiques à ce sujet. Cette reproduction sociale des élites est fondamentalement inévitable et provoquent les internautes qui crient à l’injustice.

« Nepo baby », le nouvel « handicap » des stars
Invitée dans l’émission C à Vous ce lundi 22 juin, Vanessa Paradis a relancé la polémique autour des « nepo babies ». La mère de Lily-Rose Depp, affirme que les enfants de stars mènent aussi leur carrière avec leur lot de complications. Les « nepo babies » sont plus jugés que les autres car ils accèdent gratuitement aux secteurs les plus fermés comme le cinéma ou la mode du simple fait de leur nom. « Je trouve que c’est un handicap », exprime Vanessa Paradis sur le plateau de C à Vous. D’un côté plus facile, de l’autre plus exigeant, que penser du népotisme ? Des critiques à l’égard de la chanteuse n’ont pas tardé à faire leur apparition sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup, Vanessa Paradis est « complètement déconnectée ».
Lily-Rose Depp, fille de Vanessa Paradis mais aussi de Johnny Depp, est devenue actrice et mannequin dès ses 16 ans. Elle a débuté sa carrière en étant égérie Chanel, succédant ainsi à sa mère, proche de la maison de luxe. La jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans est l’un des exemple les plus controversé du népotisme à son paroxysme. Bien que sa mère concède le fait qu’être un « nepo baby » ouvre des portes, elle revendique un travail plus acharné fourni par ces derniers. « J’ai l’impression que, d’une certaine manière, les gens s’attendent à me voir échouer depuis mon enfance. Cela n’a fait que renforcer ma détermination à travailler encore plus dur et à leur prouver qu’ils ont tort. » confie Lily-Rose Depp en 2024 lors d’une interview pour Vanity Fair.
Un nouveau réseau de l’entre-soi qui énerve
Si certains annoncent avoir la détermination de se faire une place, d’autres sont encore trop jeune pour réaliser leur situation et privilèges. On se rappelle de North West sur scène au ciné concert des 30 ans du Roi Lion à Los Angeles en 2024. Âgée de moins de 12 ans à l’époque, la fille de Kim Kardashian et Kanye West était alors passé devant tous les autres enfants spécialisés en comédie musicale. Un coupe-file de star qui ne cesse d’agacer l’opinion publique et entraîner des scandales.
Perçue comme une injustice ambulante, les « nepo babies » sont souvent ridiculisés sur internet et leur talent n’est pas toujours reconnu. Dans une société où la méritocratie est influente, être un « enfant de » fait grincer des dents. Pourtant tous les « nepo babies » ne se ressemblent pas dans l’acceptation de leur privilèges. Il y a quelques semaines, la fille de Alain Chabat a fait régir les internautes positivement ! Dans une vidéo sur ses réseaux, Louise Chabat assume être une « nepo baby ». Elle revendique avoir baigner dans la culture, les contacts et les expériences inédites dès son plus jeune âge grâce à son père. Alors oui, le népotisme rend envieux, mais c’est l’attitude de « mauvaise foi » qui fatigue internet. On ne choisit évidemment pas la famille dans laquelle on naît et l’on ne peut continuer les préjugés sur les vies des enfants de célébrités. Cependant, selon les internautes, chacun doit assumer des facteurs qu’on ne peut ignorer, comme l’argent, les contacts et la notoriété.
« nouvelle aristocratie »
Ces « nepo babies » qui accèdent à la notoriété, la richesse, le réseau et le capital social de leurs parents participent aussi à la « nouvelle aristocratie ». Selon la journaliste Aurore Gorius à l’origine de cette idée, la transmission et l’héritage socio-culturel du népotisme de stars forment une nouvelle génération d’élites souvent déconnectée. « Le terme aristocratie, c’était pour parler justement de cette transmission très forte de génération en génération, qui est le propre de l’aristocratie », explique Aurore Gorius sur Radio France. Depuis toujours, l’aristocratie fascine autant qu’elle fatigue, c’est un cercle dont on ne peut se défaire. De plus, ce phénomène est exacerbé par le numérique aujourd’hui.
Bien que le terme « nepo baby » soit plus ou moins récent, le phénomène existe depuis toujours à Hollywood. Mais les enfants de stars deviennent un produit marketing plus influent grâce aux réseaux sociaux. Ils se font plus vite leur propre identité ou du moins leur propre produit. Néanmoins toujours affiliés à leur nom, les « enfants de » font vendre presque à coup sûr. Une aubaine pour les producteurs qui veulent gagner en temps et en argent. Sociologiquement et économiquement inévitables, les « nepo babies » sont condamnés à prouver leur légitimité dans l’inconscient collectif. Cependant, le levier des réseaux sociaux pourraient leur permettre de créer un lien plus profond et sincère avec le public. Ce lien leur permettrait de relayer leurs défis quotidiens mais aussi de réaliser les chances uniques qu’ils possèdent.